A initiative de Remede, des artistes mauritaniens sur le même podium pour un hymne dédié à l’unité nationale


saharamedia
Mardi 22 Juin 2010



Consécutivement aux heurts violents de mars et avril derniers entre étudiants arabes et négro-africains à l’université de Nouakchott qui avaient pour toile de fond, les inquiétudes des étudiants francophones face à une arabisation excessive de l’enseignement, des artistes des deux communautés se sont retrouvés hier soir à Arafat pour un concert destiné à rapprocher les différentes cultures du pays. Le Remede (qui se veut un mouvement d’éveil et d’émancipation d’une Mauritanie démocratique et plurielle) s’est servi de la fête internationale de la culture comme prétexte pour rassembler des artistes (toutes tendances confondues) afin de les amener à chanter  un hymne spécialement conçu et dédié à l’unité nationale et chanté en hassanya, poular, soninké et wolof.   Au nombre de ces artistes ont, notamment, figuré Tahara Mint Hembara, Thiedell M’baye, Hawa Djimera et Mohamed Ould Chighaly.

 

En marge du spectacle, le porte-parole de Remede, Aly Sy,  a déclaré a Sahara media "que le choix du site pour l’organisation du concert est motivé par le souci de se rapprocher des populations afin de bien vulgariser le message... Arafat etant l’un des départements les plus peuplés de Nouakchott. Nous sommes aussi ravis d’avoir réunis ce soir un panel fortement représentatif de la diversité culturelle mauritanienne au sein d’un pays vaste et où il y a de la place pour tous ces enfants blancs, noirs ou métissés".

Cette manifestation  intervient donc après les propos tenus par le premier ministre mauritanien Ould Laghdaf et la ministre de la culture, en mars dernier. Le premier ministre avait souligné « l’identité arabe de la Mauritanie » et madame la ministre avait fait cas « du danger que constitue l’usage des dialectes sur le plan local pour la langue arabe ». Des propos qui ont donné lieu à des affrontements violents sur le campus de l’université entre étudiants arabes et négro-africains. Préoccupé par ce précédent,  le remède avait déjà organisé le 12 mai dernier une conférence-débat intitulée « l’unité nationale à l’épreuve de la problématique des langues nationales » à laquelle avaient été conviés les partis politiques de la majorité comme de l’opposition, des intellectuels et membres de  la société civile. Les participants avaient suggéré la mise en place d’une politique de promotion culturelle où les mauritaniens en réapprenant l’histoire de leur pays, devaient comprendre comment les différentes communautés ont vécu ensembles des siècles durant. Le Remede est convaincu que le brassage culturel est  déterminant pour véhiculer des vertus de paix et de tolérance. La majorité des participants avaient recommandé au pouvoir actuel un système éducatif où le pragmatisme devait prendre le dessus sur l’idéologie.

 















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