Crash de l’avion d’air Algérie : une enquête difficile et longue


Saharamedias+AFP
Mardi 29 Juillet 2014


Les deux boites noires de l’avion d’Air Algérie qui a crashé, jeudi dernier, au Mali, alors qu’il était en partance pour Alger venant de Ougadougou, sont arrivées en France où les spécialistes devraient tenter de leur soutirer le secret de la tragédie ayant coûté la vie à 118 personnes dont 54 Français. Mais d’ores et déjà, l’enquête s’annonce difficile et longue.


Crash de l’avion d’air Algérie : une enquête difficile et longue
Lundi, les deux boîtes noires de l'avion d'Air Algérie qui s'est écrasé au Mali ont été remises aux experts du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA). Les deux appareils qui ont enregistré les paramètres de vol et les conversations dans le cockpit fourniront des éléments sur les circonstances du drame.
Comme dans toute catastrophe aérienne, ces analyses peuvent apporter des réponses cruciales dans la détermination des conditions de l'accident. Néanmoins, comme l'a déclaré Rémi Jouty, président du BEA, «il semblerait qu'au moins une des boîtes soit dans un état assez détérioré». Cette boîte serait celle qui enregistre tous les sons dans le cockpit, y compris les conversations entre les pilotes.
 Mais «Cela ne veut absolument pas dire qu'elle n'est pas exploitable» souligne Jean Serrat, ancien commandant de bord cité par le Figaro. «Les boîtes récentes enregistrent les sons sur une carte mémoire, et non plus sur une bande magnétique. Même abîmée, il est tout à fait possible d'extraire de cette boîte les données. Par ailleurs, l'autre boîte noire, qui enregistre l'ensemble des paramètres techniques, y compris les erreurs de pilotage, est en bon état si l'on en croit les dernières informations. C'est une bonne chose, puisqu'il s'agit de la boîte qui peut apporter le plus de réponses sur les circonstances de l'accident. S'il en a les autorisations juridiques, ce qui semble le cas, le BEA va dès la réception extraire les données pour les mettre sur un support neuf.»L'analyse des boîtes noires «prendra peut-être plusieurs semaines», a indiqué lundi le secrétaire d'Etat français aux transports, Frédéric Cuvillier, lors d'une conférence de presse, précisant que six ingénieurs du BEA français y travaillent à temps plein.
Ces résultats sont très attendus par les autorités françaises tout comme les familles des victimes, compte tenu du mystère qui entoure cet accident. L'avion d'Air Algérie a été retrouvé dans un «état désintégré», selon un communiqué de l'Élysée. Les premières images du crash permettaient de distinguer les débris de l'avion concentrés sur un périmètre assez ramassé. «Je n'ai jamais vu un avion détruit à ce niveau-là», confie Jean Serrat. «Même la jambe de train, partie de l'avion incassable, n'a pas été retrouvée. L'impact a été très violent. Je ne pense pas que la météo soit seule responsable. On n'a jamais vu un accident d'avion en raison d'un orage. Je ne suis pas certain que la totalité de l'avion se trouve là où la carcasse a été localisée. Je pense qu'il a été disloqué et qu'une seconde partie est quelques kilomètres plus loin.»
Dans de telles circonstances, l'identification des corps des victimes se révèle périlleuse. Selon le chef d'état-major particulier du président burkinabé, le général Gilbert Diendiéré, la récupération des dépouilles mortelles serait extrêmement difficile, voire quasiment impossible. «Je ne pense pas qu'on puisse reconstituer les corps (...), ils ont été éparpillés, dispersés. Je ne suis pas sûr qu'on puisse (en) retrouver certains», a-t-il prévenu samedi. François Hollande a néanmoins assuré que tous les corps des victimes du crash seraient ramenés en France.
«Les enquêteurs du BEA (Bureau d'enquêtes et d'analyses, chargé de l'enquête technique) ont pu rapidement extraire les données de l'enregistreur de paramètres. (...) L'enregistreur phonique a été endommagé par les conditions d'impact. Le travail sur cet enregistreur se poursuit pour en extraire les données», a indiqué le BEA sur son site internet dans la soirée.
 














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