Immigration clandestine : 12 Africains dont 3 Maliens meurent dans le désert algérien


saharamedia
Lundi 16 Août 2010



Douze ressortissants africains, candidats à l’émigration clandestine en Europe, sont morts de soif dans le désert algérien. L’annonce a été faite par deux survivants qui ont pu regagner le nord du Mali.  « Nous avons quitté la ville (malienne) de Kidal. Nous sommes rentrés par notre propre voie en Algérie. Entre la frontière algérienne et la ville de Tamanrasset, le camion est tombé en panne », a raconté “Ahmed”, un chauffeur-transporteur de clandestins, très connu dans le milieu entre le Mali et l’Algérie.

 

« L’eau était terminée. La nourriture aussi. Douze personnes sont mortes. Seul moi et un passager avons pu survivre », a-t-il poursuivi. Le passager, Etienne, un ancien étudiant qui tentait sa “chance” pour aller en Europe a précisé que les personnes décédées étaient « trois Camerounais, trois Maliens, deux Ivoiriens, deux Sénégalais, un Gambien et un Guinéen ».

Malgré les risques permanents de faim, de soif et d’agression, le trajet entre le nord du Mali et l’Algérie reste l’une des routes fréquemment empruntées par les candidats à l’émigration clandestine vers l’Europe. Mamadou Diakité, président de l’Association des initiatives de développement au Mali, une association qui vient en aide aux migrants africains à Bamako, et les sensibilise aux difficultés du voyage vers l’Europe estime qu’il y a eu «un relâchement dans les activités de prévention et qu’i faut offrir une alternative crédible à ceux qui prennent le risque de partir ».

Cet incident n’est qu’un épisode du tragique quotidien des candidats à l’immigration clandestine. Lorsqu’ils ne sont pas morts de soif, ils sont arrêtés par les services de sécurité. 111 d’entre eux ont subi ce sort à Tamanrasset durant le mois de mai 2010, selon la Gendarmerie nationale. Des personnes de 48 nationalités différentes, dont des Asiatiques, transitent par le territoire national. Mais 70% de ces immigrants clandestins viennent du Mali et du Niger et se fixent de manière définitive en Algérie. C’est la conséquence des barrières dressées en Europe pour contrer les flux migratoires en provenance d’Afrique, selon un article de lexpressiondz.com.

Les clandestins en provenance de pays subsahariens se sédentarisent souvent en Algérie en attendant une brèche vers l’Europe. Entre 2006 et 2009, ce sont 29.463 immigrants clandestins qui ont été, soit expulsés, soit reconduits aux frontières.

Ce dossier de l’immigration clandestine préoccupe non seulement les forces de sécurité mais aussi les chercheurs. D’ailleurs, le Centre de recherche en économie pour le développement compte organiser un colloque sur le thème de la migration et du développement en Afrique. Il aura lieu à Tamanrasset du 19 au 22 octobre 2010, indique lexpressiondz.com. Dans le dossier de présentation du colloque disponible sur le site du Centre, il est écrit que par sa situation au carrefour de quatre aires géographiques: africaine, méditerranéenne, arabe et maghrébine, l’Algérie connaît les trois mouvements classiques des migrations: départ, accueil et transit. Il est ajouté que le pôle africain est traversé présentement par une multitude d’initiatives qui méritent qu’on s’y attarde pour la production d’une connaissance scientifique à la fois objective et réaliste, loin des discours de circonstance.

Synthèse B.Daou

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