Bettah : La question n’est pas le report des élections mais la garantie de leur transparence


saharamedia
Lundi 22 Août 2011



Le président de la Convergence démocratique nationale (CDN), Mahfoud Ould Bettah, que le problème qui oppose aujourd’hui une partie de l’opposition au pouvoir « n’est pas sur le report ou non des élections municipales et législatives mais dans la garantie de leur transparence ».

Dans un entretien avec Sahara média, Me Bettah a indiqué qu’il n’y a pas d’eux personnes qui ne s’accordent sur la non-conformité de la liste électorale actuelle, « fruit d’un raccommodement fait par le pouvoir lui-même en l’absence des autres parties ».

Il a ajouté que moins de deux mois nous séparent de la tenue de ces élections pour lesquelles aucune commission électorale nationale indépendante n’a encore été constituée, précisant que le manque de neutralité de l’administration, et même l’excès de zèle de certains, ainsi que le monopole des médias publics par les forces favorables au pouvoir, empêchent de penser à des élections qui garantissent un minimum de transparence ».

Ould Bettah a poursuivi en disant que, partant de la lecture d’une telle situation, il est difficile d’envisager la participation à ces élections d’un parti politique de l’opposition et que, malgré cela, la décision de participer ou non sera pris en commun ».

Pour le président de la CDN, « la volonté du pouvoir à vouloir organiser des élections dans de telles conditions n’aura pour effet que d’aggraver la crise politique au lieu de chercher à la résorber par le dialogue recherché ».

Ould Bettah a indiqué que les divergences au sein de la COD sur la question du dialogue « n’empêche pas que les partis membres de ce regroupement puissent continuer à coordonner leur action ». Ce qui peut arriver, c’est de déclarer l’échec de la tentative d’avoir une position commune sur la question du dialogue et laisser à chaque parti le choix de décider de ce qu’il croit être la meilleure attitude pour lui. Il a cependant reconnu que la crise à propos du dialogue a fait ressortir la nécessité de trouver un autre moyen de prise de décision au sein de la COD autre que le consensus. Comme par exemple, privilégier le choix de la majorité au sein de la COD, avec possibilité pour un parti d’émettre des réserves sur ce qui sera tout de même la décision de l’opposition.

Pour Ould Bettah, le pays traverse une crise politique, économique et sociale réelle qui risque d’hypothéquer son avenir, précisant que cette situation est la conséquence du coup d’Etat du 6 août 2008 et de ses effets que l’élection présidentielle du 18 juillet 2009 n’a pas pu annihiler.

Cette crise, poursuit le président de la CDN, apparaît dans la résurgence de la dictature exercée par les nouveaux dirigeants après avoir destitué le pouvoir démocratiquement élu, un rétrécissement des libertés, le clientélisme politique avec la mise en œuvre systématique de ce que Montesquieu considère comme la caractéristique essentielle des régimes despotiques : « la propagation de la terreur dans le cœur des citoyens, pour que le gouvernant s’assure la tranquillité des tombes ».

Ould Bettah note également que le pouvoir a aussi ressuscité l’expérience du parti-Etat dont les adhérents ont dépassé les millions – selon certains – et plus de 53% de la liste électorale, selon le vice-président du parti au pouvoir au cours d’une intervention à la TVM, « ce qui constitue la preuve irréfutable qu’on cherche à faire habiter la peur dans le cœur des citoyens pour les embrigader par le pouvoir », selon son propos.

 















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