Ici Gossi : les derniers moments tragiques de l’avion d’Air Algérie


Gossi (Mali)-Ethman Ag Mohamed Ethman
Dimanche 27 Juillet 2014


Le gilet de sauvetage est encore intact, au milieu d’un océan de débris et de désolation. Comme la voit les passagers quand stewards et hôtesses leur expliquent les consignes de sécurité avant tout décollage.


Ici Gossi : les derniers moments tragiques de l’avion d’Air Algérie
Des consignes qui généralement n’intéressent pas ces passagers et, de toute évidence, ceux du vol AH5017 d’Air Algérie n’ont pas accordé d’importance à ces recommandations, parce que, tout simplement ils suivent une ligne entourée de tous côtés par les sables. Les océans sont loin d’ici.
Le gilet de sauvetage est l’un des rares objets sortis indemnes de ce tragique accident qui a coûté la vie à quelque 116 personnes dont 54 Français.
Quand on s’est approché du lieu du drame (100km de Gao), le calme régnait sur des centaines, voire des milliers de kilomètres carrés à la ronde.
Un voyage de 12 heures à travers trois pays a permis à Saharamédias d’être le premier média présent sur les lieux du drame. Tous les médias du monde s’appuyaient sur les seules ressources disponibles à savoir les sources officielles et l’armée.
Le voyage a débuté à 3 heures à l’aube à partir de la capitale du Niger Niamey pour arriver à la frontière avec le Burkina Faso à 8 heures 30 du matin et pour être à Gibou où se trouve le camp des réfugiés maliens (venant de l’Azawad) le lendemain aux environs de midi.
Deux heures pour rechercher des témoins oculaires dans cette tragédie aérienne ou, à défaut, trouver un guide. Tous ont refusé cependant de se diriger vers ce lieu du drame, excepté deux jeunes qui ont accepté de se déplacer vers ce lieu à 3 heures de l’après midi. Et après avoir parcouru 70 km dans les terres maliennes, nous avons compris que nous étions tout près du lieu.
Une zone difficile d’accès surtout que la pluie était tombée il y a un jour. Mais le sable soulevé par quatre tout-terrain attestaient qu’on était sur la bonne voie, surtout quand on a appris que c’était le convoi du président burkinabe Blaise Compaoré.
Nous sommes arrivés un peu avant le coucher du soleil en même temps que des hélicoptères français qui commençaient à survoler les lieux et après avoir compris qu’il ne s’agit pas d’éléments terroristes, ils nous ont laissé. Au premier poste de contrôle, on remarque que les Français sont maîtres des lieux et que les Maliens se suffisent d’une présence symbolique. L’officier nous a accueillis avec politesse et après avoir téléphoné au colonel, il nous accompagne vers cet homme responsable de la prise des photos.
Ici, le lieu a commencé à livrer ses secrets et nous avons eu une idée de l’ampleur du drame. Une heure à visiter le lieu du drame d’une superficie de 500 m2 permet de faires des premiers constats. Un billet de 100 dollars US à moitié consumé, une chaîne en or qui ornait la poitrine d’un passager, les restes d’un passeport d’un voyageur libanais…
Les traces des pluies montrent que le climat n’était pas bon ces derniers jours. Elles laissent présager un bon hivernage alors que pour l’instant elles sont peut être à l’origine de la tristesse qui frappent des dizaines de familles.
Sur les lieux du drame, tout s’est transformé en ruines et cendres, même le fer, à l’exception de quelques parties de la structure de l’avion. Au milieu de ces décombres, impossible de mener des recherches pour découvrir des corps.
Des bédouins déclarent avoir vu, le jour d’après le drame, des corps éparpillés mais les travailleurs des Nations unies disent qu’il n’en était rien. On peut s’estimer heureux d’avoir pu circuler sur les lieux du drame, chose qui n’est même pas permise aux militaires.
La zone s’est transformée en une zone militaire fermée par les forces françaises qui a fait appel à 24 gendarmes spécialistes dans la reconnaissance des corps suite à des catastrophes aériennes. Eux-mêmes sont sécurisés par des forces de la MISMA et des éléments de l’armée malienne et de celle du Burkina Faso.
Les français ont commencé par utiliser un drone pour que les piétons ne puissent pas entrer sur les lieux et perturber les indices et les objets.
Un haut gradé des forces onusiennes a déclaré que les membres de l’équipe d’enquête vont rechercher les corps ou plus précisément les restes humains en vue de déterminer où ils seront enterrés. Il est prévu que les forces françaises sécurisent les lieux au moins 10 jours encore, selon l’officier responsable.
 














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