Adil : A la recherche d’une relation « équilibrée » avec le parti au pouvoir


saharamedia
Jeudi 11 Novembre 2010



Adil : A la recherche d’une relation « équilibrée » avec le parti au pouvoir

Sahara média a appris de sources proches du Bureau permanant du parti Adil, qu’une réunion tenue par cette instance mercredi soir, a donné l’occasion à des discussions et débats approfondis sur les objectifs du dialogue en cours entre cette formation d’opposition et le parti au pouvoir, l’Union pour la République (UPR).

Certains membres du parti Adil trouvent, qu’à l’heure actuelle, il n’y a pas de « partis de la majorité », au sens politique du terme, et que la seule formation qui peut faire prévaloir un tel label, est, l’UPR et dont, justement, la majorité parlementaire est issue des cotes d’Adil dans des conditions politiques particulières.

 

 

Les partisans d’une telle approche demandent donc à ce que le parti Adil œuvre pour recouvrer sa position au sein du microcosme politique actuel, en pleine recomposition, justifiant leur analyse par le fait que ce sont « les éléments d’Adil qui manquent aujourd’hui au président Ould Abdel Aziz pour la construction d’un front politique centriste », selon l’expression d’un cadre de ce parti. Et ce cadre d’ajouter que « ce qui handicape le parti au pouvoir aujourd’hui, c’est l’absence d’hommes d’expérience comme ceux qui sont aujourd’hui à Adil et que, à l’inverse, c’est cette position en dehors des sphères du pouvoir qui manque à ceux qui traditionnellement ont toujours été des acteurs incontournables de la majorité ».

 Un ancien ministre, membre du parti Adil qui a préféré garder l’anonymat, dit ne pas être pressé de voir sa formation intégrer la majorité « avant d’avoir des garanties que Ould Abdel Aziz va œuvrer pour politiser la majorité ». Et dans un éclaircissement du mot « politiser », l’ancien ministre déclare : « nous, à Adil, contrairement à l’UPR, avons fait de la politique un art et une profession, et avons, depuis longtemps, la main longue pour mobiliser les foules. C’est pour cette raison que nous ne sommes pas prêts à entrer dans une majorité où le parti au pouvoir ne fait participer ses alliés que très rarement, par exemple, quand il s’agit de signer des communiqués. »

Et d’après la plupart des cadres et militants du parti Adil que nous avons rencontrés, formation qui est encore dans l’opposition, une nouvelle vision commence à voir le jour dans les rangs des forces politiques qui se sont opposées à Ould Abdel Aziz au cours des deux dernières années. Cette nouvelle vision est faite de realpolitik envers un pouvoir dont l’opposition traditionnelle est en train de revenir à des relations apaisées avec lui, d’une part, et pour répondre aux impératifs d’un repositionnement politique en vue des prochaines élections, d’autre part. Tout cela contribue, sans nul doute, à diminuer la pression sur le pouvoir et à permettre de participer, à ce que l’opposition qualifie aujourd’hui, de « manque criant d’expériences et de compétences, à tous les niveaux de l’administration ».

D’un autre côté, des observateurs n’excluent pas que Ould Abdel Aziz réaffirme sa volonté de rester à équidistance des partis de la majorité présidentielle. Et en ce moment, ajoute un observateur, « Adil va recouvrer une parti de sa vigueur politique et de son charisme ».

Et de l’autre côté, des leaders de l’UPR évoquent le soutien apporté, aux premiers moments, au mouvement qui a conduit  à la chute de l’ancien président Ould Cheikh Abdallahi et à l’élection de Mohamed Ould Abdel Aziz à la tête du pays, au cours d’une rude concurrence. Ils affirment, à cet effet, que la place de parti au pouvoir a été gagnée de haute lutte, et que l’UPR dispose d’une majorité confortable qui n’a pas besoin de l’arrivée d’Adil pour être confirmée, précisant qu’il y a même, au sein du parti-Etat, des personnalités qui ne désirent pas voir ce parti intégrer la majorité présidentielle.















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