Ançar Edine décide de dépasser l’étape de « maitrise de la sécurité »


Ethman Ag Mohamed Ethman - Nord Mali
Mercredi 10 Octobre 2012



Ançar Edine lors de la réunion avec la cellule de crise représentant les populations
Ançar Edine lors de la réunion avec la cellule de crise représentant les populations
Le mouvement Ançar Edine qui assure son emprise sur la ville de Tombouctou, au nord Mali, a décidé de passer de l’étape de « sécurisation, de résolution des litiges et de rendu de la justice » à celle d’administration proprement dite.
Dans un communiqué signé de la main de son responsable de la  communication, Sened Ould Bou’amama, et dont une copie est parvenue à Sahara médias, Ançar Edine indique avoir procédé à une « évaluation de son travail depuis les derniers mois », pour faire ressortir « les réalisations et les inconvénients découlant de la manière de gérer les affaires dans la ville de Tombouctou ».
Le communiqué souligne que les conditions « sont maintenant favorables pour arriver aux objectifs après avoir acquis la confiance de larges pans de la société ». Ces objectifs dont les plus importants sont « l’application de la charia appelée à être la seule source du droit dans la  vie publique » et que, partant de cela, le mouvement « a décidé de passer à l’étape nouvelle en ce qui concerne la politique locale ». Il a affirmé qu’Annçar Edine vise à impliquer le plus grand nombre des acteurs de la société civile en les insérant dans les commissions et structures qui gèrent les affaires de la cité ainsi qu’à la conception des plans et programmes qui conviennent à l’étape suivante ».
Le communiqué a accusé le gouvernement de Bamako d’avoir délaissé ses engagements envers le peuple alors qu’il continue de prendre des décisions en son nom et sans être en contact avec lui. Mais aussi, poursuit le communiqué, « en liant l’avenir de l’éducation des enfants avec les changements et humeur des nouveaux gouvernants ». Il a aussi souligné que le gouvernement « n’a de préoccupations que la réalisation des ambitions de ceux qui ont les affaires en main », ajoutant qu’il impose ses décisions par la force et fait des sanctions collectives « un sport qui dénote de son incapacité à faire face à la nouvelle situation qui nécessite d’être traitée avec raison pas en montrant ses biceps et en versant dans les rodomontades ».
Le responsable de la communication d’Ançar Edine a indiqué que le mouvement a organisé une rencontre « journées portes ouvertes » qui a duré quarante-huit heures avec l’ensemble des notables de Tombouctou et a rencontré, à cette occasion, la  cellule de crise que les habitants avaient mise en place depuis le début de la crise « et qui servait de courroie de transmission entre les populations et le mouvement auquel elle transmettait leurs requêtes et doléances et se chargeait également de leur acheminer l’aide destinée à elles». Il a ajouté que la rencontre a aussi été ouverte à des membres de la famille éducative, d’autres du haut conseil islamique, des chefs de quartiers ainsi que des responsables des secteurs d’eau et d’électricité. Les débats ont tourné essentiellement sur la manière d’appliquer la charia dans la vie de tous les jours et de « faire participer les populations à l’action des institutions du mouvement, telles la police, la rentrée scolaire, dans le cas où il y a une rupture définitive avec Bamako, et la manière dont il faut distribuer les services entre le mouvement et les populations, notamment les services de base comme l’eau et l’électricité ».
Le responsable de la communication a qualifié cette rencontre de « réussite » et indiqué que son objectif était d’étudier les voies et moyens permettant aux populations de « participer à la gestion des affaires de leur cité ».
La décision concernant cette question a cependant été remise à plus tard.
Dans une déclaration à l’issue de cette rencontre, le président de la cellule de crise, Jaja Maiga, avait indiqué que la  cellule qui est composé du Haut islamique, des chefs et conseillers de quartiers, les responsables des secteurs de l’eau et de l’éducation s’est réunie avec ceux qu’il a qualifié de « salafistes » pour « voir comment les affaires de la ville vont être administrées ». Il a ainsi énuméré les problèmes qui se posent, dont principalement celle de la police de la  ville, affirmant qu’il y a « des accrochages qui nous font dire qu’on ne peut pas changer en un jour les habitudes ». Il a ainsi demandé de se concerter avec le Haut conseil islamique pour organiser les populations et leur expliquer ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Concernant la question de l’enseignement, le chef de la cellule de crise a déclaré qu’elle reflète l’autorité de l’Etat et que tant que celui-ci n’a pas encore pris de décision, ils ne peuvent rien faire de manière unilatérale parce que, ajoute-t-il, « nous ne disposons ni des moyens humains ni des moyens matériels pour le faire. Jaja Maiga a mis en garde contre la volonté de séparer les garçons des filles parce que, dit-il, « il y aura forcément un manque d’infrastructures qui va se poser ». Concernant la question de l’électricité, le président de la cellule de crise a indiqué qu’on va étudier comment les populations peuvent participer à sa  prise en charge ;
 














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