Aziz et les biens faits de la première décade du mois d’aout…


Nouakchott - Saharamédias
Jeudi 3 Août 2017



Aziz et les biens faits de la première décade du mois d’aout…
Le président Mohamed O. Abdel Aziz est entré progressivement dans la vie des mauritaniens, depuis la tentative de coup d’état « des cavaliers du changement » en 2004 contre le régime du président Maouiya O. Sid ‘Ahmed Taya.

Mais depuis cette date il a commencé à se tailler une place de choix dans l’histoire politique du pays, curieusement sensiblement à la même période, dans la première décade du mois d’aout.

D’abord le 3 aout 2005 alors que le président Maouiya assistait aux obsèques du roi défunt d’Arabie Saoudite Fahd Ibn Abdel Aziz,  Mohamed O. Abdel Aziz ouvrait les portes du palais présidentiel devant le groupe d’officiers qui avait décidé de renverser O. Taya, pour installer feu colonel Ely O. Mohamed Vall sans donner le pouvoir à celui-ci.

Le successeur du président Taya remettra le pouvoir aux civils en 2007, à l’issue d’élections historiques, peut être pour la première fois dans l’histoire du pays.


 

Sous la présidence fragile de Sidi Mohamed O. Cheikh Abdallahi, Mohamed O. Abdel Aziz demeurera le puissant homme de l’ombre qui sera promu général, pour entrer ensuite dans les arcades du parlement et du parti au pouvoir.

Il entrera en conflit ouvert avec des symboles du pouvoir politique, considérant que plusieurs proches du président Taya font désormais partie du cercle rapproché du nouveau président Sidi Mohamed O. Cheikh Abdallahi.

Le conflit prendra de l’ampleur alors que se rompait le lien de confiance entre les deux hommes, et Mohamed O. Abdel Aziz décidera d’agir et de renverser le premier président élu démocratiquement le 6 aout 2008.

Il prendra alors les rênes du pouvoir pour entrer, depuis, dans un conflit ouvert avec l’opposition traditionnelle, un conflit qui se perpétue encore aujourd’hui.

L’opposition se liguera alors contre lui, au sein du front pour la défense de la démocratie et des manifestations monstres sont sorties dans les rues de Nouakchott, sévèrement réprimées par les forces de l’ordre.

La France et le Sénégal interviendront pour trouver une issue à la crise mauritanienne, chose faite un an après, avec la signature de l’accord de Dakar en juin 2009 et l’organisation d’élections présidentielles remportées au premier tour par Mohamed O. Abdel Aziz qui sera officiellement installé dans ses fonctions un certain 5 aout.

Pendant les 5 années que durera le premier mandat du président Mohamed O. Abdel Aziz, les divergences entre celui-ci et l’opposition va persister et même se corser, le peu de confiance qui s’était momentanément instauré entre les deux camps s’est effrité, l’opposition accusant le chef de l’état de renier les engagements pris lors de la signature de l’accord de Dakar et les multiples appels au dialogue lancé par O. Abdel Aziz sont tombés dans des oreilles de sourds.

Mohamed O. Abdel Aziz se présentera à sa propre succession en 2014, un scrutin boycotté par l’opposition et largement remporté par lui, avec près de 88% des voix exprimées.

Il prêtera serment le 2 aout pour un deuxième et dernier mandat de 5 ans selon la constitution du pays.
A ce jour O. Abdel Aziz a bouclé trois ans de son dernier mandat et le compte à rebours pour son départ du pouvoir a doit dorénavant commencé.

Seulement voilà qu’un autre fait important se profile à l’horizon, un referendum populaire pour l’adoption d’amendements constitutionnels, objet d’une grande polémique qui a mis face à face le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif.

Curieuse coïncidence, ce referendum a été plusieurs fois reporté pour diverses raisons, dont le retard accusé par la commission électorale nationale indépendante (CENI) dans la préparation technique du scrutin et la faiblesse du taux de l’enregistrement sur les listes électorales.

Finalement les reports s’arrêteront à la date du 5 aout, une date qui nous rappelle à bien des égards des étapes politiques brûlantes dans le parcours du président Mohamed O. Abdel Aziz.

La première décade du mois d’aout serait-elle un symbole dans le parcours de cet homme ?

Toujours est-il que pendant cette tranche du même mois, O. Abdel Aziz a dirigé deux coups d’état contre deux chefs d’état, un militaire et un civil, organisé deux élections présidentielles qui ont consacré sa main mise sur le pouvoir dans le pays.

L’autre fait attendu maintenant et qui pourrait avoir des répercussions importantes sur la scène politique nationale pour les prochaines années, c’est justement ce referendum prévu le 5 aout.
 
 














GABONEWS APAnews