Le RFD prône le consensus pour juguler la menace sécuritaire


saharamedia
Mercredi 15 Septembre 2010



Le RFD prône le consensus pour juguler la menace sécuritaire

Le Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD), principal parti de l’opposition, appelle à un dialogue inclusif entre toutes les forces politiques du pays, sur la base de l’accord-cadre de Dakar, dans une déclaration publiée lundi. Celle-ci fait suite à une session ordinaire du Bureau Exécutif (BE) du parti tenue du 20 au 29 août dernier.

Pour justifier sa «nouvelle» démarche, le parti de l’opposition historique sert des arguments sécuritaires: «la sécurité, la souveraineté et la stabilité» du pays sous la menace «du terrorisme, un fléau  qui vise l’armée, les citoyens et les étrangers en séjour chez nous». La déclaration passe également en revue la situation peu enviable de la justice et de l’administration, relevant les nuages sur la cohésion entre les différentes composantes de la Mauritanie, instabilité instrumentée par des groupes se référant à l’étranger.

Pour juguler la menace, le parti d’Ahmed Ould Daddah, candidat plusieurs fois malheureux à une élection présidentielle, préconise la poursuite de l’accord de Dakar pour «le renforcement des assises et de la pratique de la démocratie, ainsi que la prévention des changements anticonstitutionnels de gouvernement y compris la réforme des institutions nationales de sécurité».

Le terrorisme islamiste est un problème nouveau – conjoncturel ou structurel? – lié à la donne sous-régionale dont la Mauritanie serait l’épicentre, selon la déclaration du RFD. Reste la question – vraiment structurelle, celle-ci – de la réforme des forces des armées et de sécurité, au cœur du jeu politique depuis 1978, question justement posée par l’accord de Dakar. Celui-ci a été signé sous l’égide du président sénégalais, maître Abdoulaye Wade, avec la caution de la communauté internationale. Il a mis  fin à la crise institutionnelle générée par le coup d’Etat du 6 août 2008, en permettant l’organisation du scrutin présidentiel du 18 juillet 2009.

Un vote dont les résultats ont été contestés par le RFD, qui reconnaît, cependant et depuis peu, «la légitimité» du président de la République. Une évolution qui ne résout pas, forcément, la défiance entre acteurs politiques, dans la mesure ou le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz,  rejette encore le principe du dialogue sur la base d’un accord «qui appartient au passé» et est devenu caduc, à ses yeux.

Le récent voyage, à Nouakchott, du représentant spécial du secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) en Afrique de l’Ouest, Said Djinit, peut-il contribuer à faire évoluer la donne? Question brûlante. L’émissaire onusien a rencontré le président de la République et ses principaux adversaires  regroupés au sein de la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD). Evoquant cette visite, les médias d’Etat, véritables voix du maître, n’ont pas pipé un seul mot sur la possibilité d’un éventuel dialogue inclusif. On éprouve, donc, quelque doute sur les chances de réussite de cette nouvelle médiation…

Amadou Seck















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