L’Initiative Femmes Paix Unité et Concorde Nationales « On n’est plus prêt à revivre les horreurs des années 87-90 »


saharamedia
Samedi 17 Avril 2010



Les sorties du premier ministre et de la ministre de la culture continuent de susciter une levée de boucliers au sein du pays. Les réactions d’indignation se multiplient. La dernière en date est celle de l’Initiative Femmes Paix Unité et Concorde Nationales (IFPUCN). Cette initiative dénonce dans une déclaration parvenue à Sahara Media les prises de position récentes du Premier Ministre mauritanien, relayées par la Ministre de la culture à l’occasion de la journée internationale de la langue arabe et remettant en cause l’identité arabo-africaine de la Mauritanie.

Ces propos ont, selon les membres de cette initiative, «  réveillé les vieux démons de division entre les composantes ethniques de la société mauritanienne dont certaines souffrent toujours des conséquences des politiques ségrégationnistes et les graves violations des droits de l’homme commises en Mauritanie ». L’Initiative Femmes Paix Unité et Concorde Nationales (IFPUCN) a salué le retour de nos compatriotes déportées au Sénégal et s’est impliquée dans ce processus tout en fondant des espoirs que le pouvoir actuel allait s’atteler à la résolution de la question nationale avec toutes les parties mauritaniennes soucieuses de l’intérêt général de notre pays. Les femmes de l’IFPUCN pensent que le « vrai défi aujourd’hui est l’édification d’une Mauritanie indépendante, prospère, ancrée dans le développent durable, nourrissant tous ses fils unis et épanouis. Aucune composante de ce pays ne doit se nourrir de la haine de l’autre et de son exclusion. La promotion d’une langue ne doit pas être le prétexte pour l’élimination de celui qui est perçu comme différent. Certes la langue arabe est notre langue officielle et doit occuper sa place véritable dans notre pays, au-delà des discours improvisés et démagogiques, objectivement, et sans faire le jeu des chauvins de tous bords. En même temps les autres langues nationales doivent être promues, développées et officialisées dans le respect de l’unité de la Mauritanie, tout en reconnaissant la nécessité du maintien du français en tant que langue de travail et langue d’ouverture », souligne-t-elle. De l’avis de l’IFPUCN, « de nouveaux risques de cassures sociales planent. Nous en sommes encore à ce tournant où les passions et les rancœurs sont entrain d’être ravivées par les éternels fossoyeurs de l’unité de ce peuple dont les composantes ont une histoire commune et plus, des liens de sang indéniables ». Dés lors, nous devons « demeurer vigilants et intraitables par rapport aux questions touchant l’identité plurielle de la Mauritanie et la justice sociale en barrant la route aux groupes qui n’hésitent pas à brader la souveraineté de la Mauritanie, et semer la haine raciale au nom de l’arabe qui est la propriété de tous les musulmans voir toute l’humanité », ajoute la déclaration. Pour bon nombre de mauritaniens, le pays a entamé la dernière marche vers le chao, lit-on dans le document, mais, « nous femmes mauritaniennes issues de toutes les ethnies du pays et de tous les horizons socioprofessionnelles, sommes convaincues qu’il existe encore des hommes et des femmes qui ne demandent qu’à ce qu’on leur accorde le droit de servir et d’aimer leur pays menacé ». Le Bureau Exécutif de l’IFPUCN lance un appel à tous, acteurs politiques, syndicalistes, étudiants, société civile, citoyens et citoyennes, pour leur dire que le peuple mauritanien n’est plus prêt à revivre les horreurs des années 87-90. Il incombe donc à chacun de sauver ce que l’on s’acharne tant à détruire.

 

 


 















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