Le Mali évoque une opération militaire près de sa frontière nord


saharamedia
Jeudi 22 Juillet 2010



Le Mali évoque une opération militaire près de sa frontière nord

Une opération militaire impliquant des avions d'un pays indéterminé a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi dans le nord du Mali, dans un secteur frontalier où serait retenu en otage un ressortissant français, rapportent des responsables maliens.

 

Des tirs ont eu lieu mercredi soir au cours de cette opération, menée quelques jours avant l'expiration d'un ultimatum fixé par les islamistes qui retiennent en otages Michel Germaneau, âgé de 78 ans, enlevé le 22 avril dans le nord du Niger. "Il y a eu des affrontements dans le secteur, des tirs ont été entendus. Nous ignorons s'il s'agissait de heurts entre soldats et preneurs d'otages", a déclaré un responsable de la région de Kidal, dans le nord du Mali, limitrophe avec le Niger et l'Algérie.

"Il y a eu beaucoup de rotations d'avions militaires à l'aérodrome de Tessalit", a dit le même responsable. On confirmait par ailleurs de source militaire à Bamako qu'il y avait eu des accrochages.

De source proche des services de sécurité dans la région, on déclarait qu'une opération militaire liée à l'otage français avait été menée, et l'on disait ignorer quelles forces y avaient pris part et si l'opération avait été couronnée de succès.

Citant des sources diplomatiques, le journal espagnol El Pais écrit sur son site internet que des hommes des forces spéciales françaises ont mené une opération jeudi à l'aube, destinée à libérer l'otage Germaneau.

UN ENREGISTREMENT DIFFUSÉ EN MAI

Ces forces, ajoutent El Pais, ont tué six "terroristes" mais n'ont pas trouvé l'otage, pas plus que la base où il était censé être détenu, base que les forces spéciales avaient localisée par avance avec l'aide des services américains.

Le gouvernement espagnol, continue El Pais, a été informé de l'opération juste avant son déclenchement et s'est vivement inquiété pour la sécurité de deux otages espagnols censés être détenus par le même groupe depuis huit mois. Nul n'était disponible jeudi soir au ministère espagnol des Affaires étrangères pour réagir aux informations d'El Pais.

A Paris, un porte-parole du ministère français de la défense a déclaré jeudi à Reuters : "Pour l'instant, on ne communique pas sur le sujet. Nous n'avons pas assez d'éléments."

Michel Germaneau, ingénieur à la retraite qui a travaillé dans le secteur pétrolier en Algérie, a été capturé le 22 avril dans le nord du Niger, près de la frontière avec le Mali et l'Algérie.

L'Aqmi (Al Qaïda au Maghreb islamique) a menacé le 12 juillet de l'exécuter quinze jours plus tard si le gouvernement français ne se plie pas d'ici là à ses exigences. L'Aqmi réclame en échange de son otage la libération de prisonniers et affirme que sa vie relève désormais de la responsabilité du président Nicolas Sarkozy.

Le groupe islamiste a diffusé en mai une photo et un enregistrement audio de Michel Germaneau. Celui-ci se disait en mauvaise santé et demandait à Nicolas Sarkozy de trouver une "bonne solution".

Tiemoko Diallo à Bamako et Paul Taylor à Paris, Eric Faye pour le service français

 















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