De la marginalisation de la société civile Mauritanienne


saharamedia
Jeudi 19 Avril 2012



La visite du Président de la République, M. Mohamed Ould Abdel Aziz, dans les wilayas du Brakna et du Gorgol, nous a interpellé en tant que membre de la société civile et simple citoyen à prendre conscience de l’ampleur des enjeux du développement dans un contexte où le pays tout entier, et principalement dans des régions où le manque de pluie accentue la fragilité de l’agriculture et de l’élevage se répercutent sur les conditions de vie des populations locales mais aussi sur celles des autres régions.

 

Normal quand on sait que ces zones constituent le grenier traditionnel céréalier en grande partie et une proportion importante de cheptels.

 

Naturellement, les changements climatiques se sont manifestés ces dernières années et particulièrement dans celles-ci, par un déficit en eau des plus aigus. L’on sait que le gouvernement avait pris des dispositions rapidement exécutées pour sauver le bétail et les populations les plus menacées par les effets négatifs de la sécheresse qui menace.

 D’ailleurs, à ces facteurs s’ajoutent le manque d’infrastructures vitales comme les routes, les centres de santé et les centres de formations destinées aux femmes et aux générations montantes. Mais il faut le dire, ces projets socioéconomique nécessitent des investissements coûteux et davantage, si on pense à l’échelle nationale. Mais à notre avis, ce sont les populations qui déterminent, au départ, leurs impératifs et leurs priorités. Et dans ce cadre, la société civile peut et doit jouer un rôle capital. Et c’est ce qui est pratiqué actuellement dans le monde entier, au moins pour les secteurs sociaux clefs et notamment le développement durable local. Et c’est bien de quoi il s’agissait. Or, cette vue est totalement absente des conceptions politiques économiques et sociales nationales.

Les raisons ? Nous les avions toujours évoquées et répétées. Ce sont les visions erronées de nos responsables au plus haut niveau, les décideurs qui mettent en marge ces franges dynamiques, qui s’impliquent au développement, à la lutte contre la pauvreté et la sauvegarde de l’environnement fragilisé par les effets de la désertification naturelle et de l’action de l’homme qui dégrade constamment notre milieu naturel.

Ce sont principalement les ONG Nationales de développement et de lutte contre la dégradation du milieu naturel qui devaient être associées et impliquées, alors qu’elles ne sont même pas écoutées par les décideurs. Et nous croyons également qu’elles ne sont même pas lues. C’est une situation inacceptable puisque c’est la société civile, de par les secteurs définis par les OMD et les plans de développement national, qui a donné naissance aux départements et structures qui, en principe ont été érigées pour gérer ce domaine dont le monde entier a pris conscience et qui met en avant la protection et la régénération du milieu naturel sur lesquels se focalisent l’attention, les efforts et l’investissement de la communauté mondiale puisqu’ils constituent la garantie de la vie sur terre.

Or ceci n’est pas concevable sans l’implication et la participation des ONG Nationales et en conclave avec elles. Au lieu de cette conception logique et avantageuse, la société civile semble pour eux un fardeau encombrant et inutile qu’il faut reconnaître officiellement et négliger dans les faits.

La pratique actuelle, qui consiste à la marginaliser, quand il ne s’agit pas de jeter de la poudre aux yeux pour maquiller quelques actions, est une vue inacceptable et va à l’encontre de la politique des Nations, il faut le dire, à laquelle nous avons souscrit et c’est à ce titre que nous jouissons de financements et d’appuis multiformes.

 Dans ce contexte, la société civile Mauritanienne se demande pourquoi elle a été marginalisée lors de la conception et de la mise en œuvre du plan d’urgence qui devait logiquement et nécessairement l’associer ? Car la société civile est en contact permanent avec les populations de toutes les Wilaya et c’est elle qui connait le mieux leurs problèmes spécifiques, leurs besoins et leurs priorités dans tous les domaines. Et ce n’est là qu’un exemple parmi des centaines d’autres.

D’autre part, les politiques et élus ne sont pas en reste. Car nous n’entendons pas parler de partis politiques qui intègrent au sein de leurs programmes respectifs ce chapitre. Comme si, pour eux, la société civile n’est qu’un luxe ou une idée futile et ce au moment où le courant va en sens inverse puisque la société civile constitue, par sa présence, son efficacité et son rendement un vecteur irremplaçable dans le monde aujourd’hui.

.Pour terminer, toutes les composantes de la société civile Mauritanienne apprécient le rôle des uns et des autres et se permet d’émettre, en toute impartialité et sans parti pris, des critiques objectives et sans coloration pour le bien être des générations futures. Et à ce niveau, nous déplorons les politiques qui constituent à les marginaliser de l’éducation, de l’apprentissage professionnel et du travail social au profit des populations, en dehors de toute sensibilité politique ou régionale.

Malheureusement nous constatons le contraire maintenant, car certaines initiatives les politisent de manière prématurée au lieu de les former et de les impliquer aux œuvres sociales pour les orienter vite au développement et au progrès.

 

Source Journal Chemsiyatt                                     BOUMOUZOUNA

Réseau Conseil des ONGs Nationales d’Appui au Développement Economique et Social (CONADES) Mauritania















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