Démocratie avant tout!


saharamedia
Lundi 31 Mai 2010



Editorial du quotidien Biladi n° 517

Le 25ème Sommet Afrique-France (c’est désormais la formule retenue pour éviter tout amalgame avec le réseau décrié Françafrique) s’ouvre ce lundi 31 mai à Nice, au sud de la France. Le président Aziz a quitté Nouakchott, hier dimanche, pour participer à ce conclave dédié, cette année, aux affaires économiques et environnementales. 52 pays africains y participeront.

 

La nouveauté dans cette 25ème édition du Sommet est l’invitation de 150 entrepreneurs africains et 80 entrepreneurs français, pour assister aux réunions, à côté des présidents dont les discussions doivent tourner autour de trois grands thèmes qui se rapportent tous au développement et à la sécurité : la place de l’Afrique dans la gouvernance internationale ; le renforcement, par l’ensemble des participants, de la paix et de la sécurité ; le climat et le développement. Les participants dont le président français tiendront trois réunions, à huis clos, pour débattre de ces thèmes fort intéressants mais qui sont loin d’être les seuls dossiers ‘‘chauds’’ qui préoccupent le plus le continent noir. Les changements brutaux à la tête des Etats africains sont, en effet, indexés comme étant les causes principales du malheur de l’Afrique. Tout le monde se rappelle encore de la conférence de La Baule, tenue pendant le règne du président Mitterand, et qui avait provoqué un véritable séisme politique qui a touché presque tous les Etats du pré carré français et qui a abouti à de véritables printemps démocratiques…

Aujourd’hui, la France, patrie des droits de l’homme, a complètement tourné le dos à la diffusion dans le monde des principes de la révolution de 1789. Pire que cela ! Elle a désormais un rôle connu, au moins dans ses anciennes colonies, ‘‘légaliser’’ les coups d’état militaires et les régimes dictatoriaux à travers des élections falsifiées. Une véritable spécialité française qui s’est vérifiée en Mauritanie, au Niger de Tandia, au Gabon, au Togo et en quelque sorte en Guinée et à Madagascar…

Au lieu de discuter des affaires économiques ou de sécurité – d’ailleurs les seuls dossiers qui concernent le pays organisateur -, il aurait été plus judicieux de parler de la démocratie et des droits de l’homme. L’Afrique a surtout besoin de liberté, de démocratie, de respect des droits de l’homme et des constitutions. Particulièrement les articles relatifs à l’alternance pacifique à la tête des Etats. Car tant que ce point n’a pas été traité et résolu de manière définitive, le continent restera à la traine. Une position dans laquelle les autres ‘‘amis’’ paraissent vouloir le maintenir !

 















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