Le BIT appelle à une action globale « redynamisée » contre le travail des enfants


saharamedia
Dimanche 16 Mai 2010



Le BIT appelle à une action globale « redynamisée » contre le travail des enfants

Quoique l’effectif mondial des enfants qui travaillent ait reculé de 222 à 215 millions, au cours de la période 2004 à 2008, les efforts déployés pour éliminer les pires formes de travail des enfants sont en en train de se relâcher du fait de l’impact de lé récession économique. 

 

Pour inverser la tendance, le Bureau international du Travail (BIT) tire la sonnette d’alarme dans son Rapport global quadriennal sur le travail des enfants publié samedi, et invite la communauté mondiale à une campagne globale « redynamisée ».

« Les progrès sont irréguliers : ni assez rapides ni suffisamment étendus pour atteindre les buts que nous nous sommes fixés », a ainsi déclaré le Directeur général du BIT, Juan Somavia. Et de faire remarquer : « Nous devons faire de nouveaux efforts à grande échelle. La situation exige une campagne redynamisée contre le travail des enfants. Nous devons amplifier notre action et passer à la vitesse supérieure ».

C’est dire à quel point la récession économique qui pourrait certes « freiner davantage » le progrès vers le but d’éliminer les pires formes de travail des enfants d’ici à 2016, ne peut servir d’excuse, aux yeux du patron du BIT, pour réduire les ambitions ou justifier l’inaction. Au contraire, précise M. Somavia, « elle offre l’occasion de mettre en œuvre des mesures politiques efficaces pour la population, pour la reprise et pour un développement durable. » Le nouveau rapport du BIT, intitulé Accélérer l’action contre le travail des enfants, a été publié à la veille de la Conférence mondiale sur le travail des enfants organisée par le gouvernement néerlandais à La Haye, du 10 au 11 mai, en coopération avec l’OIT.

La conférence mondiale devait examiner une nouvelle « feuille de route » pour l’élimination du travail des enfants et donner un nouvel élan à la lutte contre le travail des enfants.

115 millions d’enfants encore exposés à des « travaux dangereux »

Les enseignements du nouveau rapport contrastent, a-t-on noté d’ailleurs, avec la dernière évaluation quadriennale de 2006 qui dressait un tableau encourageant. Les nouveaux chiffres montrent en effet une progression « irrégulière » vers l’objectif d’éradication des pires formes de travail des enfants d’ici à 2016. L’avertissement est clair : si la tendance actuelle se poursuit, l’objectif de 2016 ne sera pas atteint. La bonne nouvelle du Rapport reste que le schéma d’ensemble de réduction du travail des enfants a été préservé : plus le travail est dangereux et les enfants impliqués vulnérables, plus le déclin est rapide. Cependant, le chiffre est stupéfiant. 115 millions d’enfants sont encore exposés à des « travaux dangereux », un qualificatif souvent utilisé pour évoquer les pires formes de travail des enfants.

Analysant par ailleurs les données par âge et par sexe, le Rapport montre que les progrès ont été plus substantiels parmi les enfants âgés de 5 à 14 ans, une tranche d’âge où le nombre d’enfants au travail a baissé de 10%. Dans cette même tranche d’âge, le recul est de 31% pour les travaux dangereux. Parmi les filles, le travail des enfants a considérablement diminué (de 15 millions ou 15 %).

En revanche, il a augmenté parmi les garçons (de 8 millions ou 7%). Chiffre également alarmant, le nombre de jeunes gens âgés de 15 à 17 ans impliqués dans le travail des enfants a augmenté de 20% passant de 52 à 62 millions. Le Rapport global comprend également des données consolidées par régions. Il montre, par exemple, que l’Asie et le Pacifique comme l’Amérique latine et les Caraïbes continuent de réduire le travail des enfants, alors que l’Afrique subsaharienne a connu une hausse tant en termes relatifs qu’absolus.

Cette région est aussi caractérisée par la plus forte proportion d’enfants qui travaillent, avec un enfant sur quatre enrôlé dans le travail des enfants, principalement dans le secteur agricole. Au niveau BIT, c’est le Programme international pour l’abolition du travail des enfants (Ipec) de l’OIT, qui s’active à l’éradication de ce fléau et cela, depuis sa création en 1992. En 2008-2009, il était opérationnel dans plus de 90 pays.

 















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