La COD, de Boidiel Ould Houmeid à Mohamed Ould Maouloud


saharamedia
Jeudi 19 Août 2010



La COD, de Boidiel Ould Houmeid à Mohamed Ould Maouloud

Au terme d’un mandat de deux mois de présidence de la coordination de l’opposition démocratique en Mauritanie (COD), le président du parti El Wiam, Boidiel Ould Houmeid, a passé le témoin au président du parti UFP, Mohamed Ould Maouloud, représenté, pour la circonstance, par le vice président du parti, Ba Bocar Moussa.

La cérémonie a eu lieu à l’hôtel El Emira dans le cadre d’un diner débat auquel la presse a été conviée. Cette  rencontre a, ainsi, donné lieu à de nombreuses interventions se rapportant à la situation tant politique, qu’économique et sociale du pays. Nous en reprenons, ci-dessous, l’intégralité du discours prononcé par le président du parti EL WIAM et celui du président de l’UFP.

Discours de Boidiel Ould Houmeid

Messieurs les Présidents,

Messieurs les élus

Messieurs les Directeurs de publications et journalistes,

Mesdames et Messieurs,

Je tiens d’abord à vous féliciter à l'occasion du mois Béni du Ramadan, en vous souhaitant bon jeûne et vœux exaucés et en priant Allah le Très Haut de nous guider tous pour le bien de notre nation et de notre pays.

Honorables invités,

Nous sommes réunis ce soir à l'occasion de l’ultime activité organisée par la Coordination de  l'Opposition Démocratique dans le cadre du mandat que j’ai eu le privilège d'assumer au nom du Parti Wiam. Nous avons voulu ce programme innovant par sa forme et son style militant et original par son contenu et le public auquel il s’adresse. L’ensemble des activités prévues ont été réalisées et ont eu un grand écho à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Il est à regretter que certaines manifestations qui étaient prévues n’aient pas pu avoir lieu en raison de contraintes de temps. Elles seront cependant incluses dans les programmes futurs de la Coordination.

Le mandat a commencé par une conférence sur le cinquantenaire des relations de notre pays avec la France, suivie par un forum sur le bilan d’une année après les élections du  18 Juillet 2009 et la succession de crises qui a marqué cette période. Nous avons également organisé, le 7 août 2010 à Riyad, une journée de solidarité avec les victimes de violations des droits de l'homme. Ce programme, après son adoption par le Conseil des Présidents sur proposition de la présidence tournante, a comporté aussi plusieurs communiqués et déclarations de presse, notamment le communiqué publié par la Commission de Communication de la Coordination suite à l’opération militaire du 22 Juillet et la déclaration faite par le Président de la Convergence, Me Mahfoud Ould Bettah, en réponse aux propos tenus par M. Mohamed Ould Abdel Aziz dans sa récente interview avec la presse. Cette déclaration a été suivie par un communiqué détaillé, rendu public le 12 août.

Le programme réalisé a été également marqué par une rencontre que j'ai eue personnellement, en tant que Président en exercice de la COD, avec le président Mohamed Ould Abdel Aziz, et au cours de laquelle il m’a exprimé sa volonté de dialogue et sa disponibilité pour l’amorcer. Je n'ai pas remarqué, ce jour-là, dans ses propos que les principes convenus à Dakar constituaient une entrave à ce dialogue. Et c'est ce que j'ai dit au Conseil des Présidents de la COD. Vous savez tous  que celle-ci s'est félicitée de cette orientation et a aussitôt entamé des consultations sur la plateforme qu’elle allait soumettre à discussion. Mais nous avons été surpris par les derniers propos du chef de l'Etat, qui constituent pour nous un recul de la réconciliation nationale, une méconnaissance grave de la crise étouffante que traverse le pays et une mystification inquiétante des citoyens.

Mesdames, Messieurs,

En se déliant du dialogue, Mohamed Ould Abdel Aziz prouve clairement qu’il a choisi la voie de la tension et de la confrontation et assume seul la responsabilité des risques de dérapage liés à ce choix. A la COD, nous demeurons attachés au principe du dialogue comme seul moyen de se soustraire de la situation actuelle et poursuivrons notre lutte démocratique, pour sortir la Mauritanie à l'impasse qui où l’a conduite le coup d’état du 6 août 2008.

Honorables invités,

Nous souhaitons que cette rencontre soit l'occasion de mieux nous connaître les uns les autres et de raffermir les relations avec vous journalistes et faiseurs d'opinion, d'échanger des idées et de discuter des points de vue dans une atmosphère détendue, loin du formalisme et des contraintes de conférences de presse et autres forums. En vous remerciant sincèrement, en mon nom propre et au nom de mes collègues Présidents de la COD, d’avoir répondu à notre invitation, je vous exprime notre joie de cette rencontre et notre désir d’en faire une tradition régulière, et notre volonté de vous écouter et de vous parler, dans un dialogue ouvert et, si Dieu le veut, constructif.

Qu’Allah  nous guide vers ce qui lui plaît et que Sa Paix et Sa Miséricorde soit sur vous.

 

Discours de Ba Bocar Moussa

Assalaamu Aleykoum,

Bismillahi Rahmani Rahiim,

Mesdames et Messieurs de la Presse nationale et internationale

Chers camarades et amis de la COD,

Au nom du Président Mohamed Ould Maouloud,

Au nom de l’Union des Forces de Progrès (UFP),

Je voudrais vous remercier de l’honneur que vous nous faites en nous confiant la lourde charge de présider à notre coordination.

C’est, en même temps, une grave responsabilité.

Mais avant tout, je voudrais en votre nom à tous, renouveler notre sympathie et notre solidarité à l’égard de ceux qui, en ce mois béni, éprouvent d’immenses difficultés à étancher leur soif et à manger à leur faim. Les plus démunis, faute d’autre choix que les spéculations de commerçants véreux, passent des heures entières sous le soleil, sous la pluie, dans les conditions désastreuses des quartiers populaires de Nouakchott, sur les routes en piteux état de l’intérieur du pays… Au-delà de la propagande mensongère des médias d’État, les denrées de première nécessité sont devenues presque inaccessibles pour les couches démunies, en des quantités insignifiantes dans bien des cas.

Ceux qui sont repus et demeurent enfermés dans leurs châteaux, peuvent, à l’image du Chef de l’État, exprimer leur surprise à l’égard de « la crise dont parlent la presse et l’opposition » !

Nous disions donc qu’il s’agit d’une crise grave et profonde ! C’est pour cela que l’Union des Forces de Progrès est bien consciente de la lourdeur et de la gravité de la responsabilité que vous lui confiez.

En effet, le Chef de l’État a décidé de déchirer, avant même que sa propre signature ne sèche, l’Accord de Dakar, se considérant comme non-engagé par son contenu. S’il en est ainsi, dans la mesure où c’est l’Accord de Dakar qui constitue la base juridique de la Présidentielle de  Juillet 2009, nous pouvons considérer cette dernière comme nulle et sans effet.

Par ailleurs, en faisant intervenir des unités de l’armée mauritanienne au Mali, le Chef de l’État a décidé d’engager la Mauritanie dans la guerre, sans s’en référer à l’Assemblée nationale, comme le prévoit la Constitution. Il s’agit là d’une grave violation de ce qui constitue le socle de l’arsenal juridique dans notre pays, dont, en principe, le Chef de l’État, en tant que Premier Magistrat, est le garant.

Poursuivant dans la même lancée, le Chef de l’État, interprétant la Constitution à sa guise, s’est octroyé le droit d’appliquer certaines de ses dispositions, d’en contourner d’autres au besoin. Dans la mesure où nous ne saurions mettre en doute les capacités de compréhension du Chef de l’État des implications premières et fondamentales de ses charges, il nous est permis de l’accuser de très grave forfaiture et de solliciter les institutions requises pour en tirer les conclusions.

Mesurant la gravité de la situation et de nos propos, nous en appelons à l’unité de tous membres de la COD, à celle de l’ensemble des Mauritaniens, pour mener notre combat contre les violations de la Constitution du Chef de l’État, contre sa forfaiture, dictées par sa volonté dictatoriale.

La COD a déployé d’importants efforts pour surmonter la crise en affirmant sa disponibilité au dialogue, mais hélas, après multiples péripéties, le Chef de l’État a renié ses propres engagements, jetant de sérieux doutes sur sa fiabilité propre.

Nous lançons un appel pressant à l’ensemble des amis de la Mauritanie, pour soutenir les forces démocratiques et le peuple mauritanien dans leur combat pour la défense de la démocratie et son enracinement, pour la recherche d’une solution viable et durable de sortie de crise.

In Sha Allah, grâce à Allah, à l’unité de la COD et du peuple mauritanien, avec le soutien de nos amis, nous parviendrons à réaliser nos objectifs.

En tout état de cause, l’Union des Forces de Progrès s’engage à ne ménager aucun effort, ni aucun sacrifice pour mériter votre confiance.

Je vous remercie.

 















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