Exécution de 70% du recensement des gazra malgré les nombreuses protestations


saharamedia
Mercredi 27 Octobre 2010



Le recensement des « gazra » de Nouakchott, mené tambour battant par le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Réaménagement du territoire, entre dans sa troisième semaine, non sans incidents, tel l’exode massif des populations venant de l’intérieur du pays pour ne pas rater ce qui est considéré comme l’ultime distribution de terrains dans la capitale.

En apparence, l’opération connaît une certaine réussite, confirmée d’ailleurs par des équipes de travail, qui mettent en avant « le respect scrupuleux des critères établis par le ministère pour en finir, une fois pour toutes, avec le phénomène de la gazra » qui, plusieurs décennies durant, a rendu futile tout effort de l’Etat tendant à mettre en place un plan d’urbanisme adéquat pour Nouakchott et une politique de développement appropriée, sans tenir compte des incalculables répercussions de la spéculation foncière sur le mode de vie des habitants et sa contribution prouvée dans l’inflation et la dépréciation – ou appréciation – de la monnaie nationale.

 

A l’effet de réussir cette opération que d’aucuns appellent souvent « zéro gazra d’ici 2011 », le ministère de l’Habitat a mobilisé d’importantes ressources pour mettre en place des équipes chargées de procéder au recensement des gazra dans les moughataas ciblées et a pris aussi la précaution, utile, de faire appel à des unités de la gendarmerie, de la garde et de la police pour empêcher la « résurrection » de ces quartiers précaires sur les lieux même que l’Etat tente de dégager ou ailleurs.

 

Des sources proches des équipes de recensement ont indiqué, à cet effet, que l’opération a déjà abouti à la réalisation de 70% de l’objectif visé et qui est appelé à durer le long de six semaines. La volonté affichée des autorités à maîtriser la situation, jusqu’au terme de l’opération de recensement, a, cependant, produit des « dommages collatéraux », telles l’interdiction de vente des terrains et l’expropriation des boutiques non occupées. Des mesures prises au plus haut niveau (Conseil des ministres) et qui ont également contribué à faire chuter, sensiblement, le prix des terrains dans la bourse des biens immobiliers, sise à la Direction des Domaines, notamment les lots dont les « propriétaires » ne disposent pas de permis d’occuper. D’aucuns estiment que les pertes subies par ceux qui ont investi sans compter dans ce domaine spéculatif ont perdu des centaines de millions d’ouguiyas du fait de la mesure citée plus haut.

Cette opération est même considérée comme un éclatant succès par des experts travaillant pour le compte de partenaires au développement de la Mauritanie dans le domaine de l’aménagement du territoire qui évoquent, à titre de comparaison, que dans plusieurs pays sahéliens, une démarche similaire a échoué à cause des « conflits ethniques et factionnels » sans fin.

Au niveau du ministère de l’Habitat, on explique un tel succès par les mesures de « fermeté et de transparence » qui ont émaillé cette opération dans l’ensemble de ses étapes, soulignant au passage qu’il s’agit d’un « passif urbain » qui a longtemps bénéficié de l’encouragement et de la protection de l’Etat et qu’il fallait tout de même solder à un certain moment.

La question qui se pose maintenant c’est de savoir si l’objectif affiché de clore le chapitre du recensement des « gazra » de Nouakchott avant la commémoration du Cinquantenaire de l’indépendance de la Mauritanie, le 28 novembre prochain, est un pari tenable ou non.















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