Al Qaeda : Abou Yahaya Ellibi dispose de sérieux atouts face à Aiman Dhawahiri


saharamedia
Mardi 3 Mai 2011



La nouvelle de la mort du chef charismatique d’Al Qaeda, Oussama Ben Laden, a eu, comme conséquence essentielle, de provoquer une sorte de « succession ouverte », entre celui que l’on considérait jusqu’alors comme son lieutenant, Aiman Dhawahiri, et l’un des hommes clés de l’organisation, Abou Yahya Ellibi.

Aujourd’hui, la page Ben Laden est tournée mais, de l’avis de bon nombre d’observateurs, c’est loin d’être la fin d’Alqaeda. Certains pensent même que la mort de Ben Laden (Saoudien de père yéménite et de mère syrienne) que les puissances occidentales ont traqué durant plus d’une décennie dans les grottes de l’Afghanistan, au Soudan et au Pakistan où il vient d’être tué, peut être une sorte de stimuli pour cette organisation qui met en avant son « djihad » alors que les autres la qualifie d’officine du terrorisme.

Dans ce qui est bien aujourd’hui une « succession ouverte », celle que donnerait un écrivain comme Driss Chraïbi, à la « mort du Père » spirituel d’Al-Qaeda, apparaissent d’autres visages, tel celui de l’homme qui est considéré comme le lieutenant de Ben Laden, son confident et ami. L’homme qui a toujours été considéré comme le numéro 2 d’Al Qaeda, qui est apparu plusieurs fois à côté de Ben Laden et qui, comme lui a préféré la vie austère dans les grottes, traqués par les force occidentales, au faste des quartiers chics du Caire : l’Egyptien Ayman Adhawahiri.

 

Son nom est de ceux que l’on évoque très souvent pour succéder à Ben Laden à la tête de cet « Emirat » islamique qui n’a pas encore trouvé de terre paisible sur laquelle elle pourrait s’ériger.

Pourtant, de l’avis d’un expert occidental de la nébuleuse Al Qaeda, Adhawahiri n’a pas le « profil » requis pour occuper le poste de Chef de cette organisation. L’on évoque souvent aussi la présence d’un autre homme de caractère plus ferme et plus proche de l’Idéologie sur laquelle Ben Laden avait bâti son organisation : il s’agit d’Abou Yahya Ellibi, la quarantaine, marié à une Mauritanienne et père de trois enfants (Yahya, Oussama et Kérima).

De son vrai nom, Mohamed Hassen, il fait partie des dirigeants des groupes libyens armés puis de ceux d’Al Qaeda que le monde allait découvrir le 10 juillet 2005, quand il a pris la fuite avec trois autres membres de la prison américaine de Bagram (Afghanistan) installée dans une base pourtant très bien protégée.

Le succès de cette fuite et la volonté ferme d’arriver chez Ben Laden ont eu des échos favorables auprès de ce dernier qui a aussitôt placé en Abou Yahaya Ellibi une confiance sans faille traduite dans les missions difficiles qu’il lui arrivait souvent de confier à cet homme qui a gravit très vite les échelons. Jusqu’à devenir l’un des porte-paroles attitrés d’Al Qaeda et l’un de ses plus grands prêcheurs pour le « djihad » (guerre sainte) qui fonde le combat sans merci que Ben Laden menait contre l’Occident dominateur et usurpateur.

A ce qui est considéré aujourd’hui comme des atouts sérieux contre Ayman Adhawahiri, Abou Yahya Ellibi faisait également office d’instructeur, malgré qu’il ne dispose d’aucune formation militaire antérieure à son engagement à Al Qaeda, et sa grande connaissance des sciences religieuses à travers les cours qu’il a appris, cinq années durant, dans une mahadra en Mauritanie, entre les montagnes du Tagant et de l’Assaba. Son appartenance libyenne et la nationalité de sa femme (mauritanienne) ont fait de lui l’un des chefs d’Al Qaeda souvent mis à contribution pour le traitement des dossiers liés à Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI).  

Bien que d’autres figures de proue soient souvent données pour être de la course dans la succession de Ben Laden, la compétition semble pourtant opposer, en premier lieu, Ayman Adhawahiri à Abou Yahya Ellibi. Avec un sérieux avantage pour le second.















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