Exclusif : Sahara médias dévoile de nouveaux détails dans le marchandage pour la libération des otages occidentaux jusque-là détenus par le MUJAO


saharamedia
Jeudi 19 Juillet 2012



Exclusif : Sahara médias dévoile de nouveaux détails dans le marchandage pour la libération des otages occidentaux jusque-là détenus par le MUJAO

Dans ce qui est considéré comme un nouveau marchandage pour la libération d’otages occidentaux (deux Espagnols et une Italienne), jusque-là détenus par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), depuis le 23 octobre 2011, Sahara média est entré en possession d’informations d’importance qui indiquent qu’un avion espagnol spécial est arrivé à l’aéroport de Nouakchott, mercredi soir, pour prendre à son bord un prisonnier demandé par le MUJAO contre la libération des otages européens.

 

Ce prisonnier, qui n’est autre que Mamine Ould Fqhir, 30 ans,  Sahraouie originaire de Rabouni, est considéré comme le cerveau de la prise des otages occidentaux dans ce camp, près de Tindouf, sud de l’Algérie, où se trouve la direction du Front Polisario. L’homme aurait alors été amené à Madrid et remis, aussitôt au MUJAO, selon ce que des sources sécuritaires ont déclaré à Sahara média.

 

 

Des informations avaient circulé mardi comme quoi les autorités mauritaniennes avaient transféré Mamine Ould Fqhir de la prison centrale de Nouakchott, où se trouve un certain nombre de prisonniers salafistes mauritaniens et étrangers, vers une destination inconnue.

Mamine Ould Fqhir avait été arrêté, avec un autre Sahraoui, à Nouadhibou, nord de la Mauritanie, le 05 décembre 2011, et ce plus d’un mois après l’enlèvement des 3 occidentaux (les deux Espagnols, Ainhoa Fernández Rincón et litalienne Rossella Urru).

A l’époque, une source sécuritaire avait indiqué à Sahara média que les deux personnes arrêtées étaient entrées en Mauritanie en novembre 2011, venant des camps du Polisario, alors que les services de sécurités mauritaniens les avaient à l’œil les soupçonnant d’être derrière l’enlèvement.

La source sécuritaire, qui a requis l’anonymat, a ajouté que les deux individus étaient entrés illégalement en Mauritanie, à travers un point de passage de la wilaya duTiris Zemmour et en prenant soin de changer de physionomie en rasant leurs barbes. Elle ajoute qu’ils sont arrivés à Nouadhibou deux semaines avant leur arrestation et avaient loué un appartement meublé dans le quartier de Baghdad, au robinet 4, quartier des « Numrouat » où ils ont été appréhendés.

La source a indiqué qu’à l’époque, leurs comportements avaient paru suspects, ajoutant que les services de sécurité avaient relevé des échanges téléphoniques qu’ils avaient eu avec les enleveurs des trois otages.

Les services de sécurité mauritaniens considèrent que les deux hommes étaient entrés en Mauritanie pour investir à Nouadhibou, après avoir accompli leur mission en remettant les otages aux éléments du MUJAO, qui leur a remis un montant important en échange de cet enlèvement. Exactement, comme l’avait fait Oumar Essahraoui pour le compte d’AQMI (Al Qaeda au Maghreb Islamique) en 2009.

L’arrestation des ravisseurs avaient suscité les craintes de la famille de l’otage italienne Rossela Urru quant au sort de leur fille, pensant qu’elle peut être, avec les deux Espagnols, sujets à une vengeance de la part du MUJAO. Ce à quoi a fait allusion, à l’époque, le maire de la commune où habitait l’otage italienne, quand il déclarait dans un journal local : je ne sais pas si l’arrestation des terroristes est un point positif pour la vie de notre compatriote », ajoutant « nous saluons le fait mais attendrons jusqu’à la libération de Rossella ».

Au même moment, certains observateurs pensaient que le cas Oumar Sahraoui, qui a donné la preuve que les groupes salafistes accordaient leur protection aux ravisseurs qui travaillent avec eux, ouvraient la voie aux négociations avec le nouveau mouvement, à la recherche de financement, pour la libération des trois otages, d’autant que les gouvernements espagnol et italien avaient un précédent en la matière avec AQMI.

Les négociations entre le MUJAO et les deux gouvernements espagnol et italien ont alors débuté mais sont restées quasi secrètes avant que le mouvement annonce, début mai dernier, qu’il réclame 30 millions d’euros et la libération de prisonniers dans certains pays, dont la Mauritanie, contre l’élargissement de ces trois otages.

La date du 18 juillet 2012 avait été retenue pour que le MUJAO annonce avoir libéré les trois otages, quand une source du mouvement avait déclaré à Sahara média que les trois occidentaux « sont maintenant en dehors des mains du MUJAO », se refusant tout de même à donner des détails sur l’échange. Mais précisant tout de même que cette libération est intervenue « après satisfaction de leur demande », précisant que « trois prisonniers avaient été libérés dans un pays musulman », sans citer le nom de ce pays ni donner le montant de la rançon, promettant que c’est une « dette » qui sera dévoilée incessamment. Dans le même ordre d’idée, un responsable du ministère espagnol des Affaires étrangères avait annoncé que « l’opération de libération des otages était sur le point de prendre fin » et qu’elle avait été retardée par « une tempête de sable », ajoutant que Madrid avait envoyé un avion pour « ramener les deux otages espagnols ».

De son côté, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Garcia‑Margallo avait déclaré que les otages se trouvaient « dans une situation excellente », précisant qu’ils vont être acheminés vers Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, et qu’un avion spécial a été pris pour cela. Il a pourtant refusé de donner des détails sur l’opération qui a permis la libération des trois otages, déclarant que le gouvernement espagnol « a fait, dans ces circonstances, ce qu’il fallait ».

Le gouvernement italien a, de son côté, refusé de donner des détails sur le marchandage, le ministre italien des Affaires étrangères, Julio Torsi, se suffisant à dire que la libération de Rossela « est une excellente nouvelle », et précisant que le président italien avait suivi lui-même, avec quelques membres du gouvernement, les évolutions du dossier de Rossela Urru.















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