Gao : Le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’ouest (MUJAO) commence l’application de ce qu’il considère être la « loi d’Allah »


saharamedia
Mercredi 20 Juin 2012



Gao : Le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’ouest (MUJAO) commence l’application de ce qu’il considère être la « loi d’Allah »

Le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’ouest (MUJAO) dans la ville de Gao, capitale de l’Azawad, a commencé l’application de ce qu’il considère être la « loi d’Allah sur terre », en mettant en place des tribunaux religieux tranchant toutes les questions qui se posent chaque jour en fonction de la charia.

Pour cela, le centre de la police islamique poursuit les courbables, les arrête et les présente aux tribunaux où ils sont jugés.

 

Un soir, Mohamed, le chef du centre de la police islamique de Gao reçoit une plainte d’un groupe de cheikhs portée contre trois jeunes accusés de viol attesté par des témoins contre une jeune fille.

 

La jeune fille a été transportée à l’hôpital alors que les jeunes ont passé 24 heures dans la prison du centre de police islamique géré par le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) et commandé par Abu Mohamed, un Noir natif de Gao, tout comme le reste des membres du groupes qui se trouve avec lui dans ce poste de police.

Des taches de sang étaient visibles sur la chemise de l’un des jeunes, précisément celui qui a reconnu les faits. Ils avaient tout trois l’ai fatigué à leur sortie de la prison du poste de police pour être conduit en voiture vers la mosquée où ils doivent être jugés et punis « selon les préceptes de la charia ».

Leur montée en voiture a coïncidé avec l’appel à la prière d’El asr. Et quand ils ont quitté le centre de police, la voiture s’est arrêtée dans l’un des plus grands marché de Gao (le marché Washington) où elle a été rejointe par un groupe de plaignant exposant au juge (cadi) leurs plaintes alors qu’un groupe de curieux s’était agglutiné auprès du véhicule transportant ceux qu’Abu Mohamed avait qualifié d’adultères et qui cherchaient, durant cet arrêt de plusieurs minutes, à cacher leurs visages.

Les plaignants ont accompagné la voiture à la mosquée de Wiliguine, au quartier n°4, où attendait le cadi du MUJAO. Les trois jeunes se sont assis sur le ban des accusés, juste à l’entrée du tribunal. Après la prière du asr, tout le monde s’est dirigé vers le lieu indiqué pour la séance de jugement. La première affaire mettait aux prises deux hommes sur un différend matériel mais elle devait durer longtemps. Un temps durant lequel les trois jeunes étaient au centre d’un groupe formé d’hommes, de vieux et d’enfants.

Tous riaient des commentaires faits sur les propos du plaignant ou de l’accusé ou même du juge, des hommes de la « police islamique », des témoins. Certains prenaient des photos avec leurs téléphones portables ou des cameras.

La première affaire jugée avait fini par contraindre l’un des deux hommes en conflit à juger sur la Saint Coran. Ses hésitations et son refus de répéter les mots prononcés par le cadi (juge) qui tenait le Coran dans sa main, l’ont confondu et poussé le policier à lui ordonner de s’asseoir à ses côtés en tant que coupable reconnu des faits qui lui sont reprochés.

Ensuite, le représentant de la police a commencé à exposer l’affaire des trois jeunes, expliquant au cadi comment le viol s’est déroulé et les préjudices subis par la jeune fille.

Un témoin passe à la barre pour livrer son avis sur l’affaire après qu’Abu Mohamed le lui ai demandé ; ensuite, le cadi donne la parole aux accusés pour qu’ils se défendent. L’un d’eux avoue avoir violé la fille et déclare être marié.

Les deux autres reconnaissent seulement avoir « soutenu » l’acte, ce qui pousse le cadi à leur demander de jurer d’avoir dit la vérité. Ensuite, le verdict fut prononcé, à savoir la mort par lapidation pour le violeur marié et cent coups de fouets pour les autres.

Le cadi a saisi cette occasion pour expliquer à l’assistance certaines lois sur le « zina » (adultère). Alors le jeune reconnu des faits revient sur ses paroles pour dire que certains aspects « ne s’appliquent pas à lui », ce qui provoqua un fou rire au sein de l’assistance et lui valu des coups « de correction » de la part d’Abu Mohamed.

Le cadi ayant prononcé ce verdict a expliqué à Sahara média les éléments de l’affaire et répondant à une question relative à l’application de la sentence, il dit : « moi, j’ai prononcé le verdict en fonction de ce que dit le Coran mais je ne suis pas concerné par l’application » qui revient à d’autres, dans une allusion claire au MUJAO qui a la mainmise sur la ville de Gao.















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