Insécurité alimentaire au Sahel


saharamedia
Mercredi 5 Mai 2010



"Le Sahel peut se nourrir, il peut dégager des surplus de production », dixit le CILSS.

Selon le secrétaire exécutif du Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel(CILSS), le Pr Alhousséïni Brétaudeau, pour venir à bout de l’insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest, plus particulièrement au Sahel, il faut équilibrer les flux commerciaux céréaliers dans la région, investir dans l’agriculture, le tout agrémenté d’une bonne dose de solidarité.

Une rencontre de concertation sur la situation alimentaire et nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l’Ouest a examiné tous les résultats de la campagne agricole (2009-2010) au niveau de l’ensemble des États du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. Et globalement, la production agricole au Sahel est estimée à 16 millions de tonnes. Ce qui constitue une baisse de production de 9% par rapport à celle de l’année dernière mais une hausse de 11% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Mais cette production assez importante au Sahel cache certaines disparités. Dans certains pays comme le Burkina Faso ou le Mali, la production agricole a été forte, mais il y a malheureusement des poches de déficits importants. Par contre, dans des pays comme le Niger ou le Tchad, la situation est beaucoup plus grave car le déficit par rapport à la moyenne est important. Au Niger (où sévit une famine endémique) par exemple, un déficit de plus de 20 millions 300 000 tonnes par rapport à la production de l’année passée a été noté. Dans ces pays, il y a donc des populations vulnérables à qui il faut apporter un appui.

Pour essayer de résorber la situation préoccupante de l’alimentation en Afrique de l’Ouest et au Sahel, il faut, souligne le Pr Alhousséïni Brétaudeau, « faire fonctionner correctement les circuits des marchés. Il faudrait que les productions puissent circuler assez librement des zones de production vers les zones déficitaires ». Toutes les autorités régionales sont à pied d’œuvre, en collaboration avec les États et l’appui technique du CILSS, pour veiller à la bonne circulation des denrées alimentaires des zones de production vers les zones déficitaires. Le secrétaire exécutif su CILSS espère que tous les « États sahéliens soient solidaires et puissent s’apporter une aide mutuelle ».

L e CILSS réfléchit déjà avec tous les pays à la mise en place d’un réseau qui s’attellera à la gestion des différents stocks nationaux. Et qui va éventuellement aboutir à la création d’un stock régional. Et ce stock va permettre de répondre beaucoup plus aisément aux situations d’urgence comme c’est le cas cette année.

« Je crois que l’espoir est permis si nous arrivons à mettre en œuvre l’ensemble des programmes d’investissement qui sont prévus pour le financement de la campagne agricole. Le Sahel aujourd’hui, et j’insiste là-dessus, peut se nourrir, il peut dégager des surplus de production », a déclaré le Pr Alhousséïni Brétaudeau,.

Néanmoins, plus qu’une menace, le spectre de la famine s’installe dans cette bande sahélienne, allant du Tchad à la Mauritanie, en passant, entre autres, par le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Du fait de l’avancée inexorable du désert et de la rareté des précipitations, les déficits céréaliers sont devenus récurrents, dans ces pays essentiellement agricoles. De ce fait, les maigres récoltes engrangées lors des fins de saison marquées par la rupture brutale des pluies, fondent vite comme beurre au soleil. Ce cycle infernal dure depuis bien des années, engluant les populations du Sahel dans un état d’insécurité alimentaire sans borne. Cette année, c’est malheureusement le statu quo, avec la méningite en plus, dans certains pays comme le Burkina. Ce sont des dizaines de millions d’âmes qui seront, une fois de plus, visitées par la famine. Et comme à l’accoutumée, dans ces genres de crise, ce sont les couches les plus démunies, qui sont, évidemment, les plus touchées.















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