Guinée : Doré persiste pour confier l’essentiel de la gestion du second tour de l’élection présidentielle au MATAP


saharamedia
Mercredi 25 Août 2010



Guinée : Doré persiste pour confier l’essentiel de la gestion du second tour de l’élection présidentielle au MATAP

Le premier ministre Doré a réussi à mettre sur pied hier lundi une commission autour de son idée de prendre un décret d’application de l’article 2 du code électoral. Composée de représentants de la présidence du gouvernement, du CNT, de la CENI, de la primature, cette commission se réunira ce mardi dans la salle des actes du Palais du peuple pour réfléchir sur un projet de décret qui fixera les « compétences techniques » du ministère de l’administration du territoire et des affaires politiques( MATAP) en matière électorale.

 

L’article 2 du code électoral, faut-il le rappeler, stipule que : « La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) est l’Institution chargée de l’organisation de toutes les élections politiques et du référendum en République de Guinée. Elle est techniquement aidée par les départements ministériels concernés par le processus électoral notamment le ministère en charge de L’administration du territoire. »  Hier lundi, le porte-parole du groupe international de contact sur la Guinée Ibrahima Fall, interrogé par la presse, s’est dit « préoccupé parce que les conditions de l’organisation du second tour semblent se compliquer ». Cela, d’autant plus qu’il existe déjà un protocole dans lequel sont précisés les domaines dans lesquels la CENI souhaite que le MATAP intervienne, précise Fall. Aujourd’hui, les observateurs craignent que le fait de confier des prérogatives importantes au MATAP ne constitue un recul de la démocratie en Guinée. « C’est la CENI qui est malade, c’est elle qu’il faut soigner. Il ne faut pas se tromper pour faire gérer les élections par le pouvoir exécutif, sinon ce sera un fâcheux précédent. En le faisant, le président élu aura tout le loisir d’utiliser son MATAP, à lui, pour gagner toutes les élections à venir, à commencer par les prochaines législatives. Il pourra même, avec son MATAP, passer le pouvoir à qui il veut quand il sera en fin de mandat. A mon avis, c’est la compétence technique et l’indépendance de la CENI qu’il faut plutôt renforcer », souligne un juriste.

Amadou Tham Camara

Conakry, Guinée

 















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