(Halte au clientélisme)


saharamedia
Dimanche 13 Juin 2010



L'éditorial de Biladi n° 526

Le président de la République s’était déplacé, mercredi dernier, à Rosso, capitale du Trarza, afin de lancer la campagne agricole 2010-2011 et pour affirmer, avec force, l’engagement du gouvernement pour soutenir l’agriculture. La brève intervention, qu’il a faite aux medias au terme de son voyage, illustre bien sa connaissance parfaite du dossier. Surtout lorsqu’il avait dit que cette année constitue encore une phase expérimentale qui permettra au pouvoir d’ajuster le tir, si cela s’avérerait nécessaire.

Les professionnels du secteur ne cachent pas leur satisfaction même s’ils estiment que d’autres volets importants pour la réussite de la campagne agricole en vue. A ce propos, ils évoquent particulièrement la prise en charge des dégâts que peuvent provoquer les catastrophes naturelles et le problème de la commercialisation…

Mais au-delà des problèmes de l’agriculture, la dernière visite du président a été marquée par l’envahissement de la région par les gens de Nouakchott qui faisaient ainsi signe de leur allégeance au chef. Un style archaïque, qu’on croyait révolu à jamais, mais qui est en train de refaire surface d’une manière plus intense et plus vulgaire que par le passé. Ce n’est un secret pour personne: les politiques, notables ou autres fonctionnaires de l’administration cherchent, par ces moyens tordus, à s’attirer la faveur des régimes. Et ils avaient toujours réussi à finir par se faire entendre par les gouvernants généralement sensibles aux éloges même s’ils savent pertinemment qu’elles ne correspondent à rien…

On ne peut pas reprocher aux applaudisseurs d’être ce qu’ils sont : de vils individus au service du dernier venu. C’est leur vocation, c’est leur ambition, c’est leur choix et c’est peut être même leur raison d’être. Mais on ne peut, par contre, que reprocher au président Aziz, un homme atypique, de jouer leur jeu et d’accepter de céder à leurs sirènes. Pourquoi n’a-t-il pas imposé une nouvelle manière de faire ? Est-ce qu’il n’est pas en train de se faire convaincre par les applaudisseurs et autres gens qu’ils dénigraient à longueur ?

Difficile de ne pas croire à cette hypothèse. Surtout si l’on suit les nominations dans les postes administratifs qui ne peuvent répondre, eu égard à la médiocrité des promus, qu’aux seuls critères du clientélisme et de la récompense.

 















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