Conférence internationale à Dakar sur l’éducation des filles


saharamedia
Lundi 17 Mai 2010



Conférence internationale à Dakar sur l’éducation des filles

« L’Education pour l’égalité des sexes : engagement pour l’équité ». C’est thème de la Conférence internationale sur l’éducation des filles qui se tiendra du 17 au 20 mai. Organisée à l’initiative des Nations unies pour l’éducation des filles (UNGEI) en partenariat avec le ministère de l’éducation du Sénégal, la rencontre accueillera des participants en provenance d’Afrique dont la Mauritanie, d’Asie, d’Amérique et du pacifique. Il s’agira de voir les réalisations accomplies depuis 2000 pour l’éducation des filles, de partager les expériences des pays qui ont réussi à atteindre la parité dans leur système éducatif, de relever les défis et les problématiques à aborder d’ici 2015

 

 

Dix ans après son lancement à Dakar à l’occasion du Forum mondial sur l’Education pour tous (Ept), l’Initiative des Nations unies pour l’éducation des filles (UNGEI) est à l’heure du bilan. Il s’agira à l’occasion de cette Conférence de se pencher sur les réalisations accomplies depuis 2000, de partager les expériences des pays qui ont réussi à atteindre la parité dans leur système éducatif, de relever les défis et les problématiques à aborder d’ici 2015.

D’après Charyl Faye coordonnatrice de Ungei, « Depuis 2000, 100 millions d’enfants ne sont pas allés à l’école dont une majorité de filles, soit les 2/3 du chiffre global. Dix ans après l’intervention d’Ungei et des gouvernements, 72 millions d’enfants dont plus de la moitié est constituée de filles sont restées encore non scolarisés ». D’où, selon elle, l’urgence d’accentuer les interventions et les stratégies pour être au rendez-vous des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) à l’horizon 2015.

Scolarisation des filles en Mauritanie

Situation générale :

Selon de nombreux intervenants du réseau scolaire, la scolarisation des filles n’est pas vraiment l’objet d’une discrimination ou de problèmes spécifiques, du moins au niveau du cycle fondamental. Le faible taux de scolarisation des filles relèverait donc d’un problème d’offre beaucoup plus que de demande : les parents seraient, sauf exception mariginale², tout à fait disposés à envoyer leurs filles à l’école, mais c’est le réseau scolaire qui ne parviendrait à « suivie le rythme » pour accueillir tous les enfants que les parents désirent scolariser. Autrement dit, il suffirait de pouvoir offrir aux populations suffisamment d’écoles, de maîtres expérimentés, d’équipement scolaire et de matériel didactique, bref d’accroitre la capacité d’accueil du réseau pour que la scolarisation fondamentale devienne peu ou prou universelle, tant pour les filles que pour les garçons.

La situation scolaire des filles accuse des variations considérables d’une région à l’autre du pays. Dans certaine régions de l’Est et du fleuve, on remarque par exemple, que la participation des filles plafonne depuis plusieurs années sous la barre de 40%. Plus significatif encore, si l’on examine la situation au niveau départemental, on constate que dans certains départements ruraux en particulier le taux de participation féminine est en régression.

Toutefois, cette régression est l’indice d’une tendance générale vers une accentuation des distorsions régionales entre le milieu urbain et le milieu rural, qui ne peut être ignorée. D’autre part, force est de constater que, face à une offre scolaire qui reste (et qui risque de rester encore pendant quelques décennies) déficitaire, les filles ne se retrouvent pas dans une situation d’égalité ou d’équité par rapport aux garçons, puisque leurs taux d’inscription et de promotion restent nettement en-deçà de celui des garçons. Ceci est dû au fait que plusieurs « facteurs limitatifs » se font sentir davantage pour les filles que pour les garçons.

La nouveauté de cette situation tient au fait que le ralentissement de la scolarisation n’est plus seulement dû à l’incapacité matérielle ou financière des Etats de suivre la croissance démographique ou la croissance de la demande scolaire, mais est liée à une chute de la demande de scolarisation. Dans un contexte ou la scolarisation ne conduit plus à une garantie d’emploi face à un marché largement saturé, dans un contexte où la qualité de l’enseignement a souvent fait les frais de sa généralisation, de larges portions de la populations –pour qui l’école moderne reste encore une réalité sinon nouvelle, du moins toujours étrangère- s’interrogent sur leur avantage à scolariser leurs enfants. Les coûts directs et indirects (manque à gagner) impliqués par la scolarisation, mais aussi les « coûts culturels » associés à l’école et à la modernité (bouleversements des structures sociales, érosion des valeurs traditionnelles, etc…).

Contraintes à l’éducation des filles :

Pour des raisons multiples, interactives et s’expliquant par le contexte socio-économique et socio-culturel.

Plus particulièrement, il s’agit de:

L’extrême pauvreté des parents et des coûts d’opportunités très élevés pour la plupart des familles ;

La distance à parcourir entre les collèges situés dans les villes et le lieu de résidence;

Les tâches domestiques que les adolescentes doivent assumer traditionnellement, tout au long de la journée et de l’année, que ce soit dans leur famille ou chez les parents qui les accueillent en ville;

Les mariages et maternités précoces: une fille sur quatre est mariée dès l’âge de 12 ans, une fille sur deux dès l’âge de 14 ans et trois filles sur quatre à l’âge de 17 ans;

Les représentations sociales discriminatoires de l’identité et du rôle de la femme, avec pour corollaire la dévalorisation des études des filles;

Les comportements et commentaires des enseignants où souvent transparaissent des messages discriminatoires et désobligeants à l’égard des filles;

L’inadéquation des méthodes et des contenus d’enseignement par rapport aux besoins des filles;

Les attitudes sexistes véhiculées par les contenus des programmes et des manuels scolaires renforçant les représentations traditionnelles;

Les méthodes pédagogiques essentiellement axées sur des exposés dogmatiques, faisant appel à la mémoire plutôt qu’au raisonnement, combinées à une discipline autoritaire souvent blessante et humiliante pour la fille;

Les formations initiales et continues des enseignants n’impliquent pas l’adhésion du corps enseignant dans un processus de changement de comportement vis à vis des filles élèves ;

Le nombre réduit de femmes enseignantes au niveau de l’enseignement secondaire. En 1998/1999, les femmes ne représentaient que 12,7 % des enseignants du 1er cycle (les collèges) et 7,1 % des enseignants du 2ème cycle (les lycées) ;

L’absence d’encadrement pédagogique et le découragement dû aux échecs scolaires ;

Les campagnes de sensibilisation sur la scolarisation des filles sont plutôt un transfert de l’information à sens unique et vertical. Les communautés ne sont pas impliquées dans le processus.

 















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