« Barcelone… ouvrage architectural de la création de l’ingénieur génie Gaudi »


saharamedia
Dimanche 15 Avril 2012



« Barcelone… ouvrage architectural de la création de l’ingénieur génie Gaudi »

Par: Abdalla MOHAMDI

Au-delà de la stupéfaction face aux illustrations du génie de Gaudi dans le domaine de l’art de l’architecture à Barcelone, la ville la plus européenne de l’Espagne parait très ordinaire et c’est où réside sa différence. Là, il n’y a pas également de grands embouteillages dans la circulation, comme c’est le cas à Madrid. Il n’y a pas non plus de traces de frustrations provoquées, comme dans d’autres cités espagnoles, par l’affrontement identitaire entre populations émigrées et autochtones.
Les gouvernements catalans successifs avaient particulièrement réussi à ne pas créer des ghettos propres à une communauté déterminée parmi les émigrés. Fier de ce constat, mon ami catalan, Meder Plandolit, journaliste à la 3ème chaîne, se délectait en m’expliquant que l’une de ces places publiques, remplie de peintres et de visiteurs pendant le jour, se transforme la nuit en terrain de cricket où compétissent des équipes originaires du Pakistan.
Le seul point sombre dans le registre de la cohabitation des minorités dans la capitale catalane est le discours relatif au foulard et à la burka. Je ne sais pas qui a importé cette polémique expiatoire des politiciens français, incapables d’apporter des idées pertinentes pour le développement et la vie par ces temps d’élections marqués les crises et les frustrations.
Meder nota qu’il avait fouillé partout et qu’il vu nulle part que le foulard était une obligation incontournable !
Loin de plonger dans la jurisprudence des minorités, domaine dans lequel mon ami catalan et moi sommes conscients de ne pas être en mesures d’émettre des Fatwas convaincantes, on est arrivé à la conclusion qu’il n’y avait pas besoin pressant de foulard dans les rues de Barcelone. Et que les politiques auraient fait mieux que de stigmatiser l’Islam à travers une image qui ne reflète point sa réalité…
Barcelone respire la culture à chaque coin de rue. Ici, ils avaient laissé pour cet ingénieur artiste toute sa liberté pour concevoir les immeubles en fonction du seul critère son imagination pétillante. Les immeubles prirent ainsi des formes diaboliques : des arbres, feuilles, dessins et diverses couleurs.
Gaudi et le club du Barça ne sont pas les seuls éléments qui font l’image attrayante de la ville, choisie par le magazine ‘’Forbes’’ comme l’une des villes au monde les propices au climat d’affaires.
Gaudi et moi n’avons pas pourtant beaucoup parlé du Barça, même si la polémique en cours actuellement, et qui occupe l’attention de tout le public,  est que le principal sponsor du célèbre club est une entreprise qatarie. Je ne peux mesurer le degré de sensibilité de cette question, mais tout ce que je sais est qu’il y a fort besoin de financement en ce moment de crise et que les fonds arabes provoquent la polémique là où ils atterrissent, surtout s’ils tombent dans les mains d’adversaires en politique ou dans le sport.
J’ai résisté à l’idée d’acquérir un maillot du Barça afin de l’offrir à l’un des jeunes de notre village qui caressent le ballon pieds nus et qui récitent par cœur les noms de tous les joueurs.
Finalement la volonté de ne pas acheter le maillot sportif a triomphé chez moi, car j’ai haï le football depuis que l’équipe de notre village a été défaite dans l’un des matches. Ses victoires plus tard ne militèrent point en sa faveur…
A l’ambassade Ramoun Yaoul, qui a pris le nom de l’un des intellectuels catalans du douzième siècle, je me suis retrouvé en face d’un groupe de travail différent. J’ai bénéficié d’une liberté complète de parole, sans tabous et j’ai eu pitié des jeunes qui deviendront prochainement membres de la tribu des journalistes. Leurs questions innocentes paraissent être une partie de la formation tel que l’avait confirmé le doyen de la faculté qui m’a expliqué après : ‘’ nous visons à perturber les esprits des étudiants parce que finalement le doute est le plus court chemin pour la foi’’.   
A Barcelone, j’ai croisé mon ami, Kim Amor, après une séparation longue d’une décennie et poussière. Il revenait sur le champ du Caire et Beyrouth où il réalisait un film documentaire sur la vie du plus vieux et plus célèbre des reporters espagnols : Tomas Quibro.    
Kim n’avait rien perdu de sa sympathie et de son sens d’humour bien nourri par les cinq années passées au Caire comme correspondant du journal ‘’Periodiqua’’.
Le Journaliste a accumulé de l’expérience et est apparu heureux et engagé du côté des révolutions arabes et m’a confié : ‘’est-ce tu sais que les Arabes sont meilleurs que nous ? Ils ont changé leurs gouvernants lors d’une véritable révolution, alors que nous les espagnols avions attendus jusqu’à que Franco disparaisse pour dire que nous avions tout changé’’.
Kim et moi avions débattu quelque temps pour se mettre d’accord en fin de compte. Il cherchait à récupérer le lot de terrain que je lui ai cédé lorsqu’il est arrivé dans notre village, ébahi par le désert et sa vie légendaire dans l’imaginaire européen.
Google Earth, notre justicier, lui avait montré, à travers le langage de l’image, que le désert qu’il avait vu pour la dernière fois il y a quinze ans, est désormais parsemé de demeures éparpillées et ne réserve plus de place pour un espagnol rêveur !
J’ai raconté à mon ami catalan premièrement et l’espagnol après lui : ‘’J’ai préféré personnellement de recourir à la terre de mes ancêtres, située à plus de trois miles de notre village afin de compenser ce que nous allons perdre très prochainement du calme inestimable du désert.
Brusquement sonna le temps d’au revoir ! C’était une visite éclaire et j’ai confié à mes amis espagnols que leur ville, Barcelone, était belle, sa population hospitalière, exactement comme les expressions des messages envoyés par les présidents lorsqu’ils survolaient les espaces des autres, même s’ils ne prenaient pas la peine d’un regard du ciel.
Quant à moi, j’ai contemplé avec attention parce que l’observation des villes ressemble exactement à la lecture des livres précieux. Un véritable régal ! Mais seulement pour celui qui l’a vécu.      

















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