Interview avec Mr Lemrabott O. Med El Hacen


Ahmed Beddi
Mardi 3 Septembre 2013



 
Les élections prévues pour fin Novembre 2013 font annoncer beaucoup de candidatures aux postes électifs. A travers ces prochaines épreuves, verrons – nous émerger une nouvelle classe politique plus valable que les précédentes ?
 
Interview et réflexion de Mr Lemrabott O. Med El Hacen.
 
- Question: Vous –vous êtes porté candidat semble –t-il à la candidature UPR pour       la Mairie de Tidjikja, est – ce vrai ?
 
- Réponse : Effectivement
 
- Question : Mais depuis quand vous êtes UPR ?
 
- Réponse : Vous ne savez peut – être pas que je fus candidat à la candidature UPR  au poste de sénateur il y a près de deux ans. Et depuis, j’y suis resté.
 
- Question : Mais vous êtes plutôt connu pour être un homme de lettres, un homme  de culture, un chercheur. Alors, cela va – t-il de pair avec la politique ?
 
- Réponse : Et comment ! De tout temps et dans toutes les grandes civilisations de ce monde, deux domaines apparentés ont toujours été l’apanage des lettrés et le champ où ils réussissent le mieux : La politique et la diplomatie.
Rappelez – vous Hammourabi, Mausole, Artemissia, Saluste, le Khalife Abou Bekr (historien et généalogue), Omar Ibn Abdel Aziz (Faghih), Nizham El Moulk, Lamartine, Thomas Jefferson, André Malraux, Mao, Chouen Laï, Senghor, Mitterrand, Haykal, Ahmed O. Sidi Baba, Baba Miské et j’en passe. Je ne me compare point du tout à cette haute trempe, bien loin de moi une telle prétention qui serait un véritable lèse majesté impardonnable. Mais juste pour vous donner des exemples édifiants.
Ceci dit et nonobstant cela, je ne pense pas que le poste de maire soit aussi politique, que ceux de député ou de sénateur. Surtout dans les localités intérieures des pays sous-développés du tiers monde.
Voyez – vous, j’ai personnellement mon opinion particulière quant au profil adéquat du maire qu’il faut pour des villes comme Tidjikja, Atar, Boutilimit, Bababé, Maghama, Kiffa ou Aioun….
Je crois sincèrement que les enjeux qu’imposent universellement la mondialisation et les défis qu’affrontent de telles localités font que le choix du maire qui est somme toute le responsable le plus confronté aux problèmes de la vie quotidienne des populations mérite une attention toute particulière et doit donc répondre d’abord à des critères de qualité de compétence et de « personnalité » :
 
*  Il doit nécessairement être d’un bon niveau intellectuel qui lui permette une certaine hauteur d’analyse et de distinction pour pouvoir être à même de bien faire son travail.
*  Il doit bénéficier d’une assez bonne renommée dans sa localité additionnée à un large réseau d’amitiés dans le pays. Bref, un homme de relations.
*  Il ferait bien de jouir d’une large connaissance des différentes composantes sociales de sa municipalité et bien au fait de leurs réalités, de leurs problèmes et de leurs aspirations.
*  Il doit lui-même présenter une personnalité équilibrée. Bref, un homme mesuré, modéré bien sûr, mais aussi dynamique, créateur, juste, accessible à tout moment et disposé à coopérer convenablement avec les autorités qui lui faciliteront la tâche.
*  Il doit être juste, intègre, "propre", probe et peu porté sur l’argent.
*  Il doit surtout et c’est là le fond avoir un programme d’action fiable et viable. Car vous savez, « on fait la science avec des faits comme une maison avec des pierres ; mais une accumulation de faits n’est pas plus une science qu’un tas de pierres n’est une maison ».
* Les maires de nos localités doivent donc être capables de situer les atouts et les difficultés de leur terroir, concevoir les solutions appropriées, monter des projets, des plans d’action, des programmes, savoir bien élaborer et des requêtes de financement et des dossiers convaincants auprès de l’Etat et des partenaires au développement. Mais ce n’est fini. Une fois les financements obtenus, ils doivent se considérer et agir comme des chefs de chantier qui suivent et veillent eux-mêmes sur la bonne réalisation des projets – et non comme des chefs traditionnels ou des seigneurs du moyen – âge.
Ces projets doivent concerner le développement de base dans les domaines de l’éducation, de l’eau, de la santé, des infrastructures, de l’agriculture, du tourisme, de la jeunesse etc…..
 
C’est cette race de maires qu’il faut pour un président des pauvres, pour un gouvernement de construction, pour une nation moderne naissante. Et non pas des gens choisis pour des considérations politiciennes tribales, claniques ou familiales étroites.
 
C’est donc vous dire combien le poste de maire est « technique » si je puis dire, plutôt que politique.
 
- Question : On voit que vous parlez bien d’une race nouvelle. C’est beau, mais les partis au pouvoir nous ont toujours habitués à des candidats, de type traditionnel peu outillés et à nous les imposer. Cette fois ne sera certainement pas une exception.
 
- Réponse : Là, je ne serais pas tout à fait de votre avis. Ne soyons pas alarmistes. Je crois qu’il y a une réelle volonté de changement et de renouvellement qui, si elle est maintenue, favorisera sans doute l’injection d’un sang nouveau et l’émergence d’une nouvelle classe politique plus compétente, plus préoccupée par le développement et le progrès et plus proche des citoyens.
Les choix qui seront opérés donneront une idée. Alors patientons et soyons positivistes et optimistes.
 
- Question: Si vous êtes choisi, vous allez applaudir les yeux fermés ? Vous allez  toujours soutenir ?  
 
- Réponse : Ecoutez, je crois que la bienséance, le respect et la bonne conduite sont des mœurs dont l’observance est bien indiquée pour tous. N’est – ce pas ?
Je crois aussi qu’on doit être solidaire de son parti et de ses alliances politiques d’une manière à la fois responsable et durable. Ce ne serait que de combat loyal. N’êtes – vous pas de mon avis ?
Je suis sûr que si on soutient avec des actes concrets à l’appui et avec des paroles et des écrits bien ordonnés, bien orientés et aux lieux et moments appropriés, cela tiendrait auprès de ceux qui écoutent et qui observent bien mieux qu’avec la véhémence, l’extravagance et les grossièretés.
 
- Question : Voyez-vous que vous êtes le meilleur et que l’UPR va vous choisir ?
 
- Réponse : Soyons sérieux. Non, je ne me crois pas meilleur que les autres, loin s’en faut. Je crois simplement que je peux travailler et que je connais bien mon bled. Voilà toute ma prétention. Pas plus. Quant au second pan de votre question, je répondrais que la décision finale appartient aux hautes instances du parti. Nous verrons Inchaa Allah quels choix elles feront.
 
- Question : Vous faites une longue traversée de désert !
 
- Réponse : Et alors ? Et puis croyez – moi, çà n’a pas que des inconvénients, car sans la souffrance, l’homme ne peut être heureux, puisqu’il n’aurait pas conscience de son bonheur.
 
 
 














GABONEWS APAnews