Kaédi : Calme précaire après trois journées d’affrontements entre la police et les militants de « Touche pas à ma nationalité »


saharamedia
Mardi 27 Septembre 2011



Kaédi : Calme précaire après trois journées d’affrontements entre la police et les militants de « Touche pas à ma nationalité »

Un calme précaire règne, dès les premières heures de cette journée de mardi, sur la ville de Kaédi après trois jours d’affrontements entre les forces de sécurité et les militants du mouvement « Touche pas à ma nationalité ».

Pour ramener la tranquillité dans la capitale du Gorgol, wilaya du sud de la Mauritanie, les autorités de Nouakchott ont envoyé des renforts de la garde et de la gendarmerie pour prêter main forte à la police apparemment débordée par l’ampleur d’un tel mouvement de protestation contre les opérations d’enrôlement.

Un accord a été trouvé entre les dirigeants du mouvement « Touche pas à ma nationalité » et les élus locaux consistant à mettre un terme à toutes formes de manifestations jusqu’à cet après-midi. En contre partie, les autorités s’engagent à libérer l’ensemble des personnes arrêtées au cours des manifestations des journées passées.

Mais une source sécuritaire, qui a préféré gardé l’anonymat, a indiqué à Sahara média que les autorités administratives et sécuritaires ne se sentent pas engagées par un quelconque accord en contradiction avec la loi. Cette source a ajouté que parmi les individus arrêtés, « certains sont convaincus d’avoir trempés dans des actes touchant à la sécurité publique et à l’atteinte des biens de l’Etat ».

La présence d’une unité de la gendarmerie à la gare routière de Kaédi a été vue par certains commerçants comme une volonté des autorités de « sécuriser l’environnement du marché de la ville », mais les boutiquiers rechignent encore à ouvrir leurs commerces de crainte d’être pris pour cible dans de nouvelles confrontations. De même la gare routière est quasi vide, après avoir été le théâtre d’affrontements et de saccage au cours des premiers jours des manifestations.

Certains transporteurs ont quand même trouvé une solution consistant à créer une nouvelle « gare »à l’entrée de la ville et une autre dans les alentours de la zone administrative relativement bien protégée.

Cette crainte d’une subite reprise des « hostilités » entre manifestants du mouvement « Touche pas à ma nationalité » et les forces de sécurité fait que toutes les représentations de banques à Kaédi restent fermées alors qu’une seule station d’essence assure une sorte de service minimum, avec ordre de vendre des quantités limitées aux véhicules.

D’un autre côté, le nouveau directeur général de la sûreté, le commissaire Ely Ould El Moctar, a entamé son travail, ce mardi matin, par une tournée dans les différents quartiers de la ville de Kaédi et un passage sur les lieux qui ont été touchés par les manifestations.

En attendant la fin du délai donné par les militants de « Touche pas à ma nationalité » pour voir leurs amis libérés, la ville de Kaédi vit dans une angoisse telle que tout le monde a l’impression que la capitale du Gogol est divisée en deux parties : celle où habite la majorité des populations négro-africaines contestant l’enrôlement des populations, et l’autre, où vivent les populations maures (notamment le quartier Nezaha), les commerçants, les hauts cadres de l’administration et les étrangers.















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