L’ARABISATION … L’ESCLAVAGE !


saharamedia
Mardi 27 Avril 2010



L’ARABISATION … L’ESCLAVAGE !

 

Brahim Ould Bilal Ould ABEID

Professeur de Philosophie

Vice Président SOS DISCRIMINES

 

 

Le système d’arabisation, instauré en 1979, est en train de donner ces fruits maintenant ! Ceux qui l’ont choisi doivent être honnêtes, comme tout bon Musulman, et donc évaluer les résultats de leur politique.

 

Les militaires, leurs idéologues Nasséristes et baathistes qui avaient le pouvoir à l’époque doivent assumer leurs responsabilités face à cette arabisation à outrance du système éducatif et dont nous vivons aujourd’hui les effets négatifs, surtout en termes de mise en mal de l’unité.

Ceux-ci ont sûrement tiré profit de cette orientation. Lettrés en arabe, il leur fallait tout simplement venir des brousses, faire un tour au Maroc et revenir pour être nommer directement Hakem, Wali, magistrat ou Ministre ! Et voila les bergers d’hier prendre les commandes de l’Etat. Si le français était obligatoire, ces derniers allaient devenir, au plus, gardiens ou dockers ! En fait, se contenter de ces travaux réservés aux Haratines.

C’était une discrimination positive pour que ces centaines de fils de grandes familles occupent la place qui sied à leur statut. Au lieu d’instaurer une formation bilingue pour laquelle il faut beaucoup de temps, on opte pour un raccourci qui consiste au changement du système pour eux. Et tant pis pour les conséquences futures !

Résultat, nous avions obtenu deux systèmes d’administrations :

Une administration traditionaliste au centre, à l’est, et au nord de la Mauritanie, des administrateurs sans grande culture, ni patriotisme et aux services des féodaux esclavagistes qui trouvent en eux une force de frappe les aidant à maintenir leur autorité héritée d’un passé peu glorieux. Cette situation a pour conséquence l’exclusion des couches sociales qui n’ont aucun accès à une administration qui, dans les faits, n’est pas là pour eux. Voila pourquoi il n’y a eu aucun changement et que les esclaves qui constituent la majorité de ces couches n’avaient d’autres choix pour se libérer que la fuite.

Au sud, une administration de type coloniale, ou des populations noires sont dirigées par des Maures Blancs arabisants, complexés par leur ignorance et leur incompétence, et souvent racistes. Ils considèrent les Négros africains comme des étrangers et les Haratines des esclaves qui n’ont aucun droit.

Voila les raisons du rejet de l’arabe par ces populations négros africaines. C’est par l’arabe par ailleurs que les Haratines étaient maintenus en esclavage. Les Négros africains étaient mal traités, humiliés, déportés et dépossédés des fruits de leur labeur par cette catégorie d’administrateurs.

Pour les Haratines de façon particulière, la réforme de 79 leur a été imposée comme on leur a imposé le tribalisme et le racisme. De même qu’on les a manipulés pour affronter les Négro-africains en 89.

Pour ce qui est du système éducatif, il faut le reconnaître, c’est un échec cuisant, puisque nous nous sommes retrouvés en fin de compte avec deux écoles distinctes. Deux Mauritanies. Les Négro africains font l’école Bilingue, les Maures font l’école arabisante et les Haratines suivent leurs maîtres, qui décident pour eux, mais ne partagent rien avec eux.

Et voila qu’aujourd’hui au niveau de l’université nous avons deux systèmes distincts : les porte-drapeaux de l’arabisation qui sont surtout des Maures et les francophones qui sont des Négro africains. Ce qui est grave, très grave même, est que cette divergence a un caractère ethnique clair.

Nos décideurs qui avaient pressenti l’échec au moment de l’instauration de cette réforme séparatiste sont allés inscrire leurs enfants dans les écoles privées bilingues et même à l’Ecole française. Les Haratines, pauvres suivistes, sont en train de ramasser les pots cassés d’une scolarisation au rabais voulue par leurs Maîtres. Ils récoltent les fruits d’une politique orchestrée en leur totale absence.

De toutes les façons, nous n’avons rien contre l’arabe, c’est la langue de notre sainte religion et le vecteur de notre culture, mais c’est par l’arabe et la religion qu’on nous asservit et il nous faut du temps et de la volonté manifeste pour faire oublier que se sont les Cadis, les préfets, les gendarmes, les directeurs d’écoles et les autres gouvernants, tous éduqués en arabe, qui nous ont gardés dans cette situation. L’Etat n’a servi jusqu'à présent que ces esclavagistes qui ont toujours fait de l’esclavage un fond de commerce. Les chefs de tribu sont surtout des maîtres qui ont été soutenus matériellement et politiquement par l’Etat pour garder leurs sujets. C’est au nom de ces esclaves qu’ils demandent des puits des digues, des écoles, des dispensaires, des mahadras, des mosquées…  Messieurs les esclaves, «  je suis à votre service, j’ai tout fait pour vous », mais, ce qu’il ne dit  pas c’est : «  gare à celui qui s’oppose à moi ou qui n’obéit pas à mes caprices ». Et, en définitive, tout est au nom du chef c’est lui le propriétaire des terrains.

Voila le résultat de l’arabisation et voila ce que nous reprochons à l’arabe et c’est la raison pour laquelle nous sommes passifs ces derniers jours !!

L’avenir de la Mauritanie nous inquiète beaucoup, mais nous ne sommes pas des Mauritaniens comme tout le monde. Nous avons un problème de statut d’abord ! Qui sommes-nous ? Comment peut-on rattraper ce retard ?

Tant que nous sommes considérés comme une chasse gardée pour nos anciens maîtres, qui trouvent en nous le moyen indispensable pour se réclamer majorité, en nous refusant en même temps d’être au moins la minorité de la majorité, le statut du Haratine restera indéfinissable.

Sa redéfinition doit commencer par notre reconnaissance en tant qu’entité à part, Négro africains par origine et même cousins directs des Négro africains; arabes de Mauritanie par culture et alors cousins des Maures blancs. Nous sommes alors le ciment de l’unité nationale.

Si nous considérons que la Mauritanie est un trait d’union entre le Monde arabe et l’Afrique noir, les Hratines sont le trait d’union entre les Maures blancs et les Négros africains de Mauritanie.

Voila le statut que nous réclamons, et nous avons toutes les prédispositions pour l’assumer !!

Et pour la langue, nous exigeons l’enseignement de l’arabe pour tous les Mauritaniens, mais le français et/ou l’anglais obligatoires pour tous, nous voulons produire des Mauritaniens aptes a travailler dans les institutions internationales, nous voulons être présents dans le monde par notre savoir, à l’image de Abdallahi Ould Boyé, Ahmedou Ould Abdalla et Toka Diagana… Nous ne pouvons pas être plus arabes que les Egyptiens et les Tunisiens. Ils sont de parfaits bilingues tout en restant arabes. Nous voulons une société où les médiocres n’ont pas de place. Fini le temps de l’ENAP (école d’administration au Maroc) et ses semblables en Egypte et en Iraq.

 















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