Ali Ould Kabbadi, 70 ans, Malien d'origine arabe, injustement arrêté à Tombouctou !


Sahara Médias - Nouakchott
Lundi 18 Février 2013



Ali Ould Kabbadi, 70 ans, Malien d'origine arabe, injustement  arrêté à Tombouctou !
L'un des derniers hommes arabes vivant encore dans la ville de Tombouctou, Ali Ould Kabbadi, 70 ans, a été violemment emmené jeudi 14 février par des soldats maliens, appréhendé deux heures seulement après une simple interview accordée à un politologue belge. Le politologue en question, Pierre Piccinin da Prata, avait questionné Ali sur sa sécurité en tant qu'Arabe vivant à Tombouctou, et celui-ci l'avait rassuré, malheureusement à tort. Il était l'un des seuls parmi une poignée de familles arabes à être resté à Tombouctou, des centaines d'autres ayant fui, craignant la violence des militaires maliens. En effet, ceux-ci procèdent à de nombreuses arrestations et sont hautement suspectés de mettre en œuvre une épuration ethnique des Arabes et Touaregs du Nord du Mali depuis que la région a été libérée des islamistes d'Al-Qaïda par les armées française et malienne. Des témoins ont affirmé que les mains du vieil homme étaient liées et qu'il tremblait quand il a été poussé à l'arrière du pick-up des militaires. Ceux  de ses voisins negro africains qui ont protesté ont été verbalement menacés de mort. Tout porte donc à croire qu’Ali ne sera pas rendu vivant à sa famille.
Les militaires  ont ensuite arrêté huit hommes arabes à Tombouctou, les jetant dans un  pick-up et les couvrant de bâche toujours dans le Quartier  arabe d'Abberâze. Ce qui  a soulevé des craintes de représailles contre la minorité arabe de la région, dont certains membres sont accusés d’avoir soutenu Al - Qaeda- et les groupes alliés qui ont occupé depuis un an le nord du Mali. Les membres de la famille et les témoins  ont confirmé les arrestations du jeudi. Les huit, personnes interpellées jeudi  par les militaires, étaient parmi les derniers Arabes vivant toujours  dans cet avant-poste du nord.
Les autres familles se sont sauvées par centaines vers les pays voisins de l'Algérie et de la Mauritanie,  où elles vivent dans des camps de réfugiés.
 
 Ali Ould Kabadi âgé de soixante-dix ans était malade et tremblant quand il a été sorti par les soldats  maliens de sa boutique, qui ne comportait que quelques boîtes de sardines et de
cartons vides de savon, ont déclaré des témoins oculaires, y compris son fils, Ibrahim Ould Ali, montrant une photo de l'homme  très âgé, son visage encadré par une barbe grise. Les soldats sont venus dans une voiture sur  laquelle ils avaient installé une  bâche. Elle s'est arrêtée devant notre porte. Un des soldats a dit à mon père « Mohamed, nous avons une question à te poser ». Une fois dehors, les soldats se sont  jetés sur lui et l’ont obligé à monter à bord du véhicule» a dit le fils. Ils ont alors forcé son voisin, Denné Ould Dahama, un autre arabe, à sortir aussi. « Je réparais  des chaussures dans ma boutique lorsque j’ai aperçu les soldats qui ont expulsé Denné de sa maison. Je pourrais les voir par la porte de ma boutique.
Ses mains avaient été attachées avec son turban et deux soldats l'ont pris et l'ont jeté dans l’arrière de  la voiture, » a dit Ibrahim Ag Mahmoud, un cordonnier touareg vivant dans le
Quartier  arabe d'Abberâze.
Mohamed Ould Mohamed Lemine, un autre négociant, a été  arrêté dans la rue, a dit son épouse, Mariam Mint Elbakaye.
Enfin quatre chauffeurs de camion ont été également arrêtés dans le Quartier  arabe
d'Abberâze, le même jour, a  ajouté un voisin qui a parlé à sous l'anonymat par crainte
pour sa sécurité. Un journaliste d'Associated Press a vu leurs camions abandonnés.
Le  Col. Keiba Sangaré, responsable des opérations pour la région de Tombouctou, a refusé de confirmer ou d’infirmer l’arrestation des huit personnes arabes, et  a répondu seulement que :  « La gendarmerie effectuait une enquête. »
Il y a quelques semaines  des journalistes d'AP ont découvert les corps de deux hommes arabes, enterrés dans une fosse commune peu profonde  sur une dune en dehors de Tombouctou. Les témoins ont identifié les morts en tant que deux hommes arabes connus qui ont été arrêtés le 28 janvier pour la dernière fois  par les militaires. Eux aussi devaient être interrogés. Eux aussi  ont été assassinés et enterrés.
 
Mohamed Ould Moydidi
Nouakchott .














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