Appel à mes chers compatriotes, au Pouvoir et à l’Opposition


saharamedia
Samedi 1 Mai 2010



Aidez-moi à comprendre ce qui se passe autour de nous !

 

De mon côté, j’avoue que je ne comprends plus les amateurs et les professionnels de la Politique et du pouvoir dans notre pays, la Mauritanie !

Où sommes-nous ? Où allons-nous ? Où veulent-t-ils nous mener ? Qu’est ce qu’ils ont dans tête ? Qu’est ce qu’ils ont derrière la tête ? Où sont leurs têtes ? Où sont leurs têtes par rapport à leurs épaules ? Qui soutient leurs épaules ou qui les prend par les épaules ?

Qu’est ce qu’on entend, ces dernières semaines, par ci ? Qu’est ce qu’on entend, ces dernières semaines, par là ? Qu’est ce qu’on voit, ces dernières semaines, par ci ? Qu’est ce qu’on voit, ces dernières semaines, par là ? L’avez-vous entendu ? L’avez-vous vu ?

Pour ma part, je n’arrive pas à en croire mes oreilles et encore moins à en croire mes yeux ? Je me dis que  je suis devenu subitement, à la fois,  «malentendant et malvoyant » ! Et, si ce que ces organes me répercutent reflète fidèlement la réalité, j’ai, parfois, envie d’être non voyant et non entendant !

C’est la énième fois que je publie des écrits  pour avancer des propositions, des réponses à des interrogations ou prétendre apporter des solutions et, je l’ai toujours fait en évitant de critiquer, d’injurier ou de blesser l’amour propre de quiconque.

Aujourd’hui, je reviens vers vous,   pour poser, plutôt, des questions, tout en avouant, que je suis blessé et meurtri dans mon for intérieur et  dans les profondeurs de ma fierté mauritanienne.

J’espère que je ne blesserai personne malgré mes blessures. A quoi bon  un blessé de plus?

Il y en a trop déjà !!J’ai, plutôt, envie de guérir, sans provoquer des dégâts ou des préjudices moraux pour les autres .Si je n’y arrive pas, ce ne sera pas par volonté de nuire, mais parce que la douleur entame la lucidité et érode la maîtrise soi.

Comprenez moi chers compatriotes, chers lecteurs .Je veux dire : comprenez ce que je n’arrive pas à comprendre !

Je ne comprends pas le Discours de l’Opposition  ni celui du Pouvoir actuels.

Je ne comprends pas leurs attitudes respectives depuis les dernières élections.

Je ne comprends pas d’autres sous acteurs sur les quels je reviendrai ultérieurement.

Je commencerai  par les acteurs essentiels et principaux sur la scène politique : le Pouvoir et l’Opposition.

Je ne comprends pas mes compatriotes qui sont au Pouvoir !

Comment un  Pouvoir politique  qui prétend tirer sa légitimité des urnes et qui entend gérer démocratiquement un  pays, peut-il  envisager de le faire sans concertation, sans dialogue, sans contact, sans courtoisie et sans civilité avec son opposition démocratique ? Comment ce pouvoir peut-il envisager enfreindre impunément,  en 2010, cette première règle de bonne gouvernance démocratique ? Croit –t-il que la démocratie se limite à des élections, qui portent au pouvoir un homme pour qu’il  tourne le dos à une partie de la classe politique et une frange large de sa population (48%de la population du pays), une fois élu, échappant ainsi à toute contrainte et faisant ce qui bon lui semble ?

Pourtant, comme tous les présidents démocratiquement élus ; le nôtre  a déclaré, à l’occasion de son investiture, qu’il « sera le président de tous, de tous les mauritaniens. »

Ou bien, ce Président s’est –t-il laissé séduire par le modèle de démocratie préconisé par certains qui continuent à confondre système démocratique avec le «  Système de Corruption Grise », tant décrié partout dans le monde et par les institutions internationales auxquelles notre pays adhère : « La majorité gouverne l’opposition s’oppose ».

La majorité écrase et ignore la minorité « La Majorité ne partage pas le pouvoir » ! (comme si le pouvoir était un gâteau)

Le pouvoir est une charge et plus sont nombreux ceux qui la portent moins son poids relatif  sera lourd. L’adage maure dit que « toute charge portée par un grand  nombre est aussi légère qu’une plume d’oiseau ! » Ce sont des slogans, des leitmotivs  honteux, qu’on entend souvent en Afrique et en Mauritanie ; et qui relèvent des règles de fonctionnement des systèmes dans lesquels les hommes au pouvoir perçoivent l’Etat comme un gisement de richesse pouvant leur permettre d’accéder immédiatement aux conditions de vie de l’homme européen dans nos pays sous développés. Pour ces démocrates « majoritaires », l’Etat est à consommer tantôt individuellement tantôt collectivement  et de plus en plus, plus individuellement que collectivement ! Ils n’attendent pas, comme cela devrait être le cas, de  l’Etat qu’il dégage par le biais d’un dialogue inclusif et  constructif  un intérêt général et un compromis effectué en toute transparence! entre les différents acteurs.

Aux yeux des adeptes du système de corruption grise  l’Etat apparaît comme un gisement de richesse sans maître où les plus forts ou les plus soutenus par leurs communautés peuvent légitimement et ‘ démocratiquement’ s’emparer à condition d’en effectuer une certaine redistribution à leur groupe d’origine.

La démocratie est plus moderne et plus civique que ne la présente ce modèle schématique et caricatural.

Ce  genre de système, je le rappelle, en dehors de nos frontières, se nomme système de « corruption  grise ».

Nous ignorons cela, en confondant démocratie et corruption grise.

En effet, en dehors de nos frontières et  partout dans le monde ce système, que je viens de décrire plus haut, s’appelle et je le répète  système corrompu de couleur grise!

Ce système organise, en fait, la dévolution des ressources matérielles et symboliques de l’Etat à tel groupe et en tient les autres écartés, les maintenant dans une posture de contestation de la légitimité des Pouvoirs publics .Et, l’on se trouve, donc, hier comme aujourd’hui, dans une persistante impasse.

Comment peut –on préconiser à un président qui a comme premier objectif déclaré la lutte contre la corruption blanche de bâtir un système de corruption grise.(voir notre article su la définition de la gouvernance)

Dans système de corruption  grise on ne peut pas combattre la corruption blanche

qui est autrement moins nocive que ce système lui-même.

 

Je ne comprends pas, non plus mes chers compatriotes de  notre opposition démocratique en campagne électorale permanente, tantôt pour soutenir un candidat, tantôt pour défaire un Président élu.

Pour quoi l’opposition avait  elle accepté de  négocier avec le candidat Mohamed Ould Abdel Aziz ou avec ses représentants successifs ? Pourquoi avait–elle signé les accords de Dakar? Pourquoi avait elle participé à un gouvernement inclusif pour superviser les élections du 18 Juillet ?

Du moment que l’opposition a participé à ce qui a été qualifié, en son temps, «  d’entreprise salutaire », pourquoi la qualifier, une fois ses résultats dévoilés, de mascarade et de tricheries contestables et inacceptables. Même, si cela est fondé, ne doit-elle  pas assumer son travail et ses choix ? Ne doit- elle pas respecter ce travail commun parrainé par la communauté internationale et  ne pas paraître comme mauvais joueur aux yeux du monde ?

A supposer que l’opposition dit  vrai, ne doit-elle pas faire attention à son crédit , à sa crédibilité future et à l’image externe de l’homme politique mauritanien et du mauritanien tout court ?

Il va de soi, que les engagements pris par des hommes mauritaniens au nom du peuple mauritanien, devant la communauté internationale, devront être scrupuleusement respectés, abstraction faite des considérations personnelles et de groupes. Nous sommes un grand peuple. Nos représentants doivent respecter leurs engagements politiques et moraux à la lettre et dans leur esprit.

Le Journaux  Chaab et Horizons, les autres journaux et sites doivent publier les Accords de Dakar. La place publique, le peuple mauritanien ont le droit de connaître leur contenu pour se former une opinion et avoir  un avis en toute connaissance de cause.

Ainsi, un débat public pourra s’instaurer. Ainsi, nous pourrons sortir de l’impasse et cesser de tourner en rond. Nous faisons que du surplace depuis 5 ans, la durée d’un mandat!

Nous avons élu de fait le cercle vicieux ! Jusqu’à le cercle vicieux ? Et pour quand, chers compatriotes , le cercle vertueux ?

La vie politique se trouve dépolitisée et sur conflictuelle

Dépolitisée, car l’enjeu n’est pas le choix d’ »un avenir pour la Polis.

Avez-vous entendu parler des débats ou des divergences sur les politiques du Pouvoir ou de l’opposition ?  Quelle politique économique ? Quelle politique budgétaire ? Quelle politique fiscale ? Quelle politique bancaire ? Quelle politique industrielle ? Quelle politique agricole ? Quelle politique conjoncturelle ? Quelle politique structurelle ? Quelle politique culturelle ?

Quelle politique  sociale ? Quelle politique d’emploi ? Quelle politique….????

Pourtant, tous le pays au monde ont des politiques dans les domaines cités.

Les Partis au pouvoir comme de ceux  l’opposition, dans tous les pays du monde, conçoivent et proposent ces politique basées sur des diagnostics scientifiques et visant des objectifs prédéfinis avec des moyens biens déterminés.

Chez nous, je vous invite à vérifier les discours, les journaux, les radios, les communiqués, les interviews, les conférences de presse, les communiqués, les meeting …  de nos hommes politiques, au pouvoir ou de l’opposition! Vous vous rendrez  compte, à cette investigation, que ces mots n’ont jamais été prononcés?

Rien que des personnes qui se vantent.. qui s’injurient.. qui se dénigrent.. qui promettent.. qui critiquent.. qui soutiennent …qui applaudissent …qui contestent qui répètent des phrases faites des pronoms je ,je, et encore je;.. tu ,tu et encore tu Ces « je » et ces »  tu « sont systémiquement suivis de :être :je suis ,je suis, je suis et encore je suis,tu es, tu es, et tu es encore….

Bref, ils portent des slogans et des banderoles. .Jamais de rapports de telle ou telle ou de telle commission de tel ou de tel expert de tel ou de tel ministre sur tel ou tel sujet ??? Pas de groupe de réflexion .Pas de concentration ! Pas de débat ! Pas de validation!

L’outil de l’intelligence, que sont les statiques, est absent et méconnu!

Pas de statiques sur le chômage ? Pas de  statistiques  des créations d’emplois. Pas de statistiques fiables publiées ! ;

Mais l’intelligence des mauritaniens où est elle ?

Vous avez entendu parler, en revanche, que telle tribu a été évincée de l’administration, que telle tribu est entrain d’être  évincée de l’économie ,que telle tribu ou communauté a été promue ou galonnée ; que Mr ou Mme un tel ont été nommés et que tel autre est relevé de ses fonction.

Et, on nous dit c’est la Politique ! On nous dit : c’est la démocratie On nous dit: c’est   la République!

‘‘Mouvieux’’ ! Mes chers compatriotes, ce n’est pas comme ça la politique, ce n’est pas comme  ça  que se gère un pays..

La Politique est, aussi, sur conflictuelle par le constant affrontement des groupes marqués par une misère présente ou récente  et désireux de s’emparer  des attributs fascinants du pouvoir.

Tous participent au dévoiement de la politique et de  la démocratie. Cette propension au dévoiement  de la démocratie par une majorité qui écrase la minorité et la marginalise et d’une opposition qui ne fait que contester, n’est pas la conséquence d’on ne sait quelle immoralité mais d’une vision du monde héritée d’un passé récent de colonisés, autrement dit d’une culture.

Elle est, aussi, la conséquence de la prise d’une mauvaise direction un jour de juillet 1978, le 10 exactement .

Pour réhabiliter la politique et lui donner sa noblesse dans notre pays, il faut travailler ‘politiquement’ pour bannir cette culture et instaurer une autre culture fondée sur nos valeurs d’ouverture de dignité, de grandeur, d’honneur, de fraternité et de justice  et compatibles avec la modernité vraie et authentique : la bonne gouvernance.

Nous devons savoir que la démocratie est ses corollaires : la liberté et la bonne gouvernance, a deux sens fort différents : elle est le droit pour une collectivité de prendre en main son destin et se doter d’un président et d’un gouvernement qui exprimeraient sa volonté collective mais elle est, aussi, le droit pour chaque citoyen de chaque groupe politique, de se protéger des abus du pouvoir et la garantie de l’opposition de ne pas être écrasée et marginalisée.

Cela doit reposer sur 3 principes fondamentaux

1-Le débat, le dialogue. Sinon, c’est la dictature.

2-Des institutions (président et gouvernement)  fortes et reconnues permettant le débat et la mise en œuvre des décisions qui découlent de ce débat. Sinon, c’est l’anarchie.

3-La justice dans l’application de ces  décisions Sinon, c’est le libéralisme sauvage.

Cela implique, aussi, que nous tournions le dos  à l’attitude mentale négative pour prendre la voie de la réconciliation et de la pensée et de l’attitude mentale positive permanente en Politique.

Cela implique, enfin, que nous imposions la paix sur nos frontières ou que nous menions la guerre si elle venait à s’imposer, mais Jamais, Jamais faire la Guerre à nous –mêmes !!

 

Par

Mohamed Ould Mohamed El Hacen

Pr à l’Université  de Nouakchott

E mail faardgs@hotmail.com

Te 635 35 50

 















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