La moisson !


saharamedia
Jeudi 24 Juin 2010



L'éditorial de Biladi n° 534

 

Les résultats annoncés de la Table ronde de Bruxelles constituent incontestablement une grande réussite pour le pouvoir et pour son chef, le président Aziz. La cagnote gagnée dépasse toutes les attentes : 3,2 milliards de dollars au lieu de 2,8 milliards réclamés. Ce succès ne s’explique point par la pertinence des projets proposés, ni par la performance des gens qui les ont défendus. Au contraire, s’il ne s’agissait que de cela, on aurait été renvoyé, comme on dit en parlant des écoliers, pour insuffisance de notes. Si l’on se limite par exemple aux petits détails, on découvre que le lien cédé gracieusement par l’UE sur son Site n’a été exploité par le gouvernement mauritanien que deux semaines seulement avant la tenue du conclave. D’ailleurs, la rubrique consacrée à la liste des participants est restée vide jusqu’à la fin du forum.

 

La réalité est que les occidentaux, particulièrement la France, entretiennent des relations stratégiques avec Aziz et ne le jugent pas, en conséquence, sur ses comportements diplomatiques ni sur sa politique de manière générale. Ils l’ont aidé à légaliser son putsch à travers la signature du fameux Accord de Dakar et les voilà aujourd’hui lui réunir les bailleurs de fonds pour le soutenir économiquement. Cela est d’autant plus vraisemblable que tous les bailleurs de fonds, y compris en particulier les gendarmes de l’économie libérale : le FMI et la Banque Mondiale, ont passé sous silence la politique d’étatisation de l’économie poursuivie par les autorités actuelles.

Dans le cas échéant, il était bien attendu que ces partenaires stratégiques du régime mettent tout leur poids pour obliger les Etats et les institutions financières à appuyer son programme de développement et lui accorder les sous nécessaires pour son exécution. Cependant, il reste à savoir qu’il ne s’agit encore que de promesses, certes généreuses, mais dont la mise en application demande du temps et, surtout, beaucoup d’efforts de suivi et un savoir-faire certain en matière de mise en œuvre des projets. L’exemple de Haïti est là pour nous rappeler que les promesses ne sont pas forcément de l’argent comptant. Jusqu’à présent, ce pays sinstré n’a pu obtenir que 40 millions de dollars sur les quatre milliards promis par les bailleurs.

Autre élément important : le préalable de la normalisation de notre situation politique à travers l’entente sur un cadre institutionnel et politique consensuel. En plus d’être une exigence des bailleurs de fonds, c’est avant tout une nécessité pour la stabilité…

En attendant de voir la gestion de cette réussite par le régime, ce dernier a marqué un point. Au moins sur le plan psychologique. Et a créé de l’espoir…

 















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