Editorial de Biladi n° 542


saharamedia
Jeudi 8 Juillet 2010



Editorial de Biladi n° 542

L’air sentait la poudre mardi 6 juillet à l’Assemblée nationale. Les propos d’un élu avaient offusqué l’un de ses pairs qui, après une assez longue absence de l’hémicycle, semblait vouloir attirer l’attention sur lui en provoquant le scandale. Le président était obligé de lever la séance pour pouvoir mettre de l’ordre…

 

Au-delà de cet incident, l’actuelle session du parlement a été marquée, au niveau de la chambre basse, par les questions orales adressées par quelques députés à des ministres du gouvernement.  Une grande majorité des ces derniers s’étaient produits, lors de plénières de l’Assemblée nationale, sans vraiment impressionner, mais réussissaient tout de même ce passage sans provoquer de bruit ou commettre des bêtises.

Tout dernièrement, le passage du ministre des Finances, un jeune homme réputé être compétent, sérieux et intègre, a été pour le moins choquant. En répondant à une question relative à l’application de la loi sur l’obligation de la déclaration du patrimoine pour les hauts fonctionnaires de l’Etat, il a expliqué que cette loi manquait de réalisme et était au départ inapplicable. Donc, un texte mort-né. Un argument tout à fait erroné et, de plus, inacceptable de la part d’un membre de l’exécutif. Car les lois de la République sont faites pour être appliquées. Et si, comme le soutient le ministre, elles ne répondent pas à la situation, elles doivent tout simplement être changées, tout en demeurant en vigueur jusqu’à l’accomplissement de cette démarche. Quoique pour la loi en question, on ne sait pas objectivement pourquoi elle n’est pas applicable. Qu’est ce qui empêche, en effet, un ministre ou n’importe quel autre haut fonctionnaire de sacrifier à cette exigence ?

Un autre membre de l’équipe de Ould Mohamed Laghdaf qui veut lui aussi – ou pour qui on veut – tordre le cou de la loi : le ministre du pétrole. Ce dernier a présenté un projet de loi qui veut supprimer l’accord du parlement pour la signature des contrats de partage de la production pétrolière. Même s’il a été momentanément retiré, ce projet de loi sent le manque de transparence et la volonté de légaliser ou de couvrir des agissements hors la loi, tels que l’expiration de la validité de certains permis de recherche ou d’exploitation minière tandis que  les détenteurs des permis expirés continuent à travailler comme si de rien n’était.

Cette affaire rappelle, à bien des égards, le scandale des avenants de Wood Side. Ce qui doit plutôt pousser à plus de rigueur et de vigilance dans ce domaine. Le président de la République, qui a fait de la lutte contre la gabegie son principal cheval de bataille, est appelé à se prononcer sur ce dossier, rappeler son gouvernement à l’ordre. Bref, agir ou, pourquoi pas sévir ?

 















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