L'Afrique noire, nouvel eldorado des cartels de drogue latinos


saharamedia
Dimanche 4 Juillet 2010



La cocaïne sud-américaine transite vers l'Europe via les Etats côtiers corrompus. Barack Obama l'a dit en juin : le fils de l'ancien président guinéen, Lansana Conté, est un « baron de la drogue ». Exactement comme les chefs des cartels mexicains ou colombiens. Comment l'Afrique de l'Ouest a-t-elle basculé entre les mains des narcotrafiquants ? Pourquoi l'Europe a-t-elle tardé à réagir ?

 

A première vue, il n'y a rien à voir mais tout à compter : en 2010, 39% de la cocaïne produite dans le monde est consommée en Europe, comme aux Etats-Unis. En une décennie, les cartels sud-américains sont parvenus à inonder le marché du Vieux continent en baissant les prix par l'augmentation de l'offre. Résultat : le gramme de coke coupée se négocie entre 30 et 70 euros. La drogue est devenue accessible au plus grand nombre.

En Afrique, l'Etat faible, une plate-forme idéale pour la drogue

Pour réussir ce tour de force, il fallait fluidifier les voies du transit, en multipliant les routes empruntées par la marchandise. D'un schéma classique -route maritime directe-, la logistique des cartels s'est beaucoup développée en Afrique. Par camions, par bateaux, par avions... tous les moyens sont bons. Pourquoi l'Afrique ? Parce que l'Etat y est faible selon Christophe Champin, journaliste à RFI, auteur d'une longue enquête sur le trafic de cocaïne en Afrique :

« L'Afrique de l'Ouest est alors apparue comme une plate-forme idéale : elle est proche de l'Europe, les Etats y sont fragiles avec des structures faibles et une corruption forte. C'était donc facile de s'implanter pour en faire une plate-forme de stockage et de redistribution. »

Plusieurs Etats sont en première ligne, à commencer par les Etats côtiers :

« Il y avait le Cap-Vert au début des années 2000. Puis la Guinée-Bissau est apparue comme une possibilité, car c'est un pays où l'Etat est très faible. Une forme de zone grise, avec une façade maritime intéressante grâce à un chapelet d'îles sur lesquelles il y a des pistes d'atterrissages de fortune, construites par les Portugais pendant la guerre d'indépendance.

Aujourd'hui, les élites bissau-guinéennes -l'Etat et les militaires- sont complètement impliquées dans le trafic. »

 















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