Le 11 Septembre et nous


saharamedia
Dimanche 11 Septembre 2011



Le 11 Septembre et nous

Ce dimanche 11 Septembre 2011 n’est pas anodin. C’est déjà, dans la presse internationale, la décennie du drame qui a secoué l’Amérique et le Monde, par la destruction spectaculaire des deux tours jumelles du Word Trace Center de New York avec le bilan effarant de 2 995 morts, dont 343 pompiers et 60 policiers new-yorkais. Et, évidemment, les dix-neuf pirates de l'air.

Ce qui importe aujourd’hui ce n’est pas de faire une rétrospective de l’attentat du siècle, ni même de commémorer partout un évènement qui allait conduire les USA à mener deux guerres (en Irak et en Afghanistan) qui continuent encore à l’heure actuelle, mais de voir comment l’acte pensé par Oussama Ben Laden, mort cette année à d'Abbotabad, dans une opération de la CIA, allait bouleverser le monde.

Comment un pays comme la Mauritanie, qui n’entendait les récits sur le terrorisme que comme des « histoires » qui n’arrivent qu’aux autres, allait se réveiller, lui-aussi, avec ses multiples « 11 septembre » à Lemghaity, Ghallawiya et Tourine.

Rappel d’abord des faits : Les attentats du 11 septembre 2001 sont quatre attentats-suicides perpétrés le même jour aux États-Unis par des membres du réseau djihadiste islamiste Al-Qaida et qualifiés le 17 octobre 2001 de crimes contre l'humanité par Mary Robinson, en charge du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme.

Au matin du mardi 11 septembre 2001, dix-neuf terroristes détournent quatre avions de ligne afin de les écraser sur des bâtiments hautement symboliques du nord-est du pays. Deux avions sont projetés sur les tours jumelles du World Trade Center (WTC) à Manhattan (New York) et le troisième sur le Pentagone, siège du Département de la Défense, à Washington, D.C., tuant toutes les personnes à bord et de nombreuses autres travaillant dans ces immeubles. Les deux tours se sont effondrées moins de deux heures plus tard, provoquant l'effondrement de deux autres immeubles. Le quatrième avion, volant en direction de Washington, s'est écrasé en rase campagne à Shanksville, en Pennsylvanie, après que des passagers et membres d'équipage ont essayé d'en reprendre le contrôle.

La Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis a été créée en 2002 pour expliquer comment ces attentats ont pu se produire et pour éviter que cela ne se reproduise. Dans son rapport publié fin août 2004, elle établit la responsabilité du réseau Al-Qaida, en affirmant que les dix-neuf terroristes auteurs de ces attentats-suicides en étaient membres et que le commanditaire en était Oussama ben Laden qui, selon Gilles Kepel, les a revendiqués en décembre 2001 et 2002 (13 décembre 2001 : « Nous avons calculé à l'avance le nombre d'ennemis qui seraient tués, d’après la structure de la tour. Nous avons estimé que trois ou quatre étages seulement seraient touchés. J'étais le plus optimiste de tous (...) En raison de mon expérience dans le domaine, je pensais que l’incendie du carburant de l’avion ferait fondre la structure en fer du bâtiment, et que cela provoquerait uniquement l'effondrement des étages percutés par l’avion et de ceux situés au-dessus. C'est tout ce que nous espérions. »), de même qu’en octobre 2003 et 2004 (30 octobre 2004 : « Je vous le dis, Allah sait qu'il ne nous était pas venu à l'esprit de frapper les tours. Mais après qu'il fut devenu insupportable de voir l'oppression et la tyrannie de la coalition américano-israélienne contre notre peuple de Palestine et du Liban, j'ai alors eu cette idée. ») et les revendiquait encore en 2009, selon le site As-Sahab.

Ces évènements ont été vécus presque en temps réel par des centaines de millions de téléspectateurs à travers le monde et ont provoqué un choc psychologique considérable, les images de l'avion heurtant la deuxième tour du World Trade Center ainsi que celles de l'effondrement complet en quelques secondes des deux tours du WTC de Manhattan ayant été diffusées en direct. Le gouvernement des États-Unis et celui de nombreux autres pays ont réagi en renforçant leur législation antiterroriste, et en lançant une « guerre contre le terrorisme », notamment en Afghanistan, dont le régime taliban, qui avait prêté allégeance à Al-Qaida, était soupçonné d'héberger Ben Laden. Le Pentagone a été réparé en un an et le Site du World Trade Center nettoyé pour accueillir d'ici 2013 une nouvelle tour, le 1 World Trade Center.

AQMI porte la « guerre » ailleurs

Les USA ont mené leur guerre contre Al Qaeda d’abord en Afghanistan et en Irak mais la lutte continue ailleurs. Au Sahel, plus exactement où le terrorisme essaime. Dans un tel contexte, la Mauritanie est en train de faire jeu égale avec l’Algérie. L’arrestation, il y a moins d’une semaine, d’Abou Youness el Mouritani, personnalité présentée comme le chef des Opérations d’Al Qaeda, et réputé avoir été très proche d’Oussama Ben Laden, faire dire à certains que la Mauritanie a fourni au terrorisme international un important contingent de « penseurs » mais aussi de combattants. C’est au niveau d’Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) branche d’Al Qaeda qui a succédé dans le Grand Sahara au Groupe Salafiste de Prêche et de Combat (GSPC) que la présence des salafistes du Bilad Chinguitt commence à inquiéter. Considérés comme l’un des deux principaux groupes d’AQMI (avec les Algériens), ils commencent à être vus comme des terroristes « par nature ». A tel point que leur pays s’est vu obligé de s’engager, militairement, dans le nord Mali et de faire le sale boulot à la place des autres. Une implication qui s’est soldée par des accrochages meurtriers au niveau de Lemzareb, de Hassi Sidi, de la forêt de Wagadou et même aux abords de Bassiknou et de Néma.

Mais les conséquences de la lutte mondiale contre le terrorisme sur la Mauritanie se situent à d’autres niveaux : l’effort de guerre qui fait sans doute qu’une bonne partie du budget de l’Etat (certains parlent du tiers) est allouée à la sécurité nationale. L’armée mauritanienne d’aujourd’hui n’est plus ce qu’elle était avant que la menace terroriste ne frappe à notre porte. Elle s’est dotée d’avions de reconnaissance et de combat, d’armements sophistiqués et s’est vu obligée d’entretenir des troupes sur la frontière avec le Mali et l’Algérie. Ensuite, la menace terroriste a fait fuir les touristes qui venaient par milliers chaque année et prenaient d’assaut les villes historiques de Chinguitti, Oualata, Oudane et Tichit.

Pire que tout cela : le pays est devenu un véritable bunker, avec des contrôles partout (aéroports, routes, fleuve). Notre tranquillité est donc à ce prix. Si seulement on savait combien cette situation va durer.

Sneiba Mohamed

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