Abdoul Birane Wane, coordinateur de TPMN : « Si des individus ont affirmé que nous avons soutenu la candidature de ould Abdel Aziz, certains ont dit que nous avons demandé à voter pour Biram et d'autres pour Sarr »


Saharamedias/Nouakchott
Mercredi 23 Juillet 2014


Le coordinateur du mouvement Touche Pas A Ma Nationalité, Abdoul Birane Wane, s’est entretenu avec Sahara medias à la suite de sa rencontre avec le Président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz.


Abdoul Birane Wane, coordinateur de TPMN : « Si des individus ont affirmé que nous avons soutenu la candidature de ould Abdel Aziz, certains ont dit que nous avons demandé à voter pour Biram et d'autres pour Sarr »
Sahara medias : depuis votre audience avec Aziz, TPMN est totalement absent sur la scène?
Wane : nous avons rencontré le président Aziz le 9 avril dernier. Cette rencontre n’a jamais eu un impact ou une incidence sur nos activités. Je rappelle que pendant le mois d’avril précisément les journées du 24, 25,26 et 27, nous avons eu des activités par rapport à la situation des mauritaniens rapatriés. Nous avons effectué une mission pour nous enquérir des nouvelles des conditions de vie des Mauritaniens qui sont revenus et qui se retrouvent dans des difficultés. Nous avons effectué des visites dans sept à huit camps dont Dar Salam, Houdallahi, Boyguel Thilé, Mourtougal entre autres. Nous sommes restés quatre jours dans ces camps. C’était une manière pour nous de passer cet anniversaire de déportation avec les concernés direct et aussi recueillir des informations fraiches pour informer le peuple mauritanien. Et mettre l’Etat mauritanien devant ses responsabilités. C’était pour nous une manière de faire comprendre au Président que les preuves sont papables de ce que nous dénonçons. Nous avons bel et bien mené des activités. TPMN devait mener une autre activité comme toutes les années à l’occasion  de la journée mondiale des refugiés. Nos frères refugiés qui étaient restés au Sénégal ont invité Touche Pas A Ma Nationalité par rapport à ce problème d’enrôlement. Malheureusement au moment où nous effectuions le déplacement, notre voiture s’est renversée à Tiguint occasionnant des blessures à quatre militants de TPMN. C’est de cette manière que cette activé n’a pas eu lieu. Entre temps, nous avons fait des déplacements dans la Vallée pour renforcer notre présence et encore expliquer aux militants et aux populations la raison de la rencontre avec le président. Mais le combat continue. Depuis que je suis revenu du voyage, ça a coïncidé avec le ramadan.
Sahara medias : le président Aziz va  régler le problème de l’enrôlement ou bien il a encore promis ?
Wane : il a promis de régler certains problèmes dans un bref délai comme le changement des chefs de centre au niveau des communes. Ce qui a été fait trois jours après la rencontre. Nous avons évoqué la carte de séjour, le problème de la double nationalité et le cas des rapatriés dont les enfants n’arrivent pas à s’enrôler. Il avait fait comprendre que certains problèmes ne pouvaient être résolus qu’avec le temps. Par rapport à ce qui se passe en France, nous savons qu’un nouvel ambassadeur vient d’être nommé. Nous attendons qu’il s’installe pour voir les deux promesses faites par le président à savoir  la double nationalité et la carte de séjour. C’est en ce moment qu’on pourra réellement dire ce qui s’est passé.
Sahara medias : est-ce qu’avec le changement des chefs de centre, c’est suffisant pour régler  le problème d’enrôlement des negro-mauritaniens ?
Wane : il y a encore des problèmes. J’ai eu à écouter un reportage sur l’enrôlement quand j’étais invité à  la radio Sahara medias. Certains qui témoignaient que les choses sont devenues souples entre le centre d’El Mina et le centre de Sebkha. Ils parlaient d’une certaine lenteur administrative mais nous suivons de prés les opérations. Nous ne pouvons pas encore dire que tout est parfait. Des problèmes persistent surtout par rapport aux  enfants qui ont un parent étranger par exemple une mère Sénégalaise et un père mauritanien. Aujourd’hui ces gens ont un problème pour s’enrôler. Ils ont le droit d’avoir une nationalité ne serait-ce que par le droit du sang. Nous avons tenu aujourd’hui  une réunion pour voir qu’est qu’il faut faire par rapport à tout cela.
Sahara medias : Certains disent que vous avez fait campagne pour ould Abdel Aziz lors des présidentielle passées?
Wane : Je ne comprends pas pourquoi certains interprètent toujours et sciemment de manière négative. Notre communiqué est très clair, nous avons demandé à nos militants d'aller voter sans donner une consigne. C’est une position que nous assumons. Si des individus ont affirmé que nous avons soutenu la candidature de ould Abdel Aziz, certains ont dit que nous avons demandé à voter pour Biram et d'autres pour Sarr. Pour moi les voix de TPMN sont importantes et des activistes voulaient faire profiter leurs candidats respectifs. Et finalement qui dit vrai?
Sahara medias : est-ce qu’il n’y a pas un paradoxe. TPMN crée pour dénoncer l’enrôlement « raciste » et TPMN qui sensibilise les gens d’aller voter ?
Wane : il n’y a pas un paradoxe. Il faut lever l’équivoque. Nous sommes un mouvement citoyen. Quand il y a des élections, nous avons notre mot à dire. En tant que citoyen nous avons trouvé qu’il est inapproprié de rester sans se prononcer par rapport à quelque chose qui concerne l’avenir de tout un pays. Nous sommes des citoyens avant tout comme nous avons eu à défendre une position pendant d’autres et d’autres élections. Quand il y aura d’autres élections, nous nous prononcerons selon notre compréhension pour dire si nous sommes pour ou contre le boycott. Ce qui s’est passé nous a démontré. Ceux qui ont boycotté, qu’est qu’ils ont proposé ? Ce boycott n’a abouti à rien du tout.
Sahara medias : même si le problème de l’enrôlement a été créé par ce même régime qui est en place. Même si certains negro-mauritaniens n’ont pas encore été enrôlés pour pouvoir même choisir entre le vote ou le boycott ?
Wane : ça n’a rien à avoir. Quand on regarde le nombre de ceux qui ont été enrôlés, on ne peut pas dire qu’aucun négro-mauritanien n’a été enrôlé. Au contraire il y a eu un nombre important de négro-mauritaniens enrôlés. Mais ce  que nous sommes en train de faire, c’est un processus. Il peut être long. Nous allons continuer à nous battre pour ceux qui n’ont pas été encore enrôlés. S’ils ont bien sûr le droit. Mais ça ne peut pas empêcher le déroulement d’une élection. C’est une position que nous avons soutenue et que nous assumons.
Sahara medias : si Aziz vous nomme à un poste, Vous allez accepter?
Wane : Je ne suis pas encore dans cette logique de nominations. Mais nous devons savoir ce que nous voulons. A chaque fois qu'il y a nominations de maures, on crie à la discrimination, ce qui est vrai, mais dès qu'un noir est aussi nommé on le taxe tout de suite et sans preuve de nègre de service, pourquoi? 
Sahara medias : que pensez-vous de la saisine de TPMN (Dia Alassane) devant les instances juridiques internationales pour dénoncer l’enrôlement biométrique ?
Wane : Je trouve cette information incohérente dans la mesure où l'avocate en question l’Américaine, Alice Bullard, qui est à Nouakchott, est entrée en contact avec nous par rapport à cette histoire de plainte à la cour Africaine des droits de l'Homme.  Nous avons eu de multiples entretiens dont le dernier date d'aujourd'hui. Alors s'il y a bien une plainte,  je crois que c'est nous qui avons été saisi. La récupération n'a jamais arrangé nos problèmes nous négro-mauritaniens, c'est d'ailleurs ce qui retarde notre lutte.
Propos recueillis par NCO
 
 














GABONEWS APAnews