La ville de Néma sous le choc de l’attentat et les travaux de réfection sont entrepris au niveau de la wilaya


saharamedia
Samedi 28 Août 2010



Quelques jours après l’attentat terroriste ayant pris pour cible la base de la cinquième région militaire, la ville de Néma ne semble pas avoir été complètement remise d’une opération à la voiture piégée qui est la première du genre en Mauritanie et qui porte l’empreinte indélébile d’Al Qaeda au Maghreb islamique (AQMI). 

Dans les rues et ruelles de la ville, l’on sent une peur de l’inconnu traverser l’esprit et les paroles de tous ceux qui voudraient bien parler de cette horreur qui a été évitée de justesse, grâce à la vigilance des militaires en faction devant la grande entrée de la base. L’attentat a sans doute tempéré les premières joies d’un hivernage qui s’annonce sous de bons auspices.


Dans les cercles de discussions qui se forment de manière spontanée, dans les boutiques et salons, et même sur la route du retour après avoir fait son marché, tout tourne autour de cet attentat à la voiture piégée qui a déclassé les sujets, de saison jusqu’alors, sur la pluie, le climat et les bonnes perspectives de pâturages. Les sujets vedettes ont pour nom AQMI, la sécurité, la paix et…ce que cache l’avenir.

Au lieu que la joie des habitants de la capitale du Hodh Echargui tienne, cette année, de l’arrivée du mois béni de Ramadan en même temps qu’un bon hivernage, c’est l’inscription de Néma sur le registre des villes du Sahel menacées par le terrorisme qui donne du souci aux populations. Dans le marché central de la ville, aucun discussion autre que celle qui reprend, dans diverses versions, l’attentat et ce qu’il aurait pu causer comme dégâts. La peur se lit sur tous les visages et l’on dit même qu’elle aurait poussé plusieurs à prendre le chemin du rif censé être plus sûr que la ville.

Mohamed, la cinquantaine, est sidéré de constater, le matin de l’attentat, que sa boutique est restée béante toute la nuit, soufflée par la force de l’explosion, comme toutes celles du marché qui jouxtent la base militaire. « Ça a été un véritable séisme, au vrai sens du mot, dit-il, vécu par la ville au cours de cet hivernage dont personne ne parle plus aujourd’hui. » Et Mohamed, qui est un témoin oculaire d’ajouter : « aux environs de minuit, j’ai fermé mon commerce et pris la direction de ma maison dans la Batha ; sur ma route, j’ai vu deux voitures land-cruiser qui se dirigeaient vers la base militaire. Quelques minutes à peine, j’ai entendu le crépitement de mitrailleuses suivi par une terrible explosion. L’une des deux voitures avait alors rebroussé chemin dans un indescriptible nuage de fumée. J’ai été sais véritablement par la peur, moi qui assistait à ce genre de scène à la télévision sans imaginer, un seul instant, pouvoir les vivre, en direct, dans la réalité », ajoute Mohamed.

Tous les habitants sont encore sous le choc ; la seule joie est celle de savoir que les dégâts d’un tel acte sont limités dans les rangs des soldats : trois blessés légers.

Dans les nuits ramadanesques de Néma, chacun explique l’attentat à sa façon. D’aucuns parlent d’un commando de douze hommes, d’autres parlent d’un seul kamikaze accompagné d’un autre terroriste qui avait pour mission de filmer l’opération pour l’immortaliser. Finalement, la vérité se confond ici avec la version officielle ou celle qui pourrait venir, dans les prochains jours, de l’autre côté de la frontière, là où AQMI avait établi ses bases arrières pour mener, de temps en temps, des opérations terroristes dans les pays de la zone sahélo-saharienne.

Reportage traduit de l’arabe par Sneiba















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