Editorial n° 496 de Biladi


saharamedia
Samedi 1 Mai 2010



D’une manière générale, dans l’action publique en particulier, il est bon d’être habile afin d’éviter de heurter des sensibilités ou réveiller inutilement des soupçons. Les communiqués de l’état major de l’armée et de la direction générale de la sûreté, invitant les retraités de ces corps à des réunions de concertation pour mettre en place des structures qui les représentent, suscitent bien des intérrogations dans l’opinion.

 

Pourquoi cet intérêt subite et tout à fait nouveau pour une catégorie de personnes qui a depassé l’âge de service et à laquelle on ne s’est jamais intéressé auparavant ? Pourquoi cette attention n’est-elle pas accordée aux retraités civils, généralement plus faibles, physiquement, et qui ont plus besoin d’aide et de soutien ? Y-a-t-il un motif objectif qui justifie le traitement particulier que les corps constitués veulent accorder à leurs retraités ? Il ne s’agit, certainement, pas d’un acte de philantropie. Non ! Cet intérêt cache derrière lui des objectifs non avoués et, peut-être même, inavouables.

Selon des informations concordantes, il aurait été décidé, dans la foulée de cette frénesie d’espionnage que l’on justifie, à tort ou à raison, par la lutte contre le terrorsime, de ‘‘profiter’’ du savoir-faire des ‘‘anciens’’, pour quadriller le pays. En termes plus terre à terre et plus clairs, le pouvoir veut faire d’eux un corps officieux d’espions. Une proposition ‘‘indécente’’ mais qui a toutes les chances de susciter l’engouement voire l’enthousiasme au sein de cette population vulnérable et nostalgique du bon vieux temps…

Sans préjuger des désordres ou discordes que peut déclencher ce processus dans les rangs des retraités et même dans l’exrecice du pouvoir, il n’est pas acceptable que la Mauritanie, citée par le Programme Alimentaire Mondial parmi les pays qui courent les risques de famine dans la région, se permette le luxe de mener de telles actions, onereuses et inutiles, rien que pour la surveillance des déplacements et des paroles de ses citoyens. Leurs téléphones sont déjà surveillés, leurs actes filmés et…ils sont désormais suivis en filature. Bonjour, Big brother !

 















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