Latfatar : Voisinage immédiat des produits toxiques


saharamedia
Lundi 26 Avril 2010



Latfatar : Voisinage immédiat des produits toxiques

Latfatar - Eby Ould Zeidane

Située au cœur de la région du Tagant, la localité de Latfatar est cette localité qui, après avoir connue une année écoulée marquée par la sécheresse, peut espérer une année meilleure à en juger par la précocité des pluies dont plusieurs ont déjà été enregistrées. « Un phénomène d’autant plus prometteur que le mois n’est pas réputé être un mois de pluies mais quand les pluies y tombent et qu’elles semblent provenir de l’ouest cela devrait signifier que l’année sera prospère …» nous a confié Abida Mint Souédi. Celle-ci, tout en espérant que c’est là un bon signe, avait hâte de mettre un terme au sujet des pluies précoces préférant se reporter sur le sujet des produits toxiques en avançant « que si ces produits étaient vraiment dangereux comment expliquer alors que les créatures ne s’en ressentent pas avant d’ajouter qu’elle a, de ses propres yeux, vu des reptiles vivre sans problèmes dans les lieux de dépôt des produits et ce depuis des dizaines d’années… Si les lieux étaient vraiment intoxiqués, ils devraient en mourir… Depuis la création de cette base, nous n’avons pas été témoins des méfaits de ces produits ni sur les personnes ni sur les animaux… L’on en arrive à nous demander pourquoi on cherche à pestiférer notre paisible localité après tant d’années.

 

 

A Latfatar, aucun sujet ne domine celui des produits toxiques. Après 40 années de vie paisible et de voisinage immédiat avec la base de dépôts des produits toxiques de l’Oclalav, cette localité s’est retrouvée dans l’expectative et dans une situation de perplexité et de crainte alimentée par les doutes suscités par les informations provenant des sources du ministère de l’environnement faisant cas de l’existence de risques pour l’environnement et ce à la suite d’analyses effectuées sur les lieux d’entrepose des produits.

« Cette cohabitation a, selon Mohamed Mahmoud Ould Abdel Daim, commencé depuis 1968 quand la zone a été identifiée comme point focal de l’action de lutte contre les prédateurs de l’agriculture par l’Oclalav… C’est ainsi qu’à proximité de la localité, la base d’entreposage des produits a été mise en place et que le sieur Nouh Ould Sidi Brahim a été recruté comme gardien des lieux… Nous n’avons, à aucun moment imaginé qu’il pouvait y avoir de danger … Au contraire, nous y avons vu un plus pour la localité qui y trouvait, plutôt, une bonne opportunité d’avoir un peu d’emploi s pour ses habitants… Plusieurs années se sont écoulées, au terme desquelles, l’Oclalav a mis fin à ses activités abandonnant les lieux en l’état avec tout ce qu’ils recelaient comme futs de produits se comptant par dizaines… Au bout d’une période suivante, un groupe est venu sur les lieux et refait la clôture du dépôt de nouveau et fit appel à Nina Mint Nouh (fille ainée du premier gardien) afin qu’elle poursuive le travail de gardiennage du site…

A voir parler le narrateur Mohamed Mahmoud Ould Abdel Daim l’on peut s’apercevoir qu’il savait des choses qu'il se gardait de dire. En fait il se tut pendant un moment et se reprit pour dire « quelque chose a changé dans cette localité… Cela est incontestable… Le mieux est de constater de vous-même… Visitez le site et demandez aux gens… Vous trouverez ce que vous cherchez… En fait, que cherche-t-on à travers ce brouhaha… Veut-on nous amener à abandonner nos maisons et nos biens après tant d’années… Cela ne risque pas d’arriver… relaya un ami de Mohamed Mahmoud avant que ce dernier ne reprenne :  « Il y avait un enseignant de la localité qui habitait chez la famille « Nouh » … Il y a habité pendant plusieurs années jusqu’à ce qu’il réalisa qu’il était atteint d’une maladie atypique… Après des diagnostics et analyses cliniques à Nouakchott, certains ont fait un rapport entre sa maladie et les produits dangereux… Toujours est-il qu’il en est mort la même année… »

Ce sont là entre autres des témoins de la situation de peur et de confusion qui règne à Latfatar semant doute et crainte dans les esprits des habitants de cette localité chez qui la psychose du danger est désormais bien installée et ce en dépit des propos rassurants du préfet de Moudjeria qui estime que, jusque là, aucune preuve scientifique n’est venue confirmer l’existence d’un réel danger.
















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