28 novembre 1960


saharamedia
Dimanche 28 Novembre 2010



Beyrouk

Cette date habite t elle t elle réellement nos esprits ? Nonobstant la magie des chiffres, ce cinquantenaire appelle t il   vraiment nos consciences ? Défilés militaires, discours officiels,  rues pavoisées, nouveaux programmes radio et Télé. La fête s’arrête aux portes de notre vie réelle. Elle ne dépasse pas les horizons très  bornés de l’institutionnel. Les mauritaniens profitent de ces journées fériées pour se reposer, ce qu’ils savent faire  longuement. Ils  ne fêtent pas eux vraiment, ils n’ont pas inscrit dans leurs têtes cette date du 28 Novembre. Noyés sous le poids de leurs misères, Ils ne s’accrochent véritablement au  symbole. Et ils ont peut être raison :s’agit t il là d’autre chose que de symbole. Les indépendances des années 60 furent t elles autres chose qu’une passation de sceptre les signes du pouvoir accordés, seulement les signes. Le colon qui appelle ses affidés à venir tâter de la superficialité d’ un pouvoir dont il tient encore à détenir la réalité

Cela fait un peu rire ces commentaires officiels que l’on nous ronronne ces derniers jours tout au long des discours officiels :  l’âpre lutte qu’ont mené nos ancêtres ,l’indépendance, aboutissement d’une longue résistance au colonialisme…En fait en 1960 il y avait bien 25ans que la résistance avait été réduite, et les français n’avaient plus  à leurs cotés que de vieux collaborateurs et en face des irréalistes qui avaient perdu depuis longtemps l’appui des chefs tribaux, donc, (à l’époque) du peuple

 

Il faut dire que Moktar Ould Daddah et ses amis ont beaucoup œuvré pour effacer cette tare originelle, et affermir petit à petit l’indépendance nationale

Je voudrais bien pourtant, moi aussi, participer à cette fête du cinquantenaire et agiter au vent le drapeau du souvenir. Quels sont les hommes de culture qui nous ont bien marqué ces 50 dernières années ?Voilà une question qui m’intéresserait bien et que je vous inviterais ,vous mauritaniens qui suivez ce site, à vous poser

J’ai en tête bien des noms, des noms qui sautent spontanément à l’esprit. Il y a bien sur Moctar Ould Hamidoun, l’historien, celui, qui le premier parmi les mauritaniens d’aujourd’hui s’est plongé dans l’histoire des tribus et du peuple maures, il y a évidemment Sidaty Ould Abba,Cheikh Sidahmed  El Bekay ould Awa,Moctar Ould Meiddah, trois monstres sacrés de la musiques traditionnelle ,trois griots du non-oubli, trois virtuoses aussi de la « tidinitt » et du bon mot. Et bien sur il y a Hammam Fall, premier en tout premier en poésie, premier en comédie ,premier producteur de films, un précurseur ,un pionnier, un défricheur d’avenir. Il y a aussi pour la poésie,Ahmedou Ould Abdelkader, qui vit encore, fort heureusement et qui a influencé profondément notre poésie nationale ,il y a Tene Youssef Guéye et ses « exilés de Goumel »,un grand militant de la cause des négro-africains et du FLAM et qui est mort(honteusement pour nous) dans une geôle à Oualata,j e n’oublie bien sûr pas Mohameden Ould Sidi Brahim,celui qui a popularisé le « hawl » cette musique de lettrés maures offerte ,expliquée, pour la premières fois depuis des siècles, au petit peuple, grâce à lui et à Radio Mauritanie

Combien de noms citerais je encore ? Combien d’inacceptables oublis ? J’essayerai à partir de Lundi ou Mardi de présenter chaque jour un de ces hommes là, disparus pour la plupart et qui ont marqué la Mauritanie indépendante. Je vous invite vous aussi lecteurs mauritaniens à participer à ce beau jeu du souvenir.















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