50 ans d’indépendance, un demi siècle d’arriération


saharamedia
Mardi 19 Octobre 2010



Au moment où nous nous préparons à fêter le 50ème  anniversaire de notre indépendance, il est fondamental de rappeler la moisson d’un demi siècle de tâtonnements, d’apprécier justement les acquis fort décevants pour interpeller un processus politique des plus pernicieux où l’intelligentsia, les microcosmes politiques et les pouvoirs successifs  ont joué le rôle principal pour faire de ce pays charnière, aux ressources variées et incommensurables l’un des pays les plus pauvres au monde. En fait qu’avons-nous réalisé en 50 ans ?

Voyons sereinement les acquis au niveau des secteurs clefs qui déterminent le présent et l’avenir. Des infrastructures routières rachitiques et craquelées qui datent pour la plupart de plus de 40 ans en l’absence d’aménagement urbain et les villes proprement dites deux au total, en l’absence de plan d’urbanisme adéquat et d’une vision future, poussent sauvagement et sans aménagement étudié à l’infini, au gré des nominations de gouverneurs ignorants et sans goût d’esthétique urbanistique, dessinent au rythme des années des cercles concentriques aux couleurs de la tribu et de la région. Résultat : une mégalopole sauvage sans rues et sans âme qui ressemble aux sites improvisés suite à un cataclysme ou à un tsunami vidant l’arrière pays de bras valides, annihilant toute avancée espérée.


Une santé malade du fait d’absence  d’infrastructures et d’équipements sanitaires et hospitaliers à l’échelle nationale et d’une formation de cadres suffisants en quantité et en qualité susceptible de couvrir le secours des populations agropastorales pauvres et  arriérées. Ce qui nous amène à parler de l’enseignement, secteur clef de tout développent. Comparé aux  pays voisins du Sud, le Mali et le Sénégal où les taux der réussite au Bac oscillent, selon les années, entre 47 et plus de 50 % et malgré tout ces taux sont très décriés là bas. Chez nous, et à la faveur de facilités diverses, le taux de réussite a été réellement de 8,57 en 2009 et de moins de 8% en 2010.C’est une catastrophe nationale impardonnable, condamnable à tout point de vue et c’est une responsabilité  hautement partagée qu’il faudra juger.

Les réformes successives mal étudiées, incohérentes et subjectives ont généré des générations bicéphales, ni arabophones ni francophones ni bilingues avec des niveaux académiques lamentables et qui plus s’indexent mutuellement, se reprochant d’attirer la primauté à leur profit ou à leur dépend. Les conséquences au plan de l’entente socio ethnique est celle que vous connaissez .Feu Mohamed Salem Ould Abdel Wedoud définissait le phénomène tout à ces débuts comme  un système qui forme des générations qui ne maîtrisent ni l’arabe ni le français. D’où découle une administration colportée qui a donné finalement au pays l’image d’un grand village moyenâgeux.

En plus, le système de l’enseignement, tel qu’il fonctionne maintenant, ne répond pas aux besoins et exigences du développent  puisqu’il forme des diplômés destinés naturellement au chômage. Un leurre. Car si le pays n’a  pas besoin d’eux, autant les laisser à leur destin d’antan : de bons bergers, de bons cultivateurs, des guerriers et des marabouts tels que les formaient leurs aïeux, eux qui connaissaient le mieux les impératifs d’un développent original intégré celui là. D’ailleurs, à quoi serviraient le bac et autres diplômes supérieurs, y compris les masters et les doctorats, si les sortants sont voués au chômage à l’exemple de quelques 40.000 diplômés chômeurs au destin inconnu ?

Cependant, les meilleurs cadres dans les domaines vitaux scientifiques et d’expertises  rares sont directement récupérés et pour cause par les pays avancés. Perte sèche de 20 à 25 ans d’études et de sacrifice d’une nation qui en a tant besoin. C’est une forme d’injustice et de pillages de ressources humaines précieuses. Pourtant c’est la bonne formation des cadres qui est à même de défier la pauvreté et l’arriération séculaire. Mais à qui la faute ? Si les cadres avaient été fidèles à leur patrie, les choses se seraient passe autrement et le décollage aurait pu être amorcé.

Que non ! Au sein d’une minorité de cadres et politiques a régné la gabegie, l’opacité de la gestion au gré d’une corruption inqualifiable. Notre pays se porte bien en ce domaine. D’ailleurs nous vous faisons grâce de palmarès lamentables par pudeur. Il suffit de révéler au niveau du développement  que le revenu annuel par habitant tourne autour de 75 dollars US et qu’en tant que parmi les pays les plus pauvres au monde le rapport mondial  sur le développement indique que nous traînons aux cotés des pays les plus pauvres comme Djibouti avec in indice de  développement humain  (IDH) de moins de 0,5% et nous ne sommes donc qu’en voie de développement et nous jurons que c’est une nuance très polie.

Pourtant notre sol recèle de richesses minérales et énergétiques précieuses variées et en grande quantité : or, zinc, bauxite cobalt, phosphates, terres  rares, pétrole, diamants et surtout le fer, fer de lance de l’économie .Train minéralier le plus   grand  au monde. Plus de 10 millions de tonnes par an ; 13ème exportateur mondial pour moins de 3 millions d’habitants. Une richesse halieutique fabuleuse; une cote atlantique de plus de 750 kilomètres, la plus poissonneuse au monde avec un régime hydro dynamique favorable à la concentration des espèces les plus variées et les plus prisées. Mais la mauvaise planification, la mauvaise gestion, le pillage de la ressource avec ou sans complicité des cadres nationaux et les effets collatéraux  pervers, la pêche industrielle demeure un secteur aux incidences, au plan du développement national, très controversée.

En plus, l’agriculture, malgré les berges favorables du fleuves Sénégal, qui draine des terres arables immenses et fertiles, reste parasitaire et au profit d’une mafia urbaine qui engloutit des milliards sans cultiver. Une situation catastrophique déplorable !

La faute incombe au premier chef aux dirigeants et surtout aux cadres responsables à l’origine de cette vaste gabegie demi séculaire en raison de leur gourmandise et leur irresponsabilité. La formule « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut » doit être respectée bien avant la transparence et les slogans creux qui cachent une réalité amère en l’absence d’une politique de développement objectif et cohérent.

D’ailleurs, cette situation est accentuée par la marginalisation de la Société Civile piétinée, négligée, marginalisée et bannie par une administration néocoloniale qui nage à contre courant des tendances modernes et qui, au bout du compte, décourage les bailleurs eux-mêmes qui suppriment bien souvent des projets vitaux à cause des obstructions de ces administrations moribondes. Il est prouvé  aujourd’hui que le rôle des populations et des ONG de développement durable, est déterminant pour accompagner un développement durable pérenne.

Alors quand la fête du cinquantenaire  sera terminée on ne sait s’il faut en rire ou en pleurer.

BOUMOUZOUNA

Source : Journal Chemsiyatt















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