Droits humains; le Sénégal épinglé par Amnesty International


saharamedia
Jeudi 16 Septembre 2010



L'ONG Amnesty International (AI) a vivement dénoncé "l'impunité" pour les auteurs de violations de droits humains au Sénégal dans un rapport "brûlant" présenté mardi à Dakar  au cours d'une conférence de presse.

Les présentateurs, deux (2) enquêteurs venus d'Europe, ont fait leur exposé en présence d'avocats du barreau sénégalais connus pour leurs activités dans la défense des droits humains: maîtres Assane Dioma N'Diaye, président de l'Organisation Nationale des Droits de l'Homme (ONDH) et Demba Ciré Bathyli, ancien responsable d'Amnesty Sénégal, ainsi que celle de certaines victimes dont le témoignage "a donné corps aux souffrances dues à l'absence de réparations".

Sous le titre "Sénégal: terre d'impunité"  l'ONG de défense des droits humains "met le doigt sur 3 problématiques sensibles: des cas de tortures non résolus perpétrés tant par les forces de sécurité que par des éléments de l'irrédentisme casamancais, le retard accusé dans la tenue du procès d'Hissen Habré, avec une absence de réparation augmentant le traumatisme des victimes et de leurs familles souvent économiquement éprouvées par la perte d'un soutien".

Hissen Habré est l'ancien président du Tchad.

Le rapport évoque des cas concrets de violence au cours de garde à vue dans plusieurs villes.

Une manière pour Amnesty  de rappeler que la Convention Internationale contre la Torture (CIC), ratifiée par le Sénégal fait obligation au parquet d'engager des poursuites même en l'absence de toute plainte, à partir du moment ou il existe des allégations de tortures.

Les avocats présents  ont cité plusieurs cas de fautifs identifiés, qui  restent "impunis".

La seule sanction étant une affectation ailleurs.

Prenant pour base de référence l'article 7 de la constitution sénégalaise "qui sacralise le droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à l'intégrité corporelle" les auteurs ont exprimé le souci d'arriver à "un dialogue fructueux" avec les autorités de Dakar "pour reconstruire et faire respecter les conventions internationales".

Le troisième problème est représenté par le verrou "des ordres de poursuites" dont la délivrance relève du pouvoir discrétionnaire des ministères, et qui sont  nécessaires avant toute action devant la justice.

Le conflit sporadique en Casamance peut-il justifier certaines pratiques dégradantes?

En plus, les actes de tortures dénoncés, qui  auraient été  commis également  dans d'autres  localités loin de tout conflit actif ou résiduel.

Les actes de tortures  sont en eux-mêmes extrêmement graves. Mais le  pire est qu'ils restent encore impunis.















GABONEWS APAnews