L’éthique, une nécessité


saharamedia
Jeudi 17 Juin 2010



Editorial de Biladi n° 530

 

Dans l’atmosphère ambiante de pénibilité générale où les fonctionnaires, la frange de la population mauritanienne la plus “aisée”, trouvent toutes les difficultés pour arrondir les fins de mois, les téléspectateurs de la télévision nationale ont trouvé la parade : suivre les débats parlementaires. Un exercice qui leur permet au moins d’oublier, ne serait-ce que pour un petit moment, la dureté de leurs conditions de vie.

 

 

 

La présente session parlementaire a été marquée par la médiocrité des ministres qui sont venus défendre, avec toutes les peines et sans jamais réussir leur examen Oral, la politique du gouvernement. A une ou deux exceptions près, nos ministres se ressemblent : ils ont en commun l’absence de prestance, de charisme, d’autorité et, surtout, d’arguments. On dirait même qu’ils viennent au parlement uniquement pour se faire avoir.

L’autre élément marquant de cette session au niveau de la chambre basse, c’est ce député, élu sous les couleurs d’un parti d’opposition dont il était officiellement le numéro deux et qui a regagné, sans armes et sans bagage, la majorité présidentielle. Bien que politiquement incorrect, le nomadisme de nos hommes politiques ne choque plus personne. On a vu des gens passer, sans états d’âme, d’un camp à l’autre. Mais ce qui est bien choquant, est que notre député voyageur a eu l’audace de parler au nom de la majorité – qu’il avait rejoint il y a juste cinq jours - et de dire, sans sourciller, exactement le contraire de ce qu’il avait dit publiquement lors de la dernière session parlementaire. Et ce qui est sûr c’est qu’entre temps, il n’y a pas eu de tsunami politique chez nous pour justifier un tel revirement.

Autre maladresse de l’élu vagabond : il a fait l’apologie des coups d’état dans l’hémicycle en soutenant que les révolutions dans le monde n’ont été enclenchées que par des militaires. Cette leçon d’histoire est tout simplement fausse, même si les militaires sont des êtres comme les autres humains. Chez nous, plus qu’ailleurs, leur bilan à la tête de l’Etat, depuis un certain 10 juillet 1978, est loin d’être flatteur. Au contraire, il est désastreux.

A travers l’exemple de notre honorable député voyageur se posent deux problèmes. Il y a d’abord le problème posé par le mandat : appartient-il au parti ou à l’individu ? Un débat qui mérite d’être lancé, mais il faut tout de même souligner que l’élu dont on parle était un illustre inconnu et ne doit son élection qu’à son ancienne formation politique.

Le second problème est celui des coups d’état. Nous avons vu certains pays promulguer des lois qui incriminent l’apologie des génocides ou autres atrocités. Pourquoi la Mauritanie ne le fait-elle pas pour incriminer les coups d’état : leurs auteurs et leurs soutiens ?

 















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