Bedahiya Ould Sbaï : Des experts m’ont confirmé l'impossibilité de construire, en 24 mois, un aéroport pouvant accueillir 2 millions de passagers par an


saharamedia
Lundi 19 Décembre 2011



Le député Bedahiya Ould Sbai (opposition) a indiqué avoir reçu des avis d’expert « sur l’impossibilité de construire, en 24 mois, un aéroport pouvant accueillir 2 millions de passagers par an ».

Le député de l’Alliance populaire progressiste (APP), qui s’est interrogé également sur la rumeur faisant cas de l’arrivée de matériels avant l’adjudication du marché à la société « Najah », s’exprimait ce matin lors d’une plénière de l’Assemblée au cours de laquelle le problème du nouvel aéroport international de Nouakchott était débattue, précisant que l’arrivée de tels équipement, avant que le question de l’attribution ne soit réglée, « est suspecte, notamment dans le cadre d’un marché de cette ampleur ».

 

Quant au député Jemil Mansour (opposition), il a déclaré que le marché de l’aéroport entre dans le cadre de la « série des marchés » qui, à son tour, entre dans celle « des déclarations et des inaugurations », rappelant à ce titre, « l’annonce par le gouvernement de la vente des anciens Blocs », puis des locaux de la fanfare militaire », « l’inauguration de l’hôtel El Vateh, de la route de Tintane-Kiffa, devenue, par la suite, une chimère », suivant les propos du député et président de « Tawassoul », parti d’obédience islamiste

Interpellant le ministre de l’Equipement, Yahya Ould Hademine, Jamil Mansour a déclaré que les « Etats ne se construisent pas avec des slogans ou les inaugurations fictives », dénonçant vivement, ce qu’il a qualifié « d’accaparement des marchés publics et de placement des proches dans les structures de l’Etat ».

A son tour, le député Moustapha Ould Bedredine (Ufp) a dénoncé un marché qu’il dit ne pas savoir exactement comment l’appelé. S’agit-il, dira-t-il, en raillant ce marché, d’une « deventa » (troc) dont l’opinion publique nationale connait très peu de chose ?

Ould Bedredine a indiqué que ce marché a été conclu « de manière brusque », précisant que les investigations menées par certains organes de presse montre son « opacité », allant de l’avis des juristes à celui des techniciens connaisseurs du domaine ». Il a aussi souligné « l’absence de garanties » obligeant cette société à respecter les caractéristiques spécifiées pour ce genre de projet, précisant que les études, la conception et l’exécution se trouvent toutes entre les mains de la société « Najah » qui a remporté le marché », selon son propos.

Ould Bedredine a indiqué que ce que gagnent les mauritaniens dans cette opération n’est rien d’autre que « le déguerpissement de deux cents familles qui habitaient dans les alentours de l’aéroport », n’hésitant pas à montrer des photos de destruction des habitats de ces citoyens et s’interrogeant sur le sort qui leur sera réservé, à travers la compensation, dans le cadre de ce marché, ou le laisser-aller ».

Le député Ahmed Ould Sid’Ahmed (majorité) a, quant à lui, demandé aux députés de ne pas « douter de tout ce qui est national et de s’éloigner du dénigrement de toute action menée par le gouvernement », ajoutant : « si vous doutez de la construction d’un aéroport national, avec des mains mauritaniennes, des caractéristiques et une expertise nationales, cela veut dire que nous n’arriverons jamais à des résultats ».

Et Ould Sid’Ahmed d’ajouter : « du point de vue juridique, ce genre de marché ne passe pas par les canaux habituels », précisant qu’il n’y a que trois façons de le financer : le budget de l’Etat, dont 90% vont dans les secteurs sociaux, avec l’impossibilité d’opérer des coupes pour la construction d’un aéroport de cette importance, soit l’attribuer à un investisseur étranger, qui va l’exploiter durant 20 ans, jusqu’à rentrer dans ses fonds, chose qui touche à la souveraineté de l’Etat, soit le construire avec un prêt qui sera un lourd fardeau pour les générations futures ». D’où, dira-t-il, à la fin de son intervention, cette solution qui consiste «à faire d’une pierre deux coups : construire un aéroport répondant aux normes internationales avec une expertise locale et à un coût moindre ».















GABONEWS APAnews