Exclusif : Histoire complète de l’homme qui projetait des attentats en Europe (Première partie)


saharamedia
Mercredi 7 Septembre 2011



Exclusif : Histoire complète de l’homme qui projetait des attentats en Europe (Première partie)

Sahara média a visité le domicile de l’homme qui avait la confiance de Ben Laden et avait produit une fatwa renvoyant à plus tard les attentats contre les chefs d’Etat de pays musulmans

Quand les services de renseignement ont annoncé la capture d’Abu Youness el Mouritani, ils mettaient un terme, par cette annonce, à un long et complexe parcours d’un jeune mauritanien qui avait projetait de faire des attentats en Europe, avec l’aval de Ben Laden. En même temps, ces services dévoilent aussi, à la face du monde, comment ce jeune mauritanien au corps frêle est parvenu à gravir les échelons de la plus dangereuse des organisations du monde.

 

Un combattant de l’ombre qui n’était pas connu du commun des mortels, mais un personnage clé dans la jonction entre Al Qaeda et sa filiale AQMI (Al Qaeda au Maghreb Islamique) et qui a toujours été un casse-tête pour les services de renseignements occidentaux et pakistanais.

Dans une petite maison de la banlieue de la capitale Nouakchott, la mère d’Abu Youness el Mouritani, Aminetou Mint Mohamed Ahmed a eu du mal a reconnaître son fils. Il lui apparaissait sur la photo avec des paupières relevées et un teint plus proche du noir. Mais quand elle s’est assurée enfin qu’il s’agit bien de son fils, elle a senti une joie traverser tout son corps en sachant son enfant en vie. Elle a déclaré dans un entretien exclusif avec Sahara média qu’elle avait fini par « désespérer de lui » et qu’aujourd’hui, il lui reste au moins « l’espoir de le voir transférer dans une prison mauritanienne ». Quant au jeune frère d’Abu Youness, Mohamed Ould Mohamed El Hacen, il n’a pas été étonné par la terrible nouvelle, déclarant qu’il savait que son sort était « soit d’être tué ou d’être arrêté un jour ».

La dernière fois où la famille d’Abu Youness avait vu son fils c’était en 2007, quand à peine parti pour on ne sait où, une unité de la brigade anti-terroriste avait pris d’assaut la maison. Tout ce qui attestait de sa présence en ces lieux était un passeport et ses papiers personnels que sa mère n’a pas hésité à remettre aux policiers. Pour la première fois, la police mauritanienne était tombée sur un homme controversé et la photo qui allait être diffusée après, en avril 2008, laissait penser qu’il faisait partie du groupe des salafistes entrée en confrontation avec la police au Centre émetteur de Nouakchott. Opération qui s’était soldée par la mort d’un officier de police et de deux terroristes.

Dans la grande maison où avait vécu Abu Youness se trouvaient également ses six sœurs et cinq frères. Son père Mohamed El Hacen, qui se trouve la plupart du temps en Arabie saoudite où il exerce comme imam, a eu du mal à comprendre ce qui lui tombe sur la tête. Mais comme son épouse, il conserve, lui aussi, un mince espoir de le voir revenir un jour à la maison, révèle la sœur d’Abu Youness, enceinte de quelques mois.

Abou Youness el Mouritani est née en 1981, exauçant le vœu de sa mère de le voir naître au moment où elle accomplissait le pèlerinage aux Lieux Saints. Une naissance qui sera bien accueillie, des milliers de kilomètres plus loin, par des bédouins mauritaniens de la tribu des Oulad Biéri, nomadisant dans la vaste région du Trarza. Une bénédiction qui allait conduire la famille vers une localité nommée Hassi el Mar’a, à quelque 100 kilomètres de la ville, mais son père qui aimait les enfants, tenait à ce que son fils soit toujours près de la « route de l’Espoir », avec les enfants de sa collectivité pour apprendre le Coran. Une étape que le jeune Abdallahi Ould Dewla, responsable de la mahadra du village, ne dit pas grand-chose, mais il sait qu’Abu Youness a terminé ses « humanités » (récitation du Coran) en Arabie saoudite et poursuivi ses études à l’Institut Al Arqam Abi Al Arqam pour les sciences islamiques et l’Institut du « Haram el mecqui ».

Mais le gendarme à la retraite Zakariya Ould Bouh, qui était présent lors de la création du village, en juillet 1987, se rappelle qu’Abu Youness el Mouritani, de son vrai nom Abderrahmane Ould Mohamed El Hacen Ould Mohamed Salem Ould Abdel Jellil, a passé trois ans dans la localité et était surnommé « El hadj » (parce qu’il était né alors que sa mère accomplissait ce rituel de l’Islam), et que son père était un homme de religion devenu par la suite un imam de mosquée. Et les sœurs d’El hadj, malgré leur dévotion, ne cachaient pas qu’elles étaient toujours sous le charme de ce beau jeune homme et acceptent difficilement qu’il puisse projeter à des attentats terroristes, qui conduiront à la mort d’innocentes personnes. C’est aussi ce que pensait la paisible localité qui n’a appris la terrible nouvelle qu’à l’arrivée de journalistes de Sahara média pour enquêter sur l’homme qui fait aujourd’hui l’actualité du monde.















GABONEWS APAnews