C’est ainsi que les mauritaniens ont dénoncé la répression de la manifestation de l’opposition mardi…


Nouakchott - Saharamédias
Mercredi 8 Mars 2017



C’est ainsi que les mauritaniens ont dénoncé la répression de la manifestation de l’opposition mardi…
La police mauritanienne a fait usage de la force mardi pour disperser des dizaines de personnes issues de l’opposition lors d’un sit-in devant le parlement pour protester contre les amendements constitutionnels examiné lors d’une session extraordinaire du parlement depuis la semaine dernière.

Selon des sources de l’opposition la répression par les forces de l’ordre de cette manifestation « légale et autorisée » a fait plusieurs blessés dont des membres du forum national pour la démocratie et l’unité.

Dans un communiqué distribué mardi, le FNDU affirme que son sit-in a fait l’objet d’une « répression farouche des forces de l’ordre qui ont fait usage de bombes sonores, lacrymogènes et les canons à eau.

Le communiqué ajoute que certains parmi les blessés sont encore dans des structures sanitaires, de même que certains journalistes, blessés eux aussi et dont le matériel a été ou confisqué ou détruit.

« Cette répression féroce, ajoute le communiqué, traduit l’inquiétude du pouvoir face au rejet populaire de ses amendements constitutionnels.»

« Il s’agit là d’un virage dangereux et une escalade hystérique ».

Pour sa part le président de l’institution démocratique de l’opposition, El Hacen O. Mohamed a condamné la répression de la manifestation de l’opposition.

Dans un communiqué signé en son nom, O. Mohamed se déclare solidaire des manifestants pacifiques qui ont été sauvagement battus et humiliés et condamne la férocité qui caractérise désormais l’action de nos forces de l’ordre contre les protestations citoyennes.

Il appelle le gouvernement à demander des comptes à tous ceux qui sont impliqués dans la répression des manifestants.

Le communiqué du président de l’institution démocratique de l’opposition intervient alors que deux partis membres de cette institution, soutiennent les amendements controversés.

Il s’agit de l’alliance populaire progressiste (APP) du président Messaoud O. Boulkheir et le parti Al Wiam démocratique et social du président Boidjel O. Houmeid.

Deux autres partis, non membres de FNDU, le rassemblement des forces démocratiques (RFD) et le parti INAD, ont également condamné la répression de la manifestation de l’opposition.

Dans un communiqué conjoint publié mardi, ces deux formations politiques accusent le régime, « dans sa fuite en avant, de peu d’intérêt porté à la démocratie et de l’écoute de l’autre,» et condamnent fermement la répression avec laquelle le régime a fait face à la manifestation pacifique de mardi.

Ils lancent enfin un appel « à toutes les forces vives du pays à faire front devant les plans destructeurs du pouvoir, qui tente de dénaturer la constitution, et qui mettent en danger l’unité et la stabilité du pays ».

L’observatoire mauritanien des droits de l’homme a demandé « la fin de la violence policière entreprise par les forces de sécurité et la police en activant la loi contre la torture et appelle le mécanisme national pour la prévention de la torture à s’impliquer en ce sens.

Il demande à ce que les responsables des crimes relatifs à la violence politique soient poursuivis, sans quoi la dignité du citoyen demeurera quotidiennement bafouée et ses droits confisqués dans les rues, les marchés et les lieux de manifestations.

La répression de la manifestation du mardi a même été dénoncée dans les rangs des partis ayant pris part  au dialogue national.

Quatre de ces formations politiques, le parti mauritanien pour la réforme et l’égalité, celui du dialogue et la démocratie, l’union des jeunes démocratiques et les forces de progrès pour le changement, dans un communiqué conjoint, ont condamné l’usage de la force contre des manifestants pacifiques.

Dans leur communiqué ces partis parlent « d’une répression sauvage » contre les participants et se déclarent surpris par les dernières orientations du pouvoir, qui « ne cesse, à chaque occasion, de réduire les acquis de notre peuple en matière de liberté d’opinion et de droit à la manifestation pacifique».

Les quatre partis, qui se considèrent membres de l’opposition, ayant participé au dialogue, « dénoncent ces agissements inacceptables dans un état de droit, et demandent aux autorités d’empêcher dans l’avenir de telles pratiques, qui ne servent nullement la sécurité et la stabilité de notre pays.»
 
 














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