Braquage de l’agence de la BMCI : les indices qui ont trahis la bande


Nouakchott - Saharamédias
Samedi 22 Avril 2017



Braquage de l’agence de la BMCI : les indices qui ont trahis la bande
Des sources sécuritaires ont révélé à Sahara Media les détails de l’arrestation des quatre braqueurs de l’agence de la BMCI il ya près de deux semaines.

Cette source qui a souhaité garder l’anonymat, ajoute que cette opération a été particulièrement complexe, d’autant que l’examen des listes du milieu de la délinquance n’avait rien donné, d’où la nécessité de recourir à des dispositions inhabituelles afin les enquêtes policières.

Les mêmes sources ajoutent que l’affaire, avait été confiée tout au début, à une équipe constituée de 6 commissaires de police, qui s’est trouvée confrontée, dès la première semaine, à d’importantes difficultés, ce qui avait amené le commissaire de la police judiciaire à faire cavalier seul.

Selon la même source, le commissaire Ely O. Limam a demandé à la direction de la sureté un délai d’une semaine afin défaire l’énigme, partant de certains indices  qu’il avait soigneusement secrets.

L’usine de glaces

Les enquêtes ont débuté à partir de la découverte, près du lieu du braquage, d’une carte délivrée à un individu par des services de sécurité, sollicitant certaines facilités, pour l’intéressé,  auprès des services de police et de sécurité ce qui avait amené la police à orienter son enquête vers la plage des pêcheurs.

Après quelques jours d’une surveillance renforcée sur les lieux, la police a constaté une activité florissante au niveau d’une usine de glace, naguère en difficulté financière.

Cette nouvelle situation de l’usine a mis la puce à l’oreille des policiers, qui ont renforcé la surveillance trois jours durant autour de celle-ci.

Les policiers ont découvert que l’usine employait deux personnes seulement et qu’elle appartenait à un jeune homme habitant le quartier du Ksar, sans histoires.

Ils se sont ensuite rendus au quartier où habite le propriétaire de l’usine pour une surveillance renforcée autour de son domicile qu’il n’a pas quitté pendant quelques jours.

Cette situation inhabituelle a amené la police à envoyer des agents en civils à l’usine, prétextant qu’ils appartenaient au fisc.

Les employés ont ensuite contacté le propriétaire de l’usine pour lui dire que son unité va être fermée, eu égard aux énormes montants qu’elle devrait payer pour les impôts.

Cette alerte a obligé le jeune homme à quitter sa maison, et à se rendre à la plage des pêcheurs.
La communication téléphonique du jeune homme avec ses employés a permis de déterminer son numéro, de suivre et d’enregistrer ses communications.

A son arrivée  l’usine il a eu des doutes sur l’identité des pseudos agents du fisc, d’autant qu’il avait remarqué la présence du commissaire de la police judiciaire sur les lieux, ce qui l’avait amené à quitter précipitamment les lieux pour revenir chez lui après avoir échappé aux policiers sur place.

Les policiers qui se chargeaient de la surveillance de la maison l’ont arrêté à son arrivée et ont trouvé en sa possession une arme et une partie de l’argent volé.

L’enquête et les aveux

Après l’arrestation du propriétaire de l’usine de glaces, l’enquête a permis d’identifier ses acolytes, dont un militaire de l’armée de l’air et un autre jeune mauritanien, de mère russe qui avait d’ailleurs voulu compliquer l’arrestation de son fils par la police.

Celle-ci avait exigé de la police une preuve de la culpabilité de son fils, mais celui-ci a reconnu les faits et conduit les éléments de la police vers une cache, sous les escaliers du domicile familial où se trouvait un montant de 6 millions d’ouguiyas.

Après les aveux de son fils et la découverte du montant volé, elle a autorisé l’arrestation de son fils.
Le commissariat de la police judiciaire a interpellé jusqu’ici quatre personnes qui sont à l’origine du braquage de l’agence de la banque mauritanienne pour le commerce international (BMCI).

Les mobiles et les montants

La police a pu récupérer 20 millions du montant dérobé à l’agence bancaire soit 29 millions d’ouguiyas, selon les aveux des auteurs de l’attaque à main armée.

La situation difficile qu’ils vivaient et qui menaçait l’avenir de leur usine, serait le mobile de l’opération, qui n’aurait été planifiée que deux semaines seulement avant son exécution, selon leurs aveux.

Les braqueurs trouvaient que cette opération était la plus simple et la plus porteuse pour les sortir de la mauvaise passe dans laquelle ils se trouvaient.
 














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