La CGTM crée un Centre de formation professionnelle


saharamedia
Jeudi 15 Juillet 2010



La CGTM crée un Centre de formation professionnelle

La CGTM vient de créer un Centre de formation professionnelle au profit des jeunes mauritaniens associant à la fois la formation théorique et pratique. Ainsi, les jeunes bénéficieront d’une formation théorique au niveau du centre de formation qui leur permettra de faire valoir la formation acquise sur le marché de l’emploi, et les mettre en pratique en cas de recrutement. Le centre de formation professionnelle est le fruit d’une collaboration entre la CGTM et la Communauté Autonome de Madrid qui regroupe environ 16 municipalités travaillant dans de nombreux domaines avec les pays du Sud pour aider au développement local. Dans ce cadre et à travers ISCOD (Institut Syndical de Coopération au Développement de l’Union Générale des Travailleurs d’Espagne) avec lequel la CGTM coopère dans le cadre du projet de la migration, une proposition d’un projet de formation syndicale a été soumise à la Communauté Autonome de Madrid qui a bien voulu le préfinancer.

 

 

Ce projet a été conçu pour répondre aux besoins de formation des jeunes mauritaniens en vue de leur insertion dans le marché du travail. C’est, d’ailleurs, l’intitulé du projet qui vise à contribuer à l’insertion des jeunes sur le marché du travail, au niveau local. C’est fort du constat que le problème du chômage des jeunes constitue, aujourd’hui, un facteur de blocage dans le développement du pays, que la CGTM, en tant qu’acteur de développement et partenaire social, a fait de la question de l’emploi l’une de ses priorités. Pour elle, toute croissance économique, qui ne génère pas des emplois décents, ne pourra pas assurer un développement durable.

Aujourd’hui, les indicateurs économiques ne sont perçus que dans le cadre des indicateurs macro-économiques, mais les indicateurs sociaux ont tendance à ne pas être pris en considération. Parmi ces derniers, c’est l’occupation de la force active des activités qui puissent leur assurer un revenu, une insertion sociale et même un statut social. C’est par là qu’on peut considérer qu’un pays est développé ou émergent.

Consciente de cette situation, la CGTM a demandé un appui pour contribuer à former les jeunes mauritaniens. Aujourd’hui, il y a de nombreux postes d’emploi qui échappent à la main d’œuvre nationale. Et, le plus souvent, c’est par manque de qualifications professionnelles. Celles-ci ne peuvent être obtenues que dans des structures adaptées et conçues à cette fin.

En obtenant ce financement, la CGTM a signé une convention de collaboration avec le Centre de Formation et de Perfectionnement Professionnel (CFPP), une structure très connue sur la place, qui est d’ailleurs la seule qui forme les cadres mauritaniens dans le domaine des métiers. C’est le CFPP qui va dispenser des cours de formation, pour le moment, dans deux filières retenues, l’électricité et la plomberie.

Notons que cette formation répond également aux normes « genre », car la majorité de ceux qui seront formés en électricité sont des filles. Une première, et cela peut contribuer à, non seulement, créer des emplois, mais, aussi et surtout, à permettre aux jeunes mauritaniens de comprendre que filles ou garçons, ils peuvent accéder à des métiers qui peuvent valoriser et renforcer leurs capacités. Au niveau du Centre Guide pour la Migration, une structure de formation en informatique a été créée, pour permettre aux jeunes qui ont des besoins liés à leurs activités ou à leurs études de pouvoir renforcer aussi leurs connaissances dans le domaine de la maitrise de l’outil informatique. A travers cela, ces jeunes pourront comprendre que le mouvement syndical et la CGTM en particulier, non seulement, s’occupe des revendications des travailleurs, ce qui est sa raison d’être, mais aussi veut développer les capacités des jeunes pour qu’ils sachent que le mouvement syndical est là pour les aider, les encadrer, et répondre à leurs attentes par rapport à l’emploi et à la formation. Ces formations se déroulent sur une période de trois mois et seront renouvelées pour permettre à d’autres jeunes d’avoir la possibilité d’y accéder. La CGTM compte même aller vers des initiations plus avancées pour que ces étudiants puissent rivaliser même au niveau du CFPP pour accéder à des graduations beaucoup plus importantes.

A travers le lancement de cette formation, la CGTM a compris que pour pérenniser ses activités, il faut se tourner vers la jeunesse et que pour l’intéresser au mouvement syndical, il faut la motiver pour qu’elle comprenne par quel chemin il faut passer. Le chemin le plus rapide c’est la formation qualifiante qui permet de subvenir à ses besoins, de se solidariser avec son groupe, d’appréhender les relations professionnelles…

Les objectifs recherchés, à travers cette activité, c’est d’abord permettre aux jeunes mauritaniens d’accéder au marché de travail local. Aujourd’hui, force est de constater que beaucoup de métiers sont occupés par une main d’œuvre étrangère et souvent par une main d’œuvre nationale mais peu qualifiée, ce qui constitue un problème.

La CGTM a ouvert ce centre pour contribuer à l’accès des nationaux aux emplois, et la formation professionnelle est l’unique voie par laquelle il faut passer.

Le second objectif, c’est le rajeunissement des structures syndicales pour la CGTM. Parce qu’en faisant adhérer ces jeunes à l’organisation, en les encadrant, les motivant d’avantage dans ces formations professionnelles, on crée un type de militant nouveau, jeune qui comprend les réalités syndicales adaptées à ses propres besoins. Aujourd’hui, ce qui attire les gens vers les organisations, c’est leurs attentes. Le rajeunissement des structures syndicales et la création d’un mouvement de jeunes fort et dynamique constituent également un objectif fondamental qui n’est pas une fin en soit, parce que c’est en exerçant une activité professionnelle qu’on se syndicalise d’avantage.

Troisième objectif, c’est la création de rapports étroits avec les entreprises nationales aussi bien publiques que privées, afin de voir les opportunités d’emploi qu’elles peuvent offrir à l’issue de ces formations. La CGTM est très consciente du fait que la formation est nécessaire, mais faudrait-il qu’à cette étape, les jeunes utilisent les connaissances et compétences pour pouvoir travailler. Pour atteindre cet objectif, la CGTM lance un appel au ministère chargé de l’emploi et de la formation professionnelle et les technologies nouvelles, ainsi qu’aux sociétés d’Etat comme la SNIM, la SOMELEC… pour qu’elles offrent à ces jeunes la possibilité de mettre en pratique les connaissances qu’ils ont acquises dans le cadre des emplois fixes et durables. Quatrième objectif, c’est de montrer que le mouvement syndical est aussi un partenaire social qui peut contribuer au développement durable du pays. Le Ministère du travail, de la formation professionnelle et des nouvelles technologies, notamment la direction de la formation professionnelle est déjà informée de l’existence du centre.

La prochaine étape consistera à démarcher les entreprises pour que ces jeunes puissent trouver des emplois à l’issue de leur formation. Un objectif extrêmement important pour la CGTM qui a remarqué, qu’aujourd’hui, dans certains métiers, tels que l’électricité, la menuiserie, la plomberie… souvent les jeunes mauritaniens sont absents parce qu’ils n’ont pas les qualifications nécessaires, certains ne maîtrisent même pas ces métiers. Actuellement, il faut remarquer que les mentalités ont changé, on voit de plus en plus de filles formées dans ces métiers naguère réservés aux hommes. La CGTM vise, à travers cette formation, un changement des mentalités.

Ces jeunes, issus de milieux assez modestes, n’ont pas eu la chance d’accéder à de hautes études ou de finir leur cursus. Il y a aussi des jeunes, des militants de la CGTM qui fréquentent des universités, ou des lycées et ont compris que le syndicat apporte une plus-value pour la jeunesse, et que la formation académique n’est pas la seule formation qui existe, mais, parallèlement, il y a des formations pour développer des compétences professionnelles, techniques, scientifiques. Il faut que la jeunesse sache que tout le monde ne peut pas occuper des fonctions bureaucratiques. Il n’y a pas de sots métiers, on peut choisir d’être ingénieur, technicien du génie civil, plombier...

 















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