Le CSLP, 3ème version va-t-il répondre aux attentes des populations ?


saharamedia
Dimanche 13 Février 2011



Le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) a organisé sa 3ème version 20011-2015 les 12 et 13 du mois courant à Nouakchott. Cette session fait suite à deux versions qui ont débuté en 2002 et qui avaient pour objectif, comme l’indique le libellé du projet d’élaborer et exécuter un vaste programme de lutte contre la pauvreté sous ses différentes formes.

Une stratégie décennale suscite pour autant la réflexion des cibles et des partis prenantes autant que les bailleurs. Pour notre part, ONG Nationales de développement qui ont pris part à cette session et au courant du cheminement controversé, à plus d’un titre, nous ne pouvons que saisir l’occasion pour faire le bilan d’une stratégie qui a fait couler beaucoup d’encre, et surtout de moyens financiers, dont les secteurs vitaux ont tant besoin.

Il faut le reconnaitre - et le dire de prime abord - la stratégie de lutte contre la pauvreté n’a pas abouti aux objectifs escomptés et son impact n’a été que méconnu de la plupart des populations concernées et qui étaient en principes visées par ce programme.

 

Pour deux raisons principales, le choix inadéquat des programmes de développement initiés, l’irrationalité dans la conception judicieuse des programmes et, dans une grande mesure, le mauvais choix du cadre humain comptent dans le contexte de lutte contre une endémie sociale comme la pauvreté dans notre pays qu’on ne doit pas confondre avec les politiques économiques et sociales étatiques élaborés et exécutés par les départements et Institutions étatiques.

Cela dit, Il ne fallait pas confondre les politiques et programmes étatiques exécutés par le gouvernement, à travers le conseil des ministres, et une stratégie de lutte sociale parallèle qui devrait en principe venir au secours de la première pour endiguer le fléau par la double entreprise de la collaboration des populations cibles elles mêmes et la société civile et surtout les ONG Nationales de développement. Car il serait aberrant de faire doubler des institutions purement étatiques par d’autres institutions de mêmes types et du même genre.

Dans ce contexte bizarre qui exclut les choix judicieux des populations auxquelles on attribue des simulacres de projets qui ne répondent pas à leurs besoins et qu’elles n’ont pas choisis et des ONG expérimentées, qui sont les plus proches d’elles, on installe l’amalgame et l’irrationnel. Et ce qui arriva quand l’exécution des programmes I et II ne donne pas entière satisfaction et que, sans doute, la version III du CSLP risque de leur emboîter le pas.

En outre, la situation ne pouvait qu’être telle si l’on sait que la plupart des cadres et experts du programmes se sont installés dans la bureaucratie stagnée qui finit par se confiner dans la comptabilité classique pour justifier l’injustifiable à savoir des colonnes de chiffres qui n’ont donné que de médiocres résultats palpables sur le terrain et pour cause.

Voyons ce qui a été fait au niveau des secteurs vitaux comme la santé, l’eau et l’éducation. Négligeable eu égard aux ressources importantes qui leur ont été octroyées.

Du reste, cette stratégie mourait en raison d’absence de véritables paramètres d’évaluation d’exécution, de commissions de contrôle et de bilans sérieux. Cette situation est renforcée par l’absence, voulue ou non, des ONG Nationales pour le développement durable, qui se voient privées d’appuis et d’implications qui leurs échoient au titre du libellé et des stratégies du programma qui s’est installée progressivement comme d’autres administrations dans la bureaucratie classique, par le népotisme, l’opacité dans la gestion et la gabegie soutenues très souvent par l’ignorance et l’incompétence typique.

En outre, le cadre stratégique a ignoré un volet aujourd’hui considéré des plus importants, à savoir la sauvegarde de l’environnement considéré au plan mondial comme la condition sine qua non du développement durable.

Il faudra donc pour redresser le programme, remodeler sa conception et ses programmes pour que l’apport des populations cibles, c’est à dires les plus déshéritées, ainsi que l’implication des ONG soient la pierre angulaire d’une véritable lutte dans le cadre de programmes objectifs, intégrants, solidaires et évolutifs et non du copié collé dont il ne reste que du vent une fois l’action clôturée.

Un autre problème non moins important qu’il faut souligner, c’est de dire que, parfois, le projet constitue un écran entre les bailleurs et guichets traditionnels et les ONG Nationales. Par exemple, le projet de nutrition associait des ONG expérimentées auxquelles l’Etat a retiré cette activité au profit du CSA.

Sans négliger totalement ses réalisations qui auraient dû être quintuplées, si les conditions aberrantes évoquées plus haut avaient pu être évitées, nous avançons, sans risque de nous tromper, qu’il faille réviser, à l’issue des dernières assises, la stratégie et ce tant au niveau du concept lui-même que de la nature, la qualité des programmes que du cadre humain. Il faudra nécessairement impliquer plus étroitement les populations concernées ainsi que les ONG de développement.

Cela demande le changement des mentalités des gestionnaires du CSLP qui se conduisent tant dans leur conception du cadre de travail de ses modalités que leur comportement propres comme une institution classique qui traite la paperasse et des activités administratives routinières, loin de la dynamique et des synergies communautaires associatives en éternelle évolution, enrichissement et inspiration constructive.

En somme, une politique sociale qui ne bâtit pas sa stratégie sur les vœux, la volonté, l’énergie et la vocation de la société civile est vouée à l’échec. En conséquence, évitons le paradoxe : pays pauvres-administrations figées, car les pays évolués ont fait la part positive de la conclusion que la pire des choses est d’élaborer des stratégies dans des bureaux feutrés et d’exécuter des programmes incohérents dans le lieu inopportun. Seule l’association directe des cibles peut faire éviter le dérapage malencontreux.

Cela se base inévitablement sur une méthodologie judicieuse, élaborée en parfaite harmonie entre les différents partenaires : Etat, CSLP, ONG, Bailleurs et populations cibles, pour permettre un contrôle et une visibilité stricts.

ONG Agir en Faveur de l’Environnement (ONG AFE)                                         BOUMOUZOUNA                         Conseil des ONG nationale d’appui au développement économique et sociale (CONADES)

 















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