Classement mondial sur la liberté de la presse : La Mauritanie gagne cinq places


saharamedia
Lundi 3 Mai 2010



La Mauritanie occupe la 100 place  avec une note de 28,25 (ex-æquo avec la  Guinée Conakry et l’Indonésie) du Classement mondial de« Reporters sans frontières », (RSF) ( 105 en 2008 avec une note de 23,25), l’organisation de défense des journalistes, basée en France sur la liberté de la presse, au cours de l’année 2009, rendu public, lundi 03 mai, à l’occasion de la journée internationale de la presse.

Ce 3 mai, c'est la Journée mondiale de la liberté de la presse. Elle a été instituée par les Nations unies en 1993, à la suite de la Déclaration de Windhoek sur la promotion de médias indépendants et pluralistes, le 3 mai 1991. «La liberté d'information, le droit de savoir», c'est le thème choisi cette année.

L’état de la liberté de la presse sur le continent africain se caractérise, constate RSF, par des arrestations, procès, passages à tabac, assassinats et pressions financières.

 

Tels sont les moyens de répression employés dans certains pays d’Afrique à l’encontre des journalistes. Des « méthodes » qui en disent long sur l’état de la liberté de la presse. « Malgré de bons exemples comme le Mali, le Ghana et la Namibie, la liberté de la presse a globalement reculé sur le continent », estime Ambroise Pierre, chargé de l’Afrique à Reporters sans frontières (RSF).

Une situation qui s’est particulièrement aggravée dans la corne de l’Afrique. « En Érythrée, une trentaine de journalistes ont été arrêtés en 2009 contre une quinzaine en 2008 », précise Ambroise Pierre ajoutant que ce pays se trouve à la dernière place (165) du classement RSF. Même constat pour la Somalie (164) où neuf journalistes ont été tués en 2009.

« Les responsables de gouvernements, les autorités locales, les forces de sécurité, et les rebelles dans les maquis africains (…) comprennent le pouvoir des médias et chacun veut contrôler ce pouvoir à sa manière pour contrôler les masses, à l’échelle d’un pays, d’une ville ou d’un village », note Mohamed Keita, responsable Afrique du comité de protection des journalistes (CPJ). Pendant les périodes d’enjeux électoraux ou de crises politiques, cette pression envers les journalistes s’intensifie. Madagascar et le Gabon en sont la preuve. « La profession est plus vulnérable pendant les scrutins en raison des pressions qu’exercent le pouvoir et l’opposition », note le responsable Afrique de RSF. Une tendance qui n’est pas prête de s’inverser puisqu’en 2010, plusieurs élections présidentielles doivent avoir lieu, notamment en Guinée, en Centrafrique et à Madagascar.

Le journalisme compte ses morts. Les moyens de répression à l’encontre de la liberté de la presse varient d’un pays à l’autre. Au Nigeria (135) et en RDC (147) par exemple, les autorités pratiquent la répression violente. Depuis le début du mois d’avril, Reporter sans frontières a dénombré quatre assassinats de journalistes.

La presse sous haute surveillance

Dans les pays du Maghreb, le pouvoir semble préférer les arrestations et les procès aux répressions plus violentes. « Les journalistes ne peuvent pas critiquer l’exécutif et la religion. On ne peut pas remettre en cause certains politiques, leur efficacité, leur compétence sous peine d’être emprisonné pour des faits, pour la plupart du temps, inventés », révèle Eric Goldstein, chargé du Maghreb et du Moyen Orient pour l’ONG américaine, Human Rigths Watch.

Ainsi en Tunisie (154), où ce genre de procédé est monnaie courante, le journaliste et opposant Taoufik Ben Brik, libéré mardi dernier, avait été condamné à six mois de prison ferme pour faits de « violence, outrage public aux bonnes mœurs et dégradation volontaires des biens d’autrui », à la suite d’une plainte déposée par une automobiliste.

La liste RSF des « Prédateurs de la liberté » en Afrique en 2010 : Zine el-Abidine Ben Ali (Tunisie), Mouammar Kadhafi (Libye), Issaias Afeworki (Érythrée), Milices islamistes armées (Somalie), Paul Kagame (Rwanda), Robert Mugabe (Zimbabwe), Mswati III (Swaziland), Teodoro Obiang Nguema (Guinée Équatoriale), Ogbonna Onovo, inspecteur générale de la police, (Nigeria), Yahya Jammeh (Gambie).

Classement Afrique de RSF sur la liberté de la presse :

27. Ghana, 31. Mali, 33. Afrique du Sud, 57. Burkina Faso, 63. Liberia, 64. Malawi, 66. Tanzanie, 67. Togo, 72. Bénin, 80. Centrafrique, 82. les Comores, 83. Mozambique, 87. Ouganda, 97. la Zambie, 99. Lesotho, 100. Guinée, 102. Mauritanie, 103. Burundi, 104. Côte d’ivoire, 109. Cameroun, 110. Djibouti, 115. Sierra Leone, 116. Congo, 119. Angola, 127. Maroc, 129. Gabon, 132. Tchad, 134. Madagascar, 135. Nigeria, 136. le Zimbabwe, 137. Gambie, 139. Niger, 140. Éthiopie, 141. Algérie, 143. Égypte, 144. Swaziland, 147. RDC, 148. Soudan, 154. Tunisie, 156. Libye, 157. Rwanda, 158. Guinée équatoriale, 164. Somalie, 175. Érythrée.















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