Des prisonniers salafistes à Nouakhott relatent le déroulement de la dernière opération


saharamedia
Jeudi 10 Février 2011



La télévision de Mauritanie a diffusé, dans la nuit du jeudi, les révélations faites par les deux salafistes arrêtés récemment par l’armée lors de la mise en échec d’une opération terroriste dont les détails sont livrés en direct à travers la TVM : comment l'opération a été préparée dès le départ ? D’où est-elle partie ? Quelle est la logistique mise en œuvre ? Quels étaient les objectifs ?

Si l’on en croit les déclarations de Saleck Ould Cheikh Mohamedou, né en 1984 à Atar, l'opération a été décidée et préparée à partir du nord du Mali, zone réputée être le repère d’Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI). La préparation aurait pris 4 mois et concerné quatre véhicules : Deux ont été chargées d’explosifs et les deux autres gardés mis en réserve dans un atelier pour une utilisation ultérieure dans des opérations de même type.

Saleck révèle son appartenance à la "Kitiba des Moulethemines" (enturbannés) d'AQMI au nord du Mali, et donne des indications sur les premières cibles qui étaient visées : Le ministère de la Défense et l'ambassade de France en Mauritanie. Il donne également les noms des 8 occupants des 3 véhicules entrés en Mauritanie pour y commettre de terribles attentats : Lui, Zoubeir, Saad, Abderrahmane, Zekeriya, Abou Jaavar (Bissau guinéen), Maaouiya et Abou Jendel.

Sur l’itinéraire suivi par les voitures des safistes, Salek déclare qu’elles sont parties du Mont Agharghar, dans le nord Mali, ont franchi la frontière au niveau de Sélibaby et pris la direction de Nouakchott. Il confirme la version officielle quant à la quantité d’explosifs (3,5 tonnes) se trouvant à bord de la voiture neutralisée par l’armée à l’entrée de Nouakchott et dans laquelle 3 salafistes avaient trouvé la mort. Armés de kalachnikovs, les occupants de ces voitures étaient également dotés de 4 chargeurs chacun, de moyens de communication et d’un appareil GPS.

Ould Cheikh a souligné également que la troisième voiture était vide et que tous les « missionnaires » d’Aqmi s'étaient fixés un point de ralliement à 10 km de Nouakchott où le dernier réglage de l’opération terroriste devait être fait (plan d'attaque, objectifs et partage des rôles). Des détails ont également été donnés par Saleck Ould Mohamedou sur la façon dont l’attentat allait être commis contre l'Ambassade de France à Nouakchott : « le premier acte à faire dans cette attaque était de faire exploser tout d'abord le portail de la chancellerie par l'un des éléments qui devait se retirer par la suite, pour libérer la voie à la voiture piégée stationnée non loin, pour s'introduire immédiatement ensuite et faire exploser le véhicule. L'opération devait, selon les estimations, faire d'importants dégâts dans l'enceinte de l'Ambassade, évitant aux citoyens d'être touché par une explosion dont la déflagration peut s'étendre à un rayon de 500 mètres ».

Exprimant son repentir, Saleck s'est dit heureux de l'échec de l'opération et à lancé un appel à tous les Mauritaniens présents dans les camps d'Aqmi à rentrer au pays et à se repentir. Même version des faits et mêmes regrets chez le second salafiste présenté à la TVM, le Bissau guinéen Youcef Galissa dit Abou Jaavar, né en 1982, qui a, lui aussi, fait preuve de renonciation à l’idéologie de la violence qui l’avait amené à participer à l’opération manquée de Nouakchott.

 















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