Dialogue : Aller de l’avant


saharamedia
Samedi 13 Novembre 2010



Le dialogue est là, sans être là. Il n’a pas été formalisé par une approche commune entre le pouvoir et son opposition et l’accalmie que connaît actuellement la scène politique mauritanienne peut être trompeuse. Tout peut redevenir comme avant, si rien n’est fait, par les uns et les autres, pour aller courageusement et résolument vers ce dialogue que réclament les mauritaniens ordinaires.

Il suffit de voir la manière dont le discours du président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, a été interprété par les uns et les autres pour se rendre compte de la fébrilité de cette paix des braves.


Les dernières prises de positions sur ce qui fait l’essentiel maintenant de la crise politique en Mauritanie (guerre contre le terrorisme, Accord de Dakar) sont inquiétantes à plus d’un titre. Il faut tout faire pour que le débat, jusque-là circonscrit dans les limites de la confrontation entre la Majorité et l’Opposition, ne déborde pour gagner des cercles où la politique n’a pas sa place.

On a entendu certains pans de la majorité accuser une certaine opposition de prier pour que la lutte contre le terrorisme soit un échec pour pouvoir en tirer des dividendes politiques certains. On va même jusqu’à penser que des relais de la Coordination de l’Opposition Démocratique travaillent avec acharnement pour mettre à mal les autorités de Nouakchott avec leurs amis algériens et maliens, en mettant en avant l’intrusion de la France dans une guerre contre le terrorisme qui doit rester l’affaire des seuls pays de la zone sahélo-saharienne. L’opposition rend à la Majorité la monnaie en insinuant que le régime est plus que jamais sous la botte de la France.

On peut cependant être content que l’ignorance, dans les deux camps, que la surenchère n’est pas vraiment la voie qui permettra à la Mauritanie de retrouver un semblant de sérénité ne soit plus de mise aujourd’hui.

On est également heureux de constater que, face à une scène politique qui boue, l’on ne soit pas porté à croire que la résolution de la crise mauritanienne passera, encore une fois, par la voie de l’étranger. Le linge sale doit, cette fois-ci, être lavé en famille, sans recourir à la médiation du président Wade, et encore moins à celle de la France ou du guide libyen dont on se rappelle encore avec amertume le rôle joué Guide dans l’enlisement de la crise de 2008.  Face aux réticences de la classe politique mauritanienne à faire en sorte que tous les protagonistes se retrouvent autour de la même table, il ne faut pas attendre que la crise (et peut-être atteigne son comble) pour venir jouer aux pompiers. C’est cela que les uns et les autres doivent comprendre d’abord pour accepter ensuite que la nature de la crise mauritanienne actuelle requiert uniquement des parties en conflit l’acceptation du principe qu’une majorité se doit de débattre de certaines questions nationales avec son opposition. L’idée que tout doit passer par un partage du pouvoir, dans le cadre d’un gouvernement d’union nationale ne s’impose pas comme le règlement d’une crise relevant plus de l’appréciation d’une situation générale du pays que d’un conflit ouvert pour l’accession ou la maîtrise du pouvoir.

C’est dans ce cadre précis que l’on replace la bataille qui s’engage pour savoir comment l’opposition compte pousser le président de la République et ses soutiens au dialogue mais, surtout, ce que la Majorité projette faire pour que le gouvernement qui la représente ne plie sous le poids des difficultés.

 

Sneiba















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